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30 juin 2008

Agroalimentaire : un forum vise à promouvoir les relations entre les É.-U. et l'Afrique

Interview de deux participants à ce forum

 
Agrandissement
La Bourse de Johannesburg
a Bourse de Johannesburg, (Afrique du Sud), photographiée en 1938.

Chicago - Le resserrement des liens économiques et la prospérité pour tous, tels sont les objectifs qui ont incité deux hommes d'affaires, l'un des États-Unis et l'autre de l'Afrique du Sud, à participer au Forum américano-africain de l'agroalimentaire que le Corporate Council on Africa vient d'organiser à Chicago.

Fondateur de la société Africa Transportation et Logistics, M. John Roller représente des petites et moyennes entreprises africaines de transport et s'emploie à les organiser en entreprises franchisées dans tout le continent de manière à leur donner les moyens de faire concurrence aux grandes sociétés de transport qui sont actives en Afrique et qui sont pour la plupart européennes.

Il s'est déclaré convaincu que l'Afrique devait se doter d'une classe moyenne indépendante et forte dans le secteur des affaires afin de réaliser ses possibilités.

Il a expliqué qu'en 2006 sa société avait, avec l'aide de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), fait en sorte que des entreprises africaines de transport puissent acheminer des cargaisons de vivres de l'USAID du port de Cotonou à 5 lieux différents au Niger. « Nous avons ensuite fait de même en Guinée-Bissau, au Cameroun, en République centrafricaine et nous le faisons maintenant au Congo-Brazzaville et en Zambie. »

M. Roller a indiqué que sa société élargissait ses activités dans les domaines de l'agroalimentaire, de l'énergie (pétrole et gaz naturel) et du bâtiment en transportant des marchandises en Afrique subsaharienne et en établissant des partenariats avec des entreprises africaines.

Il s'agit, a-t-il dit, d'aider les petites entreprises africaines à accroître leur chiffre d'affaires, à employer des personnes originaires des pays où elles sont implantées, à payer des impôts à ces pays et à exercer des pressions sur les pouvoirs publics pour qu'ils mettent en place l'infrastructure nécessaire et qu'ils améliorent leur conduite des affaires publiques.

Pour sa part, M. Jacques Taylor, qui est à la tête du service agricole de la banque sud-africaine Standard Bank Africa à Johannesburg, cherche aussi à favoriser la prospérité de son pays, notamment en établissant des liens entre les sociétés agroalimentaires américaines et les agriculteurs sud-africains.

Après avoir déclaré que l'Afrique se heurtait à de nombreux problèmes, il a souligné que si les agriculteurs africains pouvaient avoir accès aux méthodes et aux techniques des grandes exploitations agricoles américaines, ce serait avantageux aussi bien pour les Africains que les Américains.

« Je pense, a-t-il dit, que les Africains seraient heureux d'obtenir le soutien du secteur américain de l'agroalimentaire pour voir s'il est possible d'augmenter la production agricole en Afrique », a-t-il dit à America.gov lors de l'ouverture du forum à Chicago. L'augmentation de la production agricole est particulièrement importante en cette période où les prix des produits alimentaires connaissent une hausse considérable dans le monde entier et, en particulier, en Afrique.

En tant que la banque la plus grande d'Afrique, la Standard Bank accroît actuellement ses activités dans le domaine du crédit au secteur agricole dans 18 pays.

« Il s'agit surtout d'augmenter les rendements, a-t-il dit. Nous savons tous que les sols en Afrique sont très fertiles. Les grandes exploitations africaines peuvent obtenir un rendement de 7 tonnes de maïs à l'hectare, alors que le petit exploitant n'obtient que 1,5 tonne à l'hectare. Il nous faut donc augmenter les rendements grâce à l'adoption de meilleures méthodes agricoles et à l'emploi d'engrais. » La plupart des petits exploitants africains n'utilisent pas d'engrais à cause de leur coût élevé.

M. Taylor a également indiqué que l'absence d'infrastructure en Afrique était l'un des grands problèmes dans le domaine agricole. Il ne s'agit pas seulement de l'absence de routes, mais d'entrepôts pour les céréales. « La plupart des agriculteurs se trouvent à 300 ou 500 kilomètres du centre agricole le plus grand. »

La Standard Bank est établie depuis 145 ans en Afrique du Sud, et ce pays est le seul pays d'Afrique subsaharienne où il existe une Bourse des produits agricoles (South African Future and Exchange Market ou SAFEX) qui comprend aussi les opérations à terme.

Pendant son séjour à Chicago, M. Taylor espère pouvoir s'informer sur la possibilité d'établir des relations entre la SAFEX et la Bourse de marchandises de Chicago (Chicago Mercantile Exchange), qui est l'une des plus grandes Bourses du monde pour les produits agricoles.

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