10 novembre 2009
Ayant surmonté de nombreux obstacles pour y parvenir, Mme Tererai Trent milite maintenant en faveur de l'éducation des filles.

Washington - Un travail acharné et la conviction qu'elle parviendrait à réaliser les rêves de sa jeunesse ont permis à Mme Tererai Trent d'achever des études supérieures jusqu'au niveau du doctorat et de devenir une militante internationale de l'éducation des filles. Originaire du Zimbabwé, Mme Trent a parlé de la persévérance qui l'a conduite au succès et de l'importance d'une meilleure éducation pour les filles lors d'une discussion en ligne, le 9 novembre, sur America.gov.
Mme Trent a encouragé les jeunes filles de par le monde à indiquer aux personnes dans des positions de responsabilité dans leurs collectivités - notamment les enseignants et les infirmières - qu'elles souhaitaient différer leur mariage pour poursuivre des études. Elle leur a dit de se tourner vers les organisations qui peuvent leur offrir une assistance directe, telles l'UNICEF et l'Agence des États-Unis pour le développement international. Mme Trent a aussi fait remarquer que les gouvernements et les bailleurs de fonds internationaux considèrent de plus en plus l'éducation comme un droit fondamental de la personne. « L'éducation est la seule arme que possèdent les femmes pour lutter contre la pauvreté, l'indignité et la faim », a-t-elle affirmé.
Mme Trent a grandi à Zvpiani, un village du Zimbabwé rural ; à l'époque, son père lui avait dit que l'éducation était un privilège accordé seulement aux garçons et il ne l'avait jamais envoyée à l'école. Puis à l'âge de onze ans, il l'avait contrainte à épouser un homme qui la battait quotidiennement et lui a interdit, lui aussi, d'aller à l'école.
Devenue mère, Mme Trent avait environ 29 ans quand elle a rencontré la présidente de l'organisation caritative Heifer International, Mme Jo Luck, qui s'était rendue à Zvpiani en 1992. Celle-ci lui a demandé quels avaient été ses rêves de l'avenir. Mme Trent a hésité d'abord, mais a fini par admettre qu'elle avait rêvé d'obtenir un diplôme de bachelière, une maîtrise et un doctorat. À quoi Mme Luck a répondu qu'il lui était possible de les réaliser.
Après le départ de Mme Luck, la mère de Mme Trent a encouragé celle-ci à dresser une liste de ses rêves qu'elle a placée dans une boîte en fer-blanc et a enterrée sous une pierre. Ce rituel, selon la coutume, apporterait de l'inspiration à Mme Trent chaque fois qu'elle penserait à ses rêves - ce qu'elle faisait beaucoup. « En tant que femme, si j'obtiens une éducation, je pourrais éduquer alors mes propres enfants », se rappelle-t-elle avoir pensé.
À Zvpiani, les parents de Mme Trent avaient reçu une chèvre de la part de l'organisation Heifer International, pour qu'en vendant le lait qu'elle donnait, Mme Trent puisse enfin payer ses frais de scolarité ; en outre l'organisation l'avait recrutée comme animatrice communautaire, ce qui lui rapportait des revenus supplémentaires.
Aux participants à la discussion en ligne, Mme Trent a souligné qu'il n'y avait rien de « miraculeux » à son histoire. Après avoir gagné assez d'argent pour faire des études aux États-Unis, elle s'était inscrite à l'université d'État d'Oklahoma ; elle étudiait de jour mais devait aller à son emploi le soir. La transition à un nouveau pays et à une culture différente était difficile, a dit Mme Trent, qui s'inspirait de ses « rêves enterrés ».
Un responsable universitaire avait ensuite mis Mme Trent en relation avec une organisation de femmes aux États-Unis qui lui avait fourni une aide partielle pour ses frais d'études. Mme Trent avait par la suite obtenu un diplôme de bachelière puis une maîtrise à l'université d'État d'Oklahoma. Elle s'était ensuite rendue dans l'Arkansas où elle avait continué à travailler avec l'organisation Heifer International et où l'un de ses collègues, quelques années plus tard, l'encouragea à s'inscrire à l'université du Michigan Ouest avec laquelle il était associé. Mme Trent suivit son conseil et en 2007, entama des études de doctorante. À l'âge de 46 ans, Mme Trent deviendra, en décembre, titulaire d'un doctorat.
A-t-elle réalisé tous ses rêves ? Mme Trent dit qu'elle rêve encore d'une éducation pour toutes les femmes et les filles. Elle a lancé un appel en faveur de réformes de la politique sociale et économique dans les pays en développement pour que les filles puissent obtenir une éducation et que les femmes soient traitées de manière équitable. (En Afrique subsaharienne, 17 % seulement des adolescentes sont inscrites à l'école secondaire.)
Diplôme en main, Mme Trent prévoit de faire un séjour dans son pays natal où elle encouragera les filles à étudier mais où elle se sentira encouragée elle-même dans sa tâche, car dit-elle, « ils m'aiment beaucoup dans mon village ».
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)