05 novembre 2009

L'USAID dévoile son programme de lutte contre les risques de pandémie

Il financera des travaux d'identification et de prévention de maladies émergentes.

 
Selon des experts, le virus de la grippe espagnole de 1918 serait passé des êtres humains aux oiseaux.
Des victimes du fléau de la grippe espagnole de 1918 s'attroupent dans un hôpital au Kansas.

Washington - L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) va consacrer des millions de dollars au cours des trois à cinq prochaines années à la lutte mondiale contre les risques de pandémie. Elle a dévoilé le 3 novembre les détails de son programme.

Il s'agit pour l'USAID, forte de sa longue expérience en matière de surveillance des épidémies ainsi que de formation et de mesures sanitaires, de prévenir ou de combattre, à leur source, les maladies émergentes d'origine animale susceptibles de se transmettre à l'homme. Au nombre de ces maladies figurent notamment le sida, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), la grippe aviaire H5N1 et la grippe porcine H1N1.

Selon les études, la pandémie de grippe de 1918 qui a fait plus de 50 millions de victimes dans le monde a probablement été causée par un virus passé des oiseaux à l'homme. S'il éclatait de nos jours une pandémie semblable, elle pourrait toucher le quart de la population mondiale et tuer entre 51 et 81 millions de personnes.

Le risque croissant de propagation rapide d'une maladie que pose la grande mobilité des populations humaines dans le monde constitue un danger pour la santé publique, le commerce et le développement économique, qu'il s'agit de contrer par « une stratégie globale et dynamique mobilisant une vaste gamme de ressources techniques en vue de la constitution d'une solide capacité de détection et de réaction », écrit l'USAID en tant qu'administratrice de ce programme qui bénéficie du concours technique du Centre d'épidémiologie et du ministère de l'agriculture des États-Unis.

Le programme privilégiera la détection précoce des pathogènes dangereux, la création de capacités suffisantes de laboratoire pour assurer la surveillance épidémiologique et la prise de mesures judicieuses en temps utile, le renforcement des capacités nationales et locales de lutte et la dissémination aux populations à risque des informations qui leur permettront de minimiser leur exposition aux maladies naissantes. À ces fins, l'USAID a conçu cinq projets :

Il est estimé que le virus du VIH/sida est passé des primates aux êtres humains.
Le VIH/sida a paru dans des primates dans un premier temps, puis a muté pour ensuite s'attaquer aux êtres humains.

• PRÉVOIR renforcera la surveillance des populations animales posant un risque grave (rongeurs, primates) dans les régions « névralgiques » où l'apparition de nouvelles maladies infectieuses est le plus à craindre. L'USAID a conclu un accord de coopération à hauteur de 75 millions de dollars sur cinq ans avec une coalition de spécialistes en matière de surveillance de la faune travaillant à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de la Californie à Davis, à la Wildlife Conservation Society, au Wildlife Trust, à l'Institut Smithsonian et à la société Global Viral Forecasting.

• RÉAGIR élaborera un programme de formation en matière d'enquête épidémiologique et de réaction rapide qui combinera les dynamiques sanitaires animale et humaine afin d'identifier et de combattre rapidement et de façon soutenue les foyers de maladies émergentes. Cet accord de coopération sur cinq ans, d'une valeur de 185 millions de dollars, sera exécuté par la société Development Alternatives, par l'Université du Minnesota, par l'Université Tufts, par le Training and Resources Group et par la société Écology and Environment.

• IDENTIFIER appuiera la création de réseaux de laboratoires et le renforcement des capacités diagnostiques aux points d'origine les plus probables de maladies infectieuses. L'USAID collabore à la préparation de ce projet avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) dans le cadre de dons existants.

• PRÉVENIR vise à déterminer quel doit être le comportement approprié des êtres humains face aux zoonoses, à répertorier les pratiques qui aggravent le risque de transmission d'une maladie animale à l'homme, et à communiquer les conclusions de ces enquêtes. L'USAID a conclu à ces fins un accord de coopération de plusieurs millions de dollars, sur cinq ans, avec l'Académie pour le développement éducatif qui effectuera ses investigations dans quatre régions à risque : la plaine du Gange, le bassin de l'Amazone, le bassin du Congo et l'Asie du Sud-Est.

• PRÉPARER fournira, dans le cadre d'un accord de coopération sur trois ans conclu avec l'International Medical Corps (le Corps médical international), un soutien technique aux simulations et aux essais sur le terrain de plans de préparation aux pandémies à l'échelle nationale, régionale et locale, afin de s'assurer que les pays sont en mesure de faire face aux pandémies. Le financement de cet accord a été établi à concurrence de 6,65 millions de dollars.

Sur les 1.461 pathogènes connus susceptibles de nuire à la santé humaine, au moins 60 % sont d'origine animale. De l'avis de nombreux chercheurs, le moyen le plus efficace de prévenir de nouvelles pandémies consiste à prévoir les lieux où ces maladies pourraient apparaître et à déceler les virus et autres pathogènes avant qu'ils se propagent à l'homme, ce qui correspond précisément à la stratégie que l'USAID a décidé d'appuyer dans le cadre du programme de lutte contre les risques de pandémie.

« L'identification rapide des pandémies émergentes est essentielle à la protection des populations humaines contre de sérieuses flambées de maladie », a déclaré la députée Nita Lowey, présidente de la sous-commission budgétaire de la Chambre des représentants chargée des opérations à l'étranger, qui gère le budget des programmes sanitaires de l'USAID dans le monde. « Je me réjouis que l'USAID appuie ce projet de collaboration et j'ai bon espoir que ce dernier nous aidera à mieux surveiller et identifier les maladies de la faune telles que diverses souches de la grippe qui risquent de se transmettre aux êtres humains. »

(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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