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30 juillet 2008

La Banque africaine de développement doit être forte et active

Propos de la future administratrice des États-Unis à la Banque africaine de développement

 
Agrandissement
Conférence de la BAD de 2005.
Les délégués de divers pays de l'Afrique subsaharienne lors de la conférence de la Banque africaine de développement à Abuja (Nigéria).

Washington - Une Banque africaine de développement (BAD) « forte et active » est ce dont l'Afrique a besoin pour l'aider à réaliser ses promesses, a déclaré Mme Mimi Alemayehou le 17 juillet, devant la commission sénatoriale des affaires étrangères. Le président Bush l'a nommée au poste d'administrateur des États-Unis à la Banque africaine de développement, et le Sénat doit entériner sa nomination avant qu'elle puisse occuper ses nouvelles fonctions.

Afin de réaliser ses promesses, a-t-elle dit, l'Afrique doit aussi faire des progrès dans plusieurs domaines, notamment en matière de gouvernance, de transparence financière dans les secteurs tant public que privé, d'intégration régionale et de formation professionnelle de la main-d'œuvre.

Le secteur privé africain ne pourra pas prendre son essor sans une amélioration importante de l'infrastructure et du secteur financier, et c'est dans ce domaine que la Banque africaine de développement joue un rôle important.

L'Afrique a besoin de partenaires fiables tels que les États-Unis et d'institutions solides tels que la BAD, a-t-elle dit en indiquant que, comme le président Bush, elle était en faveur d'un partenariat sur un pied d'égalité entre les États-Unis et l'Afrique.

« C'est dans le cadre d'un partenariat respectueux et résolu que les Africains peuvent jouer un rôle primordial dans le développement de leurs pays et que les dirigeants africains peuvent rendre compte de leurs actes, a-t-elle indiqué.

« Les institutions politiques et l'économie de marché de notre pays nous placent dans une position exceptionnelle pour aider à orienter la BAD vers les politiques qu'il est bon d'adopter et à ouvrir une période sans précédent de croissance économique durable en Afrique.

« L'application de la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique ainsi que notre rôle au sein du conseil d'administration de la Banque africaine de développement constituent des instruments essentiels pour aider ce continent à connaître cette croissance. »

Ce sont des Africains représentant 25 pays de ce continent qui ont créé en 1964 la Banque africaine de développement en vue d'encourager le développement socio-économique de l'Afrique. Cette banque multilatérale ainsi que le Fonds africain de développement et le Fonds spécial du Nigéria constituent ce que l'on appelle le Groupe de la Banque africaine de développement.

Ce groupe a son siège à Abidjan (Côte d'Ivoire), mais a dû le transférer à titre temporaire à Tunis (Tunisie) en raison de l'instabilité politique de la Côte d'Ivoire. Il a financé plus de 2.885 projets de développement à concurrence de 47,5 milliards de dollars.

La BAD comprend 53 États membres africains et 24 États membres de 3 autres continents (Amérique, Asie et Europe). Les États-Unis sont le second actionnaire non africain. Si le Sénat entérine sa nomination, Mme Alemayehou représentera les États-Unis au conseil d'administration de la banque. Le ministre des finances des États-Unis représente son pays au conseil des gouverneurs de la banque.

Mme Alemayehou, qui est d'origine éthiopienne, a fait part aux sénateurs du très grand intérêt qu'elle portait aux problèmes auxquels se heurtait le continent africain et à ses perspectives d'avenir. « J'ose espérer avoir la possibilité de jouer un rôle afin que les États-Unis et la Banque africaine de développement agissent ensemble plus étroitement de manière à ce que tous les 940 millions habitants de l'Afrique aient une vie meilleure et jouissent de la dignité. »

Elle a également déclaré que la BAD était l'une des banques régionales de développement les plus importantes car elle opérait dans le continent le moins développé du monde. « Les activités de la banque ont des effets très importants sur le continent africain et exigent donc une attention soutenue de la part des dirigeants des pays africains. »

Tout au long de sa vie, a-t-elle dit, elle a fait « des choix personnels et professionnels qui l'ont préparée à jouer un rôle plus exigeant, à servir de passerelle, de facilitatrice entre les États-Unis, pays qui offre de multiples possibilités, et le continent africain, dont le potentiel est immense, mais loin d'être exploité. »

Tout récemment, Mme Alemayehou avait le titre d'associé général dans la société Trade Links, qui s'occupe d'un projet financé par l'Agence des États-Unis pour le développement international et destiné à aider les pays africains bénéficiaires de l'AGOA (loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) membres du Marché commun de l'Afrique orientale et australe à augmenter leurs exportations aux États-Unis.

Elle a également occupé les fonctions de directeur des affaires réglementaires internationales de la société WorldSpace spécialisée dans les télécommunications par satellite qui fournit des services radio aux pays en développement. Le Congrès des États-Unis, le Corporate Council on Africa et l'Organisation mondiale de la santé figurent parmi ses employeurs antérieurs. Elle est titulaire d'une maîtrise de droit international de l'École de droit et de diplomatie Fletcher, qui relève de l'université Tufts.

« Si j'ai aimé travailler avec des représentants des États africains et des responsables des États-Unis, j'ai surtout pris plaisir à travailler avec des créateurs d'entreprise africains qui étaient très compétents et qui avaient des produits excellents, mais qui manquaient des moyens essentiels. Ils avaient besoin d'une formation technique ou du matériel adapté pour pouvoir produire régulièrement des produits de grande qualité à une échelle importante et dans les meilleurs délais. »

À l'heure actuelle, a-t-elle dit, « l'Afrique a un lointain rapport avec celle de ma jeunesse, que j'ai passée en Éthiopie sous un gouvernement communiste qui a laissé une marque indélébile sur moi ».

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