17 novembre 2009
Les propos d'un responsable de l'USAID
Washington - Le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, qui se tient du 16 au 18 novembre à Rome, offre une chance d'élargir la coalition internationale qui s'attache à promouvoir une plus grande sécurité alimentaire pour plus d'un milliard d'habitants de la planète qui souffrent de sous-alimentation chronique.
M. Franklin Moore, second administrateur adjoint du bureau consacré aux affaires africaines au sein de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui est également chargé de la coordination des mesures de promotion de la sécurité alimentaire, a tenu ces propos le 13 novembre, lors d'un entretien accordé à America.gov juste avant son départ pour le Sommet de Rome organisé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). M. Moore fait partie de la délégation des États-Unis à ce sommet, qui devait attirer une bonne soixantaine de chefs d'État et de gouvernement.
Ce sommet se tient dans la foulée de la crise alimentaire de 2008, durant laquelle on a constaté une augmentation record du prix des denrées et des produits de base. Cette crise a exercé d'énormes pressions sur les budgets de l'aide alimentaire, les amenant parfois au point de rupture, et entraînant des émeutes de Haïti au Bangladesh.
Selon M. Moore, le gouvernement des États-Unis espère « que ce sommet avalisera toute une série de mesures qui ont été prises à ce jour, en particulier lors du sommet de l'Aquila et du Sommet du G20 à Pittsburg », et que ces mesures seront désormais considérées comme des moyens de lutter contre l'insécurité alimentaire dans le monde.
L'Initiative du G8 pour la sécurité alimentaire, lancée en juillet dernier lors du Sommet de l'Aquila, en Italie, vise à décaisser 20 milliards de dollars, sur trois ans, au titre d'investissements à long terme dans l'agriculture. Dans une déclaration, le G8 s'est engagé à « prendre des actions décisives pour libérer l'humanité de la faim et de la pauvreté par le biais de l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l'agriculture durable » et à soutenir collectivement les mécanismes mis en œuvre par les pays concernés.
M. Moore a affirmé que le Sommet de Rome était une chance pour la communauté agricole mondiale de concrétiser toutes ces choses afin de faire progresser les petites exploitations agricoles qui sont la clé du règlement du problème de l'insécurité alimentaire.
Il a ensuite qualifié l'insécurité alimentaire de « problème critique » dans le monde, un milliard de personnes étant considérées comme souffrant chroniquement de la faim.
Selon lui, le rôle des États-Unis et d'autres pays donateurs est de « coopérer avec les pays (…) qui ont dressé des plans impliquant le gouvernement et la société civile » afin d'examiner à la fois les raisons et les solutions de l'insécurité alimentaire chronique.
Il a qualifié les principes arrêtés à l'Aquila, qui reposent notamment sur une solution pays par pays, de « nouveau paradigme » de règlement du problème de l'insécurité alimentaire par le truchement de la coopération internationale. Cette méthode signifie que « chaque pays concerné prend l'initiative et joue un rôle actif dans la lutte pour la sécurité alimentaire ».
Or, selon lui, une telle méthode est fondamentalement importante. « Lorsqu'on analyse le concept d'insécurité alimentaire (…) les solutions à long terme dépendent fortement de ceux qui sont concernés par la solution », ces derniers étant en effet les mieux placés pour comprendre leurs propres problèmes et évaluer les solutions éventuelles.
L'insécurité alimentaire est un problème mondial, a ajouté M. Moore, mais elle touche particulièrement l'Afrique, l'Asie du Sud et l'Asie du Sud-Est, la Corée du Nord étant un cas particulier, a-t-il précisé.
« Si l'on considère en gros le problème de l'insécurité alimentaire et les domaines où nous ciblons nos activités en ce moment, on peut dire que ce sont avant tout les toutes petites exploitations agricoles, gérées surtout par des femmes, qui sont concernées. Si nous parvenons à intensifier leur production et leurs rendements, nous pourrons également augmenter leurs revenus », ce qui ferait beaucoup pour leur permettre de répondre à leurs besoins.
Les États-Unis sont le principal donateur d'aide alimentaire dans le monde, a-t-il précisé. En 2008, l'USAID a fourni 2,6 millions de tonnes de vivres, d'une valeur de 2,6 milliards de dollars, à l'intention de 56 millions de personnes dans 49 pays sur quatre continents.
La secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Rodham Clinton, a d'ailleurs évoqué cette approche globale lorsqu'elle a récemment affirmé que l'aide alimentaire ne visait pas seulement à nourrir les gens, mais qu'elle impliquait des dossiers clés tels que la sécurité physique, économique et environnementale.
Cette méthode, a précisé M. Moore, contient « une disposition à court terme » prévoyant la réaction immédiate aux urgences causées par les sécheresses et autres catastrophes naturelles telles que les inondations. Mais elle va plus loin en envisageant des solutions à moyen et à long termes au problème de l'insécurité alimentaire.
L'une de ces solutions consiste à réfléchir aux changements susceptibles d'aider les petits exploitants à produire plus, ce qui engendrerait des revenus plus élevés pour les agriculteurs du monde entier.
Le pape Benoit XVI, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, participent au Sommet de Rome.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)