17 novembre 2009

La sécurité alimentaire mondiale, souci primordial du gouvernement Obama

Propos du spécialiste de la sécurité alimentaire Tony Hall.

 
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Des Zambiennes portent des sacs de maïs.
Deux Zambiennes portent des sacs de maïs offerts par une association d'aide alimentaire internationale à Maunga (Zambie) en 2002.

Washington - La sécurité alimentaire est l'un des principaux dossiers mondiaux et « en tête de liste des priorités » du gouvernement Obama, a dit M. Tony Hall, ancien ambassadeur des États-Unis auprès du Programme alimentaire mondial, ancien député à la Chambre des représentants et spécialiste de longue date de la sécurité alimentaire ayant œuvré pendant les 24 ans qu'il a passés au Congrès en faveur de projets visant à nourrir les populations qui souffrent de la faim de par le monde. Il est actuellement directeur exécutif de l'organisation Alliance to End Hunger, basée à Washington.

À l'occasion du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire de Rome, du 16 au 18 novembre, M. Hall s'est entretenu avec America.gov de la politique des États-Unis à l'égard de ce dossier. « Il n'y a pas de raison de nos jours que la faim soit tellement répandue dans le monde, que plus d'un milliard de personnes souffrent de manière chronique de la faim, allant souvent jusqu'à la famine », a-t-il déclaré. Les conférences sur la sécurité alimentaire, comme le sommet de Rome, sont utiles parce qu'elles mettent l'accent sur la question, mais elles peuvent aussi être décevantes parce que le problème de la faim perdure à l'échelle mondiale, a dit M. Hall.

Il a souligné que les États-Unis demeuraient le donateur le plus important du Programme alimentaire mondial tout en fournissant une aide alimentaire dans le cadre de programmes bilatéraux. En outre, les organisations sans but lucratif et non gouvernementales américaines fournissent elles aussi des vivres. Les contributions des États-Unis aux efforts de lutte contre la faim s'élèvent à environ 40 % du total mondial. M. Hall a fait remarquer qu'au cours de 2008, l'Agence des États-Unis pour le développement international a distribué 2,6 millions de tonnes de vivres, d'une valeur qui dépasse 2,6 milliards de dollars, et dont ont bénéficié environ 56 millions de personnes dans 49 pays sur 4 continents.

M. Hall a fait l'éloge de l'Initiative contre la faim et pour la sécurité alimentaire dans le monde, lancée par le gouvernement Obama, dont l'objectif est d'attaquer le problème sous tous ses angles. C'est, a-t-il dit, « le meilleur plan » contre la faim qu'il ait eu l'occasion de voir parmi tous ceux établis par cinq présidents. La stratégie est globale parce qu'elle ne porte pas seulement sur l'aide alimentaire mais aussi sur l'importance de l'agriculture et de la nutrition, sur le problème de la faim chez les enfants et sur le rôle des nouvelles technologies, pour tenter de régler ce problème en trouvant des solutions à ses divers aspects, a expliqué M. Hall.

« De nos jours, la production agricole de l'Afrique, se rapportant à l'alimentation, est la même qu'il y a 30 ans ; c'est saisissant, quand on y pense, de voir un continent dont la population croît mais où la production n'a pas augmenté », a dit M. Hall. Pendant ce temps, l'aide étrangère au secteur agricole a diminué, aggravant la situation. « C'est pourquoi les pays africains eux-mêmes ont cessé de soutenir ce secteur et de le privilégier. Si vous n'avez ni semences de qualité ni engrais, si vous n'avez accès ni aux technologies modernes ni aux personnes qui ont le savoir-faire dont vous avez besoin, vous n'allez pas produire quoi que ce soit - c'est facile à comprendre. Mais tout cela va changer, maintenant que les dirigeants du G8, au sommet de l'Aquila, ont mis l'accent sur l'agriculture et se sont engagés à fournir de nouveaux fonds. C'est un jour nouveau. »

L'initiative lancée l'été dernier par les dirigeants du groupe des huit principaux pays industriels, au sommet de l'Aquila (Italie), prévoit l'octroi d'environ 20 milliards de dollars, échelonnés sur trois ans, pour des investissements à long terme dans l'agriculture.

Soulignant que la sécurité alimentaire était « l'une des grandes priorités » du gouvernement Obama, M. Hall a reconnu qu'au cours des deux dernières années, il avait été difficile de fournir une aide alimentaire, étant donné la montée en flèche des prix des denrées et du carburant. Bien que les prix des produits alimentaires aient quelque peu baissé récemment, ils demeurent élevés et augmenteront de nouveau alors que de nombreux pays subiront des sécheresses et d'autres aléas qui perturberont leur production agricole. M. Hall a dit que le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde a atteint le milliard au cours des deux dernières années en raison de la hausse des prix et d'autres problèmes afférents.

M. Hall est actuellement directeur du personnel de l'Alliance to End Hunger, qui compte 78 organisations membres, dont des entreprises, des entités sans but lucratif et différents groupes confessionnels, ce qui signifie que des chrétiens, des juifs et des musulmans s'associent pour venir en aide aux affamés. Il est important de coopérer parce que « le problème de la faim ne sera réglé que si nous travaillons tous ensemble - non seulement les gouvernements, mais aussi les particuliers, les organisations sans but lucratif, les sociétés, les fondations, les groupes religieux. Cette alliance illustre une telle coopération. »

M. Hall a dit que son organisation faisait office de groupe de pression pour tenter de convaincre le Congrès des États-Unis d'adopter des lois qui permettraient d'aider les victimes de la faim de par le monde. L'Alliance to End Hunger effectue aussi des sondages d'opinion et selon l'un de ces derniers, 66,9 % des Américains sont favorables à l'idée de nourrir les personnes qui souffrent de la faim dans le monde entier et près de 50 % d'entre eux pensent que la question est tellement importante qu'ils appuieraient la création d'un poste au niveau ministériel dédié à la lutte contre la faim et la pauvreté.

La carrière de militant contre la faim de M. Hall a commencé en Thaïlande où il était l'un des bénévoles du Corps de la paix, à la fin des années 1960, et où il avait observé en personne les conséquences de la faim et de la pauvreté. Plus tard, devenu député et siégeant à la commission spéciale sur la faim de la Chambre des représentants, M. Hall s'était rendu en Éthiopie, en 1984, pour enquêter sur les statistiques relatives au niveau de la faim dans ce pays parce qu'il ne pouvait pas les croire. Mais en Éthiopie, dit-il, il avait vu des milliers de personnes souffrant de la famine, dont beaucoup d'enfants qui mouraient de faim. « Je crois qu'une fois on m'a amené 25 enfants (…) mais la moitié d'entre eux étaient déjà morts. Puis j'en ai vu des quantités d'autres mourir sous mes yeux », devant un dispensaire rural géré par les Missionnaires de la charité de Mère Teresa. « Je ne me suis jamais remis de ça », a dit M. Hall qui, depuis, ne cesse de chercher à éradiquer la faim dans le monde.

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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