15 octobre 2009

Un partenariat innovateur entre les É.-U. et l'Afrique vise à améliorer la nutrition

L'USAID et la compagnie General Mills collaboreront avec des entreprises africaines de produits alimentaires.

 
Macreen Banda
Un Malawite reçoit des denrées alimentaires grâce à un programme de l'USAID qui cible les populations touchées par le VIH/sida.

Washington - Un partenariat d'un genre nouveau entre les secteurs public et privé aux États-Unis et qui sera mis en œuvre avec la participation de petites entreprises en Afrique permettra de tirer parti des capacités commerciales et du savoir-faire américains dans les domaines de la santé et du développement pour améliorer la sécurité alimentaire dans ce continent où les maladies frappent surtout les populations qui souffrent de la sous-alimentation.

Le partenariat entre l'entreprise alimentaire américaine General Mills, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) a été annoncé le 25 septembre à la clôture de la cinquième réunion annuelle de l'Initiative mondiale Clinton (Clinton Global Initiative ou CGI).

Dans le cadre de ce nouveau projet commun, dont la valeur pourrait atteindre 21 millions de dollars, General Mills et neuf autres compagnies agroalimentaires aux États-Unis partageront leurs connaissances techniques et des affaires avec 200 petites et moyennes entreprises et minoteries dans 15 pays subsahariens. Cette initiative apportera également des bienfaits aux quelque 1,6 million de petits agriculteurs africains qui sont les fournisseurs des produits de base.

Créée en 2005 par l'ancien président Bill Clinton, la CGI sert de forum au sein duquel des dirigeants et des personnalités de la communauté internationale œuvrent pour trouver et mettre en vigueur des solutions innovatrices aux problèmes les plus pressants dans le monde. En quatre ans, les membres de la CGI ont lancé plus de 1.400 initiatives d'une valeur totale de 46 milliards de dollars dans plus de 170 pays.

« On n'a pas besoin d'avoir les mêmes convictions politiques, la même religion, ou de parler la même langue pour œuvrer de concert et parvenir à des résultats », a déclaré M. Clinton. « Nous pouvons tous apprendre les uns des autres. Mais il est nécessaire d'avoir un mécanisme commun qui nous permettra d'atteindre nos objectifs communs. »

La sécurité alimentaire est aussi l'objectif du président Obama qui s'est récemment engagé à consacrer 3,5 milliards de dollars à des initiatives visant cette fin dans le monde entier. Cet engagement signifie aussi que les États-Unis continueront à fournir une aide alimentaire d'urgence tout en contribuant à la formation des agriculteurs, notamment des femmes, pour qu'ils puissent utiliser les technologies modernes et en leur donnant accès aux semences, engrais et outils nécessaires.

M. Peter Ericson est vice-président principal pour l'innovation, la technologie et la qualité à General Mills. Il a déclaré : « Le nouveau partenariat nous offre un moyen pratique de remplir la mission que nous nous sommes donnée de nourrir des vies en Afrique. Nous avons déjà vu les bons résultats qui se produisent quand nous créons des relations entre nos employés et les petits fabricants de produits alimentaires en Afrique qui ont beaucoup de talent et d'avenir ; nous sommes très heureux de voir cette initiative prendre de l'ampleur. »

L'administrateur par intérim de l'USAID, M. Alonzo Fulgham, s'est lui aussi félicité de ce nouveau projet, soulignant qu'il concorde avec la mission de son agence « qui vise à susciter le développement économique, améliorer les capacités de l'agro-industrie, favoriser la santé et le bien-être des agriculteurs et des propriétaires de petites et moyennes entreprises dans toute l'Afrique subsaharienne ». Il a ajouté : « Cette collaboration devrait, comme nous l'espérons, encourager une croissance économique et sociale durable dans certains des pays les plus pauvres du monde. »

Pour beaucoup de victimes du sida en Afrique, la sous-alimentation est une entrave aux traitements ; c'est pourquoi les programmes du PEPFAR fournissent à un grand nombre d'entre eux les aliments supplémentaires nécessaires pour accroître l'efficacité des thérapies. Dans le cadre du partenariat avec General Mills, les responsables du PEPFAR pourront maintenant acheter des produits alimentaires sur le terrain ; en plus de venir en aide à ces patients, cela permettra d'appuyer les marchés locaux et de promouvoir la sécurité alimentaire dans les régions les plus touchées par la pandémie du sida. Le PEPFAR fournit actuellement des traitements antirétroviraux à plus de deux millions de personnes en Afrique.

Le partenariat avec General Mills entre dans le cadre des efforts entrepris par la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, et le département d'État, pour engager le secteur privé dans le développement international et la diplomatie. Dans ses propos tenus le 25 septembre à l'occasion de la réunion de la CGI, Mme Clinton a déclaré : « La faim à l'échelle massive met en danger la stabilité des gouvernements, des sociétés et des frontières nationales. Depuis 2007, des émeutes causées par la précarité alimentaire ont éclaté dans plus de 60 pays. »

La sécurité alimentaire n'est « pas seulement un devoir moral », a dit Mme Clinton. « Elle représente la convergence de facteurs compliqués qui ont des conséquences directes sur la croissance économique, l'énergie, l'environnement et nos intérêts stratégiques, de sorte qu'elle exige une réponse globale. »

Mme Clinton a expliqué qu'à cette fin, le gouvernement Obama « avait mis au point une initiative sans précédent visant à favoriser la sécurité alimentaire dans le monde entier. L'étendue et l'ampleur de cette initiative signifient que nous avons élevé le développement au niveau des priorités maîtresses de notre politique étrangère. Et notre approche représente le remaniement que nous avons effectué dans notre politique et nos priorités pour le développement. »

Mme Clinton a souligné : « Si nous pouvons établir des partenariats avec d'autres pays pour aider les petits agriculteurs à accroître leur productivité, à acheter et à vendre leurs produits plus facilement sur les marchés locaux et régionaux, alors les résultats de nos efforts seront multipliés. »

« Nous pouvons accroître l'approvisionnement alimentaire dans le monde, à la fois à court et à long termes ; réduire la faim ; augmenter les revenus des agriculteurs ; améliorer la santé ; accroître les possibilités ; et renforcer les économies régionales. »

(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

blog comments powered by Disqus
Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?