04 novembre 2009

Washington - Dans son discours prononcé au Sixième Forum pour l'avenir, la secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Rodham Clinton, a réaffirmé la volonté des États-Unis d'être plus profondément engagés avec les communautés musulmanes de par le monde et leur détermination tout aussi ferme d'œuvrer en faveur d'une paix globale au Proche-Orient.
« Notre travail se fonde sur la volonté d'émanciper les individus plutôt que de promouvoir une idéologie ; d'être à l'écoute des autres et d'accepter leurs idées plutôt que de simplement leur imposer les nôtres, de forger des partenariats qui soient durables et d'une assise élargie », a déclaré Mme Clinton le 3 novembre. « Nous pensons que s'il existe entre nous des différences, il y a encore bien plus de points qui nous unissent. »
Au terme de son séjour au Maroc où elle participait au Forum pour l'avenir à Marrakech, Mme Clinton devait se rendre au Caire pour des consultations avec le président égyptien, Hosni Moubarak, et d'autres responsables de son gouvernement avant de rentrer à Washington. Le 31 octobre, Mme Clinton avait rencontré le président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, puis s'était entretenue à Jérusalem avec le premier ministre israélien, M. Benjamin Netanyahu, dans le cadre d'une nouvelle tentative par les États-Unis de relancer les négociations de paix, actuellement au point mort. L'étape de Mme Clinton en Égypte viserait le même objectif.
Établi lors du sommet du G8 de 2004, le « Forum pour l'avenir » est une initiative commune des pays moyen-orientaux et maghrébins et des huit économies les plus industrialisées. Il offre l'occasion aux représentants de gouvernements, de la société civile et du secteur privé de se pencher sur la manière de promouvoir les réformes politiques et économiques qui renforceront la liberté, la démocratie et la croissance économique dans la région élargie du Moyen-Orient.
Dans son discours à Marrakech, qui donnait suite à celui prononcé le 4 juin par le président Obama au Caire, Mme Clinton a annoncé le lancement de trois initiatives qui visent à renforcer l'engagement de Washington avec les musulmans de par le monde. La première d'entre elles servira à établir des partenariats dans le but de promouvoir la création d'entreprises et d'emplois, de même que le développement économique général du monde musulman. « Nous sommes déterminés à bâtir les échelons qui mèneront les peuples de cette région à des possibilités accrues, en contribuant à développer les énormes talents dont ils sont dotés », a dit Mme Clinton. Au début de l'année prochaine, le président Obama sera l'hôte à Washington d'un sommet sur la création d'entreprises, qui rassemblera toutes les personnes dont l'objectif est d'établir de petits commerces ou d'élargir ceux qu'ils possèdent déjà, et qui veulent mettre à profit leurs talents et les transformer en revenus qui apporteront des bienfaits à leurs familles, a aussi indiqué la secrétaire d'État.
La deuxième initiative prévue par les États-Unis, a dit Mme Clinton, consistera à œuvrer en partenariat avec les pays à majorité musulmane pour établir les fondations d'économies basées sur le savoir qui susciteront à leur tour des innovations scientifiques et technologiques. Dans ce cadre, le département d'État a établi un programme d'envoyés scientifiques qui effectueront des séjours dans le Maghreb, au Moyen-Orient et en Asie du Sud et du Sud-Est pour s'acquitter de la mission que leur a confiée le président Obama d'encourager la collaboration scientifique et technique. Par ailleurs, le département d'État augmentera le nombre de postes dans ses ambassades consacrés aux affaires de l'environnement, de la science, de la technologie et de la santé. Pour financer ces solutions, la Société de promotion des investissements privés à l'étranger (OPIC de son sigle anglais) créera un fonds pour la technologie et l'innovation, a expliqué Mme Clinton.
L'éducation constitue le troisième domaine de cet engagement renforcé des États-Unis avec les musulmans de par le monde, a ajouté Mme Clinton. « Nous avons lancé un programme de partenariats entre les community colleges des États-Unis (établissements locaux d'éducation supérieure) et leurs équivalents dans les pays à majorité musulmane pour partager leur savoir et donner une formation qui permettra aux étudiants de trouver de bons emplois », a-t-elle précisé. Les États-Unis augmentent aussi le nombre de bourses scolaires qu'ils offrent, notamment pour les étudiants du secondaire qui n'ont pas un accès adéquat à l'enseignement. Pour apporter leur concours aux organisations locales de la société civile, les États-Unis lancent également l'initiative Société civile 2.0, qui visera de manière systématique à doter lesdites organisations des derniers outils technologiques.
Les États-Unis entreprendront de nouvelles mesures visant à améliorer la condition des femmes et des filles pour qu'elles puissent participer pleinement à la vie de leurs sociétés. « Aucun pays ne peut accomplir de vrais progrès ou concrétiser tout son potentiel si la moitié de sa population est laissée pour compte », a déclaré Mme Clinton. Et d'ajouter : « Nous approuvons vivement la recommandation faite lors du Forum pour l'avenir de l'année dernière de créer un institut régional d'études sexospécifiques chargé de promouvoir l'autonomisation des femmes sur tous les plans : politique, économique, éducatif, juridique, social et culturel. » Mme Clinton a précisé que les États-Unis fourniraient un financement initial à ce projet de même que 2 millions de dollars pour financer des programmes novateurs visant à améliorer la condition de la femme au Moyen-Orient et au Maghreb.
La paix au Proche-Orient
Les États-Unis sont déterminés à œuvrer en faveur d'une solution à deux États dans le processus de paix israélo-palestinien, a déclaré Mme Clinton aux dirigeants de pays moyen-orientaux et maghrébins rassemblés à Marrakech le 3 novembre. « Nous poursuivrons cet objectif avec constance et détermination, a-t-elle souligné. Il s'agit d'une question qui préoccupe vivement l'ensemble des pays représentés ici, ainsi que d'autres situés bien au-delà de cette région. Bien que la paix soit un objectif réalisable, les États-Unis n'y parviendront pas seuls.
« Je suis persuadée qu'avec votre appui, nous pourrons nous frayer un chemin à travers l'histoire complexe et enchevêtrée qui nous empêche trop souvent d'avancer sur ce sujet capital », a poursuivi Mme Clinton. « Je vous invite, en tant que dirigeants de pays qui ont, relativement à ce dossier, des enjeux directs et des intérêts profonds, à réfléchir chacun à la manière dont vous pouvez manifester cet engagement nécessaire à tout progrès. »
(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)