15 mai 2008
Ces groupes représentaient 34 % de la population des États-Unis en 2007.

Washington - Plus d'un tiers de la population des États-Unis (34 %) se réclame d'une minorité raciale ou ethnique, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2000.
Selon le rapport que le Bureau du recensement a rendu public le 1er mai et qui comprend des estimations pour l'année 2007, la population américaine devient de plus en diverse. Les Hispaniques et les Asiatiques continuent d'être les deux groupes minoritaires dont la croissance est la plus rapide.
On compte 45,5 millions d'Hispaniques aux États-Unis, qui forment 15 % de la population du pays. Les Noirs constituent le deuxième groupe minoritaire le plus important ; ils sont au nombre de 40,7 millions, soit 13,5 % de la population. Les Asiatiques sont le troisième groupe ; leur nombre est de 15,2 millions, soit 5 % de la population.
Du 1er juillet 2006 au 1er juillet 2007, le nombre des Hispaniques a augmenté de 3,3 %, celui des Asiatiques de 2,9 %, celui des Noirs de 1,3 %, celui des Hawaïens d'origine et des Américains originaires d'autres îles du Pacifique de 1,6 % et celui des Amérindiens et des Alaskans d'origine de 1 %. La croissance démographique de tous ces groupes a été bien supérieure à celle de la population blanche, qui n'a été que de 0,3 %.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Lors du recensement de 2000, les Blancs représentaient 77,1 % de la population. De 1990 à 1999, la population blanche a augmenté de 4 % et la population hispanique de 3,5 %. En 2000, les Blancs étaient majoritaires dans tous les États, à l'exception d'Hawaï.
À l'heure actuelle, les Blancs ne représentent plus que 66 % de la population. À Hawaï et dans trois autres États (le Nouveau-Mexique, la Californie et le Texas), plus de 50 % de la population se composent de personnes autres que des Blancs non hispaniques.
Le recensement de 2000 a été le premier pour lequel les recensés pouvaient indiquer appartenir à plus d'une race ou d'un groupe ethnique. Quelque 6,8 millions de personnes, soit 2,4 % de la population, ont indiqué appartenir à plus d'une race, ce qui entraîne un chevauchement statistique entre les groupes de la population.
La croissance des groupes minoritaires représente un grand changement dans l'histoire démographique des États-Unis. Le XIXe siècle a été la grande période d'émigration aux États-Unis d'Européens du Nord et de l'Ouest, puis des Européens de l'Est, du Centre et du Sud. L'animosité croissante entre ces divers groupes d'immigrés a entraîné l'adoption de lois limitant le nombre des immigrants.
En 1882, le Congrès a voté la loi sur l'exclusion des Chinois, qui interdisait aux ouvriers chinois de s'installer aux États-Unis. La loi de 1924 sur l'immigration a instauré un système de quotas visant à restreindre le nombre d'immigrants en provenance de l'Europe méridionale et orientale ; elle interdisait également l'immigration d'Asiatiques (Asie de l'Est et Inde).
À partir de 1943, les États-Unis ont mis fin progressivement à leurs restrictions en matière d'immigration et de naturalisation. La loi de 1965 sur l'immigration et la nationalité a supprimé les quotas liés aux pays d'origine et ouvert la voie à la forte augmentation du nombre des immigrants. Elle a établi des plafonds annuels pour les visas accordés aux immigrants originaires de pays du continent américain et d'Asie, ainsi que des catégories préférentielles en fonction des liens de famille et des compétences professionnelles.
Si les minorités constituent maintenant plus d'un tiers de la population, elles ne sont pas réparties de manière uniforme dans tout le pays. Elles sont concentrées le long des côtes est et ouest des États-Unis. Les États qui comptent le plus grand nombre de Blancs se trouvent dans le centre du pays et à l'extrême Nord-Est. Les Hispaniques habitent en grand nombre en Californie, au Texas et en Floride, et leur proportion est la plus forte (44 %) au Nouveau-Mexique. Les régions qui comptent le plus grand nombre de Noirs se trouvent sur la côte est et dans le Sud, ainsi que dans le centre nord du pays, au Michigan et en Illinois. Les Asiatiques constituent près de 40 % de la population d'Hawaï et habitent en grand nombre le long de la côte ouest, à New York, au New Jersey, au Texas et en Illinois. La Californie et le Texas réunis comptent près d'un tiers des membres des groupes minoritaires.
Si l'on considère les personnes nées à l'étranger, dont le nombre s'élève à 37,5 millions selon un recensement effectué en 2006, elles continuent d'être principalement dans 6 États : la Californie, le New York, le Texas, la Floride, le New Jersey et l'Illinois. Le nombre d'immigrés a augmenté dans les États du Sud-Est, du Nord-Est et des montagnes Rocheuses. Selon les estimations les plus récentes pour 2006, les personnes nées à l'étranger représentaient 12,5 % de la population. La moitié d'entre elles sont originaires de l'Amérique latine et plus d'un quart de l'Asie.
La diversité ethnique est considérée comme l'un des grands atouts des États-Unis car elle constitue une force pour leur économie et pour leur culture. Les jeunes sont l'une des grandes ressources des groupes minoritaires. L'âge médian des membres des 5 groupes minoritaires est inférieur à celui de l'ensemble de la population (36,6 ans) et à celui de la population blanche (40,8 ans).
Les groupes minoritaires ont aussi un grand pouvoir d'achat, et leurs membres font preuve de l'esprit d'entreprise. Selon l'Administration fédérale des petites entreprises, 18 % des 23 millions d'entreprises américaines appartenaient en 2002 à un membre d'une minorité.