Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

03 juillet 2008

La hausse des prix et une croissance anémiée domineront le sommet du G8

Les chefs des principaux pays industriels examineront en priorité ces dossiers difficiles.

 
Un navire appartenant à l'entreprise Chevron
Un navire de forage maritime de l'entreprise Chevron au large de la côte de la Louisiane, dans le golfe du Mexique.

Washington - Les chefs d'État et de gouvernement des principaux pays industriels du monde réunis au Japon du 7 au 9 juillet centreront leurs entretiens sur un ensemble de problèmes économiques imbriqués qui menacent d'affaiblir des économies déjà ébranlées par la crise des marchés financiers.

La cité lacustre de Toyako (Hokkaïdo) accueillera les dirigeants du groupe des Huit (G8) - l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni. À l'ordre du jour de ce sommet figurent de nombreux dossiers, allant des changements climatiques à la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.

Mais il sera dominé par l'envolée des prix des produits alimentaires et énergétiques et par les pressions inflationnistes dans d'autres secteurs aussi, a estimé M. John Kirton, directeur du groupe de recherche sur le G8 à l'université de Toronto.

Selon divers économistes, la situation financière précaire des ménages ainsi que le resserrement du crédit accordé aux entreprises pourraient ralentir encore davantage les économies développées. Il sera difficile, dans ces circonstances, d'équilibrer les mesures de promotion de la croissance et celles visant à lutter contre l'inflation.

La morosité des populations face à la situation économique et les difficultés politiques internes que connaissent certains pays industriels font que les chefs d'État et de gouvernement rompront sans doute avec la tradition des sommets, qui consiste à « entériner les conclusions de leurs ministres des finances », et tenteront d'aller au-delà, a déclaré M. Kirton à America.gov.

Il est vraisemblable que le communiqué final du sommet « s'accrochera à quelques bonnes nouvelles économiques », a-t-il dit, telles que la remontée relative des marchés financiers qui donnerait à croire que la crise est peut-être passée.

Mais la crise de l'immobilier aux États-Unis est loin d'être réglée, les marchés des capitaux sont inquiets et la hausse des prix alimentaires et énergétiques incite plutôt au pessimisme en ce qui concerne l'inflation. Aucun de ces problèmes n'a de solution facile, selon les spécialistes.

C'est ainsi que, dans le domaine de l'énergie, les ministres des finances du G8 sont d'avis que la « réduction des subventions » accordées par certains pays à ce secteur pourrait atténuer la pression inflationniste qui s'exerce sur le cours du pétrole. La question est cependant de savoir si le G7 (le G8 moins la Russie) possède l'influence nécessaire pour encourager d'autres pays à engager des réformes en ce sens.

Certes, la Chine a récemment réduit ses subventions sur les carburants, suivie en cela par l'Inde, Taïwan, la Malaisie et l'Indonésie, les pouvoirs publics de ces pays ayant compris qu'il leur serait difficile de continuer à subventionner l'énergie. Mais tout pays qui coupe ses aides dans ce secteur risque de s'exposer à une opposition politique, à de l'agitation sociale et à une relance de l'inflation.

Une discussion au sein du G8 sur ce qui constituerait un cadre judicieux d'investissement dans le développement des ressources énergétiques enverrait un signal très significatif aux marchés énergétiques et aux pays qui doivent faire face à ce problème. Il s'agit notamment de décourager la spéculation sur les cours, de réduire les subventions et d'augmenter la production pétrolière. Dans ce dernier domaine, si les États-Unis décidaient d'envisager sérieusement d'élargir leur champ de prospection pétrolière, notamment dans leurs eaux territoriales et dans des régions protégées telles que le nord de l'Alaska, cela aurait sans doute un effet salutaire sur les prix énergétiques.

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