La vaste mosaïque d'un peuple en mouvement

29 août 2008

Le patrimoine de toute l'humanité

 
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Les chutes d'eau d'Havasu dans la Grand Canyon
Les chutes d'eau d'Havasu dans la réserve de la tribu des Havasupai au coeur du Grand Canyon, site américain du patrimoine mondial.

Qu'est-ce qu'Independence Hall, un bâtiment du XVIIIe siècle situé à Philadelphie, en Pennsylvanie, a en commun avec la riche vie aquatique de la Grande Barrière corallienne d'Australie ? Quel est le rapport entre les sommets enneigés et les forêts de sapins-ciguës de la Baie des glaciers d'Alaska et les temples anciens et la présence spirituelle d'Angkor Vat au Cambodge ?

Tous ces sites sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, qui réunit des lieux ayant une importance particulière sur le plan naturel et culturel pour le patrimoine commun de l'humanité. Cette liste, qui comprend actuellement plus de 875 sites, est gérée en application de la Convention du patrimoine mondial, un traité ratifié par 185 pays, qui, de tous les instruments internationaux relatifs à la préservation des sites naturels et culturels, bénéficie ainsi de la plus grande reconnaissance.

Parmi les vingt sites des États-Unis figurant sur la Liste du patrimoine mondial, dix-sept relèvent du Service des parcs nationaux. C'est au Bureau des affaires internationales de ce service qu'incombe le rôle de conseiller technique du gouvernement américain pour les questions ayant trait au patrimoine mondial. Parmi les sites américains inscrits au patrimoine mondial figurent des lieux légendaires comme le parc national de Yellowstone, le parc national du Grand Canyon et la Statue de la liberté, ainsi que des endroits moins connus comme le Site historique d'État des Cahokia Mounds, dans l'Illinois - une ville amérindienne précolombienne - et le Pueblo de Taos, au Nouveau-Mexique, une structure de vie communautaire encore en usage actuellement, construite par les Indiens Anasazi avant 1400.

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Le site historique Angkor Vat au Cambodge
Des moines bouddhistes à Angkor Vat (Cambodge), site qui figure sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1992.

L'idée d'une Convention du patrimoine mondial a été proposée en 1971 par le gouvernement de Richard Nixon, qui l'a présentée comme le prolongement mondial du concept de parcs nationaux né aux États-Unis. Nixon a énoncé cette idée dans sa déclaration de politique de protection de l'environnement : « Il serait souhaitable que d'ici à 1972, les pays du monde s'accordent sur le principe selon lequel certains lieux revêtent une importance telle à l'échelle mondiale qu'ils devraient être considérés comme faisant partie du patrimoine de toute l'humanité et bénéficier d'une reconnaissance particulière dans le cadre d'un Fonds du patrimoine mondial. »

La délégation des États-Unis a présenté cette idée de convention lors de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement, organisée à Stockholm en 1972, et la convention a été adoptée à la fin de cette année-là par la Conférence générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Russell Train, qui était président du Conseil de la qualité de l'environnement sous le gouvernement Nixon, a présenté le projet à Stockholm et a contribué de façon décisive à la fondation de la convention sous les auspices de l'UNESCO. Lors du 30e anniversaire de la convention, M. Train a déclaré que la Convention du patrimoine mondial reconnaissait « l'interdépendance fondamentale qui existe entre l'humanité et l'environnement, ainsi qu'entre l'environnement naturel et l'environnement créé par l'homme ».

Les divers sites reconnus par la Convention, souvent très éloignés les uns des autres, sont considérés comme faisant partie du patrimoine de l'humanité tout entière, tout en continuant d'être gérés par le pays qui en a proposé la candidature. En signant la Convention, les pays s'engagent à protéger les sites exceptionnels figurant sur la Liste du patrimoine mondial « pour la protection duquel la communauté internationale tout entière a le devoir de coopérer ».

Le Service des parcs et d'autres organismes gouvernementaux américains comme le Service des ressources halieutiques et de la faune et de la flore et le Service des forêts coopèrent avec les pays signataires de la Convention pour contribuer à la protection de centaines de sites du patrimoine du monde entier - des îles Galápagos au Taj Mahal en passant par les volcans de la péninsule russe du Kamtchatka.

Le quartier du Port de la Lune de Bordeaux, qualifié de « ville historique habitée qui favorise les échanges culturels depuis 2000 ans », fait partie des tout derniers sites inscrits sur la Liste du patrimoine. L'île volcanique et les tunnels de lave de Jeju, en Corée du Sud, ont aussi été ajoutés à la Liste en 2007. Ce site comprend le réseau le plus remarquable du monde de tunnels creusés dans la lave et a apporté une contribution importante à la connaissance du volcanisme, d'après les documents cités en application de la Convention du patrimoine mondial.

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