04 novembre 2009
Les propos sur Facebook de l'ambassadrice itinérante des États-Unis chargée de la condition de la femme

Mme Melanne Verveer, ambassadrice itinérante chargée de la condition de la femme, répond aux questions que lui soumettent des abonnés à la page Facebook d'America.gov au sujet de l'éducation des filles.
Question - Consultez www.aakewo.com, vous y trouverez des informations sur ce que font des Afro-Américaines pour des filles au Kenya, et pour les personnes qui les prennent en charge. Nous faisons ces choses à titre de reprise de contact culturel et sans fonds de l'État. Nous avons mis sur pied plusieurs bibliothèques l'an dernier et fourni des serviettes hygiéniques aux filles pour qu'elles ne manquent pas l'école chaque mois. - Dawn Mason
Mme Vermeer - Je tiens à saluer le travail qu'accomplit Dawn. Nous devons particulièrement applaudir au fait qu'elle l'accomplit en Afrique.
Il existe des ONG (organisations non gouvernementales) auxquelles le public verse des dons et qui ne reçoivent de ressource publique d'aucun type. Ces ONG sont très variées et peuvent revêtir une forme tout à fait non officielle ; par exemple, un groupe d'élèves dans un lycée peut adopter un projet. Beaucoup d'associations confessionnelles sont très actives en ce qui concerne l'aide apportée à des écoles, notamment pour assurer la fourniture de ressources semblables à celles que Dawn envoie dans le cadre de son projet.
Nous encourageons ces initiatives. La secrétaire d'État (Hillary Clinton) parle de partenariats entre les secteurs public et privé. Elle veut faire comprendre par cela que l'État ne peut pas tout faire. Nous avons besoin d'une société civile très active, qu'il s'agisse de particuliers, d'universités, de groupes confessionnels ou d'entreprises.
Dawn a mentionné l'envoi de serviettes hygiéniques. Dans beaucoup d'endroits, les filles n'ont aucun accès à ces produits de tous les jours, que nous considérons comme acquis. Et pendant toute une semaine, elles ne vont pas à l'école en raison de ce processus biologique. Certaines entreprises, telles que Proctor & Gamble, s'unissent à des ONG pour fournir certaines de ces nécessités.
N'importe qui, quelle que soit sa situation dans la vie, peut participer et apporter son aide.
Question - Nous devons respecter les femmes comme nous respectons notre mère. Sans discrimination, mais les femmes doivent connaître leurs responsabilités de mère envers leurs enfants et en tant qu'épouse. - Tgk. Hanief
Mme Vermeer - Nous savons que l'éducation d'une fille est le meilleur investissement que l'on puisse faire. Une femme instruite sera une meilleure mère. Tout d'abord, elle reportera le moment de son mariage jusqu'à ce qu'elle ait atteint l'âge opportun.
Ensuite, elle assurera une meilleure alimentation à ses enfants. Une mère est toujours la première formatrice de ses enfants.
L'éducation offre la meilleure possibilité de réaliser de bons revenus. Selon une statistique, pour chaque année qu'une fille reste à l'école, son potentiel de revenu augmente de 10 à 20 %.
Il ne faut pas sous-estimer non plus les avantages corollaires de l'éducation, qu'il s'agisse d'avantages pour la famille, d'avantages procurés à la fille qui s'instruit, ou d'avantages pour la collectivité et pour le pays. L'enseignement est donc vraiment fondamental.
Question - Quel est le rôle du gouvernement et à quoi les parents peuvent-ils s'attendre à l'égard de l'enseignement des filles en Afrique ? À partir de votre expérience du Kenya, qu'est-ce qui freine, à votre avis, l'éducation des filles ? L'Afrique ne peut pas se développer si les mères n'ont aucune instruction. - Ikechukwu Felix Ake
Mme Verveer - Vous avez raison de souligner l'importance de l'éducation. Le manque d'instruction des filles tient à un grand nombre de raisons. L'une est que les parents ne voient pas l'avantage qu'il y a d'assurer une éducation à une fille. Souvent, on considère les filles comme celles qui vont ramasser du bois, chercher de l'eau, faire le ménage. Nous devons convaincre les parents qu'il leur est beaucoup plus utile d'éduquer leurs filles que de ne pas le faire.
Nous avons constaté que, souvent, des incitations - une chose aussi simple qu'un sachet de farine - peuvent à la fois profiter à la famille et faciliter la scolarisation des filles. Ou un gros flacon d'huile, ou la suppression des frais scolaires lorsque les parents ne peuvent pas les payer, ou la suppression des frais de livres ou d'uniformes. Toutes ces choses coûtent de l'argent, et cela est un obstacle pour les parents.
Un repas à la cantine scolaire est souvent l'incitation qui amènera les parents à envoyer leur fille ou leur fils à l'école. L'État doit prendre ces incitations en charge.
Nous devons nous assurer que les pouvoirs publics comprennent bien la relation qui existe entre l'instruction des enfants et la prospérité du pays. Dans trop de pays, on voit des écoles surpeuplées où, pour chaque niveau de classe, on compte littéralement une centaine d'enfants entassés dans la salle. Il nous faut donc améliorer la qualité de l'enseignement et de la formation.
Il faut aussi trouver les moyens de protéger les filles en milieu scolaire, car elles sont souvent les victimes de violence. Les parents ont peur qu'il arrive des choses terribles à leurs filles à l'école, des actes terribles de violence. Il faut que les parents sachent que leurs enfants sont en sécurité lorsqu'ils vont à l'école et qu'ils en reviennent.
Question - Nous devons prendre soin d'eux, car il s'agit de vies, de vies humaines. - Kadek Yoga
Mme Vermeer - Vous avez raison, cela revient à la question de la violence et de l'éducation. Fondamentalement, il s'agit de respect. Il faut comprendre que les droits des femmes et les droits des filles sont des droits de la personne.
Un groupe de filles, en Afrique, m'a dit un jour que chaque minute de leur vie, elles s'inquiétaient de la violence à laquelle elles s'exposaient - à la maison, à l'école ou en cours de route - et qu'il fallait qu'elles sachent comment faire pour se protéger. C'est pourquoi il faut que les filles aient des guides pour les conseiller et les aider.
M. Yoga a parfaitement raison : les filles ont les mêmes droits que les garçons. Mais beaucoup de gens ne partagent pas ce point de vue. Nous devons travailler à corriger cette situation.
(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)