Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

11 décembre 2008

Des États prévoient de consacrer plus de 1.000 milliards de dollars à la relance économique

Un « New Deal » mondial va-t-il permettre de relancer la consommation ?

 
Construction de la voie express Pékin-Shanhai en Chine
La voie Pékin-Shanghai en Chine fait partie des projets de construction d'infrastructure accélérés par le gouvernement chinois.

Washington - Des États du monde entier prennent des mesures pour encourager la consommation et la croissance économique. Ils augmentent les dépenses publiques, réduisent la charge fiscale et tentent de redonner confiance aux consommateurs dans l’espoir de mettre fin rapidement à la récession qui touche de nombreux pays. Ils espèrent également faire repartir la croissance économique mondiale.

Premier objectif : mettre un terme à la baisse de la consommation, qui vient d’enregistrer sa plus importante chute au cours d'un trimestre depuis 1980.

Pour le directeur du cabinet de conseil Market Outlook, M. David Cross, « la reprise de la consommation est le moyen le plus rapide de relancer l’économie. Elle se traduit immédiatement par des investissements supplémentaires, des embauches et le retour de la confiance. »

Afin de relancer la consommation, le Congrès des États-Unis a approuvé en février un plan de 168 milliards de dollars prévoyant notamment des réductions d’impôt. Le gouvernement Bush a également annoncé en novembre que la Réserve fédérale, c'est-à-dire la banque centrale des États-Unis, dépenserait jusqu'à 800 milliards de dollars pour encourager les prêts consacrés au financement des études universitaires et à l'acquisition d'automobiles et de logements. Ces fonds s’ajoutent aux 700 milliards de dollars consacrés au plan de sauvetage du secteur financier prévu dans la loi sur la stabilisation économique d'urgence promulguée le 3 octobre dernier.

Les États-Unis et leurs partenaires cherchent toutefois à aller au delà d'une relance à court terme : ils souhaitent jeter les bases d’une croissance durable. Les chefs de file du Congrès et les économistes du président élu Barack Obama préparent actuellement un plan dont le montant pourrait dépasser 500 milliards de dollars. Ce plan devrait porter sur des projets d'infrastructure et d’autres investissements visant à créer des emplois et à soutenir l'économie sur une longue période.

Comme l’indique M. Charles Morris, auteur d’un ouvrage intitulé The Trillion Dollar Meltdown: Easy Money, High Rollers, and the Great Credit Crash, « Il est tout à fait raisonnable d'axer les dépenses sur l'infrastructure et la santé. Les consommateurs ont épuisé leurs ressources. » 

Lors du récent sommet financier qui s’est tenu à Washington, les chefs d'État et de gouvernement des États membres du G20 sont convenus de relancer leur économie et d'œuvrer de concert pour éviter une récession mondiale de longue durée. L’idée est qu’en agissant de concert les pays peuvent élaborer une sorte de New Deal mondial rappelant le programme de relance mis en place par le président Franklin Roosevelt en 1933. Ce programme avait permis de créer de nombreux emplois, tout en contribuant à mettre fin à la dépression.

Le Fonds monétaire international, qui exhorte en général à la rigueur fiscale et à la réduction de l’endettement public, encourage lui-même les États à augmenter leurs dépenses d'un montant correspondant à 2% de leur produit intérieur brut.

Comme M. Cross l’a indiqué à America.gov, « pratiquement tous les pays d’Europe ont mis en place un plan de relance, soit directement sous forme de réductions d’impôts et d’une baisse des taux d’intérêt, soit par le biais d’interventions sur les marchés de capitaux. »

L’Union européenne examine une proposition de plus de 250 millions de dollars, dont l’objet serait de promouvoir la croissance. Le Royaume-Uni et l'Espagne envisagent des plans de relance représentant, respectivement, 30 milliards et 14 milliards de dollars. En novembre, la Chine a annoncé un plan de 586 milliards de dollars visant à relancer la consommation intérieure pendant les deux prochaines années.

Lors d'un discours récent, le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, a indiqué que le temps était venu de faire des investissements massifs dans les domaines de l'infrastructure, de l'enseignement et de l'innovation. Un site Internet du gouvernement français reprend la déclaration du président Sarkozy: « L’État va injecter 175 milliards d’euros (226 milliards de dollars) sous forme d’investissements directs dans l'économie sur une période de trois ans. En plus des investissements consacrés aux universités, à la recherche et à l’environnement, nous allons investir massivement dans l’économie numérique, qui sera le moteur de notre croissance future, avec les technologies propres. »

Un rapport de l'ONU publié le 1er décembre recommande la mise en place de programmes de relance coordonnés et massifs, afin d’éviter un effondrement de l’économie mondiale. La Banque mondiale partage cette analyse dans un rapport récent consacré à la crise financière.

Économiste de la Banque mondiale, M. Danny Leipziger indique sur le site Internet de cette institution que « le coût des investissements consacrés aux programmes sociaux comme à la relance de l'activité économique est de nature à effrayer les nombreux États qui sont à court de trésorerie. Toutefois, le coût futur de l’inaction risque d'être bien plus supérieur aux économies que l'on peut réaliser en ne faisant rien. »

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