La vaste mosaïque d'un peuple en mouvement

30 avril 2008

É.-U. : les adoptions à l'étranger font l'objet d'une étroite surveillance

Les Américains continuent d'adopter essentiellement en Chine, au Guatémala, en Russie et en Éthiopie.

 

Washington - Selon les spécialistes de l'adoption, les États-Unis adoptent plus d'orphelins que tous les autres pays réunis.

« C'est ainsi parce que l'adoption est culturellement vue sous un bon œil. Aux États-Unis, un enfant n'a pas besoin d'avoir un lien génétique avec ses parents pour être aimé ; c'est rare dans de nombreux autres pays », affirme Chuck Johnson, du Conseil national pour l'adoption, un groupe de recherche et de promotion de l'adoption dont le siège est à Alexandria, en Virginie.

Selon Peter Selman, de l'université de Newcastle en Angleterre, en 2006, les Américains ont adopté 20.679 orphelins étrangers, alors que les autres pays, tous chiffres combinés, en ont adopté 19.121.

La majorité des enfants adoptés viennent de la Chine et du Guatémala. Viennent ensuite la Russie et l'Éthiopie, selon de récentes statistiques du département d'État. De nombreux orphelins de la Corée du Sud, du Vietnam, de l'Ukraine, du Kazakhstan, de l'Inde, du Libéria, de la Colombie, des Philippines, de HHjjjHasisidddfjefndjejHaïti et de Taïwan sont également adoptés.

Selon les experts, ce nombre élevé d'adoptions américaines à l'étranger est le reflet, en partie, de la connaissance qu'ont les pays concernés des mesures qu'ont mises en place les États-Unis pour protéger les enfants adoptés.

M. Tom DiFilipo, président du Joint Council on International Children's Services, l'une des plus anciennes et des plus importantes organisations vouées au bien-être de l'enfance aux États-Unis, a déclaré : « Aux États-Unis, il existe une myriade d'agences, tant publiques que privées, impliquées dans la protection des enfants, et ce à tous les niveaux, qu'il s'agisse du comté, de l'État fédéré ou de l'État fédéral. Les États-Unis comptent sans doute parmi les meilleurs sur le plan de la protection de l'enfance. »

Par exemple, la loi américaine exige que les tribunaux prennent des actions préventives en matière de protection des enfants. « Dans de nombreux pays, les tribunaux ne peuvent pas retirer un enfant à ses parents tant qu'il n'a pas été abandonné. Aux États-Unis, les tribunaux ont le droit de retirer la garde de l'enfant aux parents qui sont soupçonnés de maltraiter ce dernier », a déclaré M. DiFilipo.

D'une façon générale, si un maître d'école ou un administrateur scolaire soupçonne qu'un enfant est maltraité, il est tenu, de par la loi, d'en faire rapport. Dans certains États, la loi va encore plus loin. Dans le New Jersey, par exemple, toute personne ayant des raisons de penser qu'un enfant est maltraité doit le rapporter aux autorités.

De plus, la loi américaine ne fait aucune distinction entre les devoirs des parents adoptifs et ceux des parents biologiques. Les enfants ont tous droit à la même protection. En fait, tous les enfants adoptés à l'étranger deviennent des citoyens américains dès leur entrée aux États-Unis et, en tant que tels, jouissent des mêmes droits que leurs concitoyens.

Par ailleurs, les nombreuses mesures de protection intégrées aux processus d'adoption permettent de repérer des problèmes potentiels très tôt, avant même qu'une famille soit autorisée à adopter.

Mme Linda Perilstein, directrice exécutive du Cradle of Hope Adoption Center, une agence d'adoption accréditée qui aide de nombreuses familles à naviguer les méandres du processus, a expliqué : « Les familles qui désirent adopter à l'étranger doivent franchir avec succès plusieurs étapes visant à s'assurer qu'elles répondent aux conditions nécessaires à l'adoption et qu'elles sont capables d'offrir un foyer aimant et sûr à un enfant dans le besoin. »

Au niveau des États fédérés, a-t-elle ajouté, les familles doivent présenter un rapport établissant qu'elle n'ont jamais eu de comportement susceptible de mettre en doute leur capacité d'élever un enfant, obtenir des références de diverses sources, accepter des visites de leur foyer, présenter des certificats médicaux et prouver qu'elles ont des ressources financières suffisantes, entre autres. Au niveau fédéral, le FBI enquête sur leurs antécédents.

Une fois qu'ils ont passé ce triage initial, les futurs parents doivent suivre plusieurs heures de formation. C'est l'occasion d'obtenir des informations générales sur le processus d'adoption, sur les besoins des enfants qui sont en attente de parents, et sur les conditions spécifiques dans le pays concerné susceptibles d'avoir un effet sur la santé à long terme des enfants, par exemple la malnutrition ou certains problèmes environnementaux.

Cette formation précédant l'adoption est chose courante aux États-Unis depuis un moment, mais la Convention de la Haye sur la coopération en matière d'adoption internationale, que les États-Unis ont ratifiée le 1er avril 2008, exige que toutes les adoptions entre pays participants impliquent au moins dix heures de formation parentale.

Une fois que l'enfant est arrivé aux États-Unis, les parents doivent se soumettre à au moins trois visites de suivi par une assistante sociale agréée qui est en mesure d'évaluer comment la famille s'adapte au nouveau venu. En cas de besoin, elle peut offrir des appuis à la famille ou lui conseiller des services supplémentaires.

« Ce suivi de l'adoption est le meilleur moyen de déceler les problèmes et de les prévenir », a affirmé M. DiFilipo.

Mais malgré toutes ces mesures de protection, il y a des cas de mauvais traitements ou de négligence d'enfants adoptés. À la suite de rapports faisant état de mauvais traitements infligés par leurs parents à des enfants adoptés en Russie au cours des quinze dernières années, les autorités ont pris des mesures pour fermer les agences non accréditées qui étaient impliquées dans ces cas. Les experts soulignent toutefois que durant cette même période de quinze ans, plus de 50.000 orphelins russes, qui vivaient le plus souvent dans des orphelinats gérés par l'État, avaient été adoptés par des familles aimantes.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?