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09 décembre 2008

M. Obama recherche la coopération des gouverneurs pour relancer l'économie

Certains d'entre eux devront faire des choix difficiles.

 
Le président élu
M. Obama a invité les gouverneurs des États-Unis à se réunir à Philadephie (Pennsylvanie) pour parler de la situation économique.

Washington - Si les contribuables américains ont tendance à se tourner vers l'État fédéral pour trouver des solutions aux difficultés économiques du pays, la plupart des programmes et des services sur lesquels ils comptent sont financés et fournis par les États fédérés. Lors d'une réunion organisée le 2 décembre à Philadelphie, les gouverneurs du pays ont discuté avec le président élu Barack Obama des meilleurs moyens de coopérer en ces temps difficiles.

M. Obama a déclaré à cette occasion : « C'est au niveau des États et des collectivités locales qu'ont lieu les changements les plus importants et que sont prises certaines des décisions les plus difficiles. » Certains gouverneurs devront toutefois prendre des décisions douloureuses parce qu'ils sont tenus de par la loi d'équilibrer leur budget.

La Constitution de tous les États fédérés, à l'exception de celle du Vermont, interdit en effet le déficit budgétaire. Cela signifie que ces États ont une marge de manœuvre bien moindre que celle de l'État fédéral pour financer des programmes susceptibles de stimuler leur économie à long terme au moyen de dettes à court terme.

« Quarante et un des États qui sont représentés ici seront sans doute en situation de déficit budgétaire à l'automne, ce qui vous forcera à choisir entre la réduction des dépenses et l'augmentation des impôts », a déclaré M. Obama. Du fait de l'obligation d'équilibrer le budget, « vous vous trouvez devant le choix difficile de contrevenir à vos obligations constitutionnelles ou de les respecter au détriment de l'aide aux familles », a-t-il ajouté.

Sur le plan économique, il existe une sorte de division du travail entre l'État fédéral et les États fédérés. Dans certains domaines, par contre, ces responsabilités se chevauchent. Certains États ne peuvent pas promulguer de lois contraires à l'esprit de la Constitution fédérale ni se livrer à des activités qui sont exclusivement du ressort de l'État fédéral, comme la négociation de traités. Ils ont toutefois une grande liberté dans tous les autres domaines de la gestion des affaires publiques.

La répartition des responsabilités financières

Certains organismes fédéraux, tels que la Réserve fédérale, orientent la politique monétaire du pays et établissent les taux d'intérêt de base qui affectent tout le monde. Toutefois, peu de programmes fédéraux s'adressent directement à la population. Ce sont les États et les collectivités locales qui gèrent les écoles, entretiennent les routes et font respecter la loi.

Au moyen d'incitations fiscales et économiques, chaque État peut encourager les entreprises à investir sur son territoire et à créer des emplois. Les États perçoivent des redevances pour l'octroi de licences, ventilent les dépenses publiques, réglementent les entreprises et administrent les services de santé et de sécurité qui concernent la vie quotidienne des habitants.

L'État fédéral et les États fédérés partagent toutefois le coût de programmes tels que l'assurance maladie pour les pauvres (Medicaid) et certains programmes de réduction d'impôt appliqués dans l'ensemble des États-Unis. Par exemple, le gouverneur de la Pennsylvanie, M. Ed Rendell, a dit à M. Obama que tous les gouverneurs étaient très enthousiasmés par son plan de relance économique, parce que celui-ci reposait sur l'incitation au développement des énergies renouvelables comme moteur de la création d'emplois.

M. Obama a également cité un ancien juge à la Cour suprême, Louis Brandeis, qui déclara en 1932 qu'en raison du régime fédéral des États-Unis un seul État courageux pouvait, si ses habitants le désiraient, servir de laboratoire en menant des expériences sociales et économiques novatrices sans risque pour le reste du pays. Le président élu espère que les États vont en effet mettre à l'essai de nouvelles idées et que l'État fédéral va investir dans ce qui est efficace.

Les prochaines étapes

Lors de la conférence de presse tenue le 2 décembre à l'issue de la conférence, M. Rahm Emanuel, le futur secrétaire général du président élu, a déclaré que les gouverneurs avaient présenté à M. Obama une liste de projets pré-approuvés qui pourraient être financés conjointement par l'État fédéral et les États fédérés.

Ces projets portent sur des infrastructures physiques telles que des écoles, des routes, des ponts et les réseaux d'adduction d'eau, ainsi que sur d'autres projets pour le XXIe siècle ayant trait aux techniques de l'information pour faciliter les programmes médicaux, les transports en commun et l'accès universel à l'Internet. « Tous ces projets reposent sur une technologie respectueuse de l'environnement, a souligné M. Emanuel, et tous représentent un partenariat entre les États fédérés et l'État fédéral. »

Il a précisé que les gouverneurs et le futur chef de la Maison-Blanche s'étaient accordés sur la nécessité d'agir rapidement et sur le fait que les projets envisagés renforceraient la productivité de l'économie américaine.

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