26 juin 2008
Le concept de l'entrepreneuriat a évolué au fil des siècles.
(L'article ci-après est extrait de la publication du département d'État intitulée Principes de l'entrepreneuriat.)
De quoi parle-t-on quand on dit esprit d'entreprise ? En fait, ce concept, apparu dès les années 1700, n'a cessé d'évoluer. Pour beaucoup, c'est la force qui pousse à créer sa propre entreprise, mais, pour les économistes, il s'agit de bien plus que cela.
Pour certains, l'entrepreneur est celui qui est prêt à supporter le risque de créer une nouvelle activité s'il pense avoir une bonne chance d'en tirer profit. D'autres soulignent le rôle de l'entrepreneur comme innovateur qui commercialise son invention. D'autres encore disent que les créateurs d'entreprises développent de nouveaux biens ou procédés demandés par le marché mais pas encore offerts.
Au XXe siècle, l'économiste Joseph Schumpeter (1883-1950) s'intéressa à la dynamique d'invention et d'amélioration des entrepreneurs qui amène des changements dans l'économie. Pour lui, l'esprit d'entreprise est un mouvement de destruction créative. L'entrepreneur réalise de nouvelles combinaisons, qui rendent les anciennes activités obsolètes. La façon traditionnelle de mener une activité économique est emportée par l'apparition d'une nouvelle façon de faire, plus efficace.
Peter Drucker (1909-2005), le célèbre expert en management, a poussé cette idée encore plus loin en décrivant l'entrepreneur comme quelqu'un qui recherche le changement, y réagit et l'exploite comme une occasion d'agir. L'évolution des activités de communication au cours du siècle dernier, de la machine à écrire à l'ordinateur personnel et à l'Internet, illustre cette vue des choses.
La plupart des économistes conviennent aujourd'hui que l'esprit d'entreprise est un facteur indispensable à la croissance économique et à la création d'emplois dans toutes les sociétés. Dans les pays en développement, les petites entreprises qui réussissent sont un moteur essentiel de la création d'emplois, de la croissance du revenu et de la réduction de la pauvreté. Le soutien de l'État à la création d'entreprises est donc crucial pour le développement économique.
Comme le Comité consultatif économique et industriel de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) l'a souligné, en 2003 : « Les politiques destinées à susciter la création d'entreprises sont essentielles pour la création d'emplois et la croissance économique. » Les pouvoirs publics doivent mener une politique incitant les entrepreneurs à tenter l'aventure de la création d'une activité nouvelle, constituée notamment de lois visant à protéger les droits de propriété et à susciter la concurrence sur les marchés.
La culture d'une société est plus ou moins favorable à l'esprit d'entreprise. Le degré d'intensité de l'esprit d'entreprise, selon les pays, peut venir de différences culturelles qui rendent la création d'une entreprise plus ou moins valorisante. Les sociétés qui révèrent les têtes d'œuf trônant au sommet d'organisations hiérarchiques, les forts en thème et les mandarins offrent un milieu moins favorable à la création d'entreprise que les cultures qui valorisent ceux qui sont arrivés à la force du poignet.
Cet article est le premier d'une série sur les aspects essentiels de la création d'entreprise. Chaque article s'appuie sur la pensée d'économistes classiques et l'illustre par des exemples de pratiques courantes dans divers pays. La série tente de répondre à trois questions :
• Pourquoi et comment des hommes et des femmes créent-ils des entreprises ?
• En quoi la création d'entreprises bénéficie-t-elle à l'ensemble de l'économie ?
• Comment les États peuvent-ils faciliter la création d'entreprise et, par là, favoriser la croissance économique ?