01 février 2010

Washington - Le gouvernement Obama a qualifié « d'injuste » l'exécution de deux Iraniens accusés d'avoir pris part aux manifestations qui ont eu lieu à l'issue de l'élection présidentielle du 12 juin, ajoutant que la répression par le gouvernement de Téhéran du droit de son peuple de s'exprimer et de se rassembler librement avait atteint « un bas niveau ».
À Washington, le secrétaire de presse adjoint de la Maison Blanche, M. Bill Burton, a déclaré le 28 janvier que les États-Unis « condamnaient fermement ces injustes exécutions ».
Selon les médias, MM. Mohammad Reza Ali Zamani et Arash Rahmanipour auraient été mis à mort par pendaison le 28 janvier - les premières exécutions dont on ait connaissance de dissidents politiques depuis le début des protestations postélectorales.
« Nous considérons cette action comme un nouveau point bas dans la répression injuste et impitoyable que mène la République islamique d'Iran contre des dissidents pacifiques », a dit M. Burton. « Tuer des prisonniers politiques qui exercent leurs droits universels n'apportera pas à la République islamique le respect et la légitimité qu'elle cherche. Cela ne servira qu'à accroître l'isolement du gouvernement iranien du reste du monde et de son propre peuple. »
Le secrétaire d'État adjoint aux affaires publiques, M. P. J. Crowley, a déclaré le 28 janvier « qu'on ne savait pas au juste si ces personnes avaient un lien quelconque avec les troubles liés aux élections », et a décrit les exécutions comme « un autre signe de la répression de plus en plus implacable du gouvernement iranien et de ses tentatives d'intimidation ».
Les autorités iraniennes transmettent ainsi « des messages erronés » à leur peuple, a dit M. Crowley. « Les citoyens iraniens ont tout autant le droit que les autres citoyens du monde à manifester de manière pacifique et à participer au processus politique de leur pays. »
Bien que le gouvernement Obama soit toujours favorable à un engagement vis-à-vis de Téhéran dans l'espoir de voir ce pays jouer un rôle constructif au Moyen-Orient, Washington « ne cessera pas pour autant de soulever la question des relations du gouvernement iranien avec son peuple et de ce que nous considérons comme étant des préoccupations et des violations graves des droits de l'homme ». « Nous voulons que l'Iran ait une autre sorte de relations avec son peuple », a dit M. Crowley.
Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, a déclaré lors d'un entretien accordé de Londres à la chaîne de télévision Cable News Network, le 28 janvier : « Les voix de protestation, les voix de l'opposition, continueront à se dresser contre le régime en Iran. » Les dirigeants iraniens ont apparemment failli à leurs obligations envers leur peuple de même « qu'aux principes mêmes selon lesquels ils disent gouverner », a dit Mme Clinton.
La solution de la crise politique en Iran demeure « une question de société intérieure dont les Iraniens eux-mêmes doivent décider ». Le reste du monde n'a rien à voir avec cette crise, a indiqué Mme Clinton. Mais la communauté internationale est vivement préoccupée par les activités nucléaires du gouvernement iranien et discute de la possibilité de sanctions. L'Iran continue de faire fi de ses obligations internationales sur ce dossier et n'a pas donné de réponse officielle à l'offre faite en octobre 2009 par la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Allemagne, qui lui permettrait d'envoyer son uranium à l'étranger pour y être enrichi avant de lui être rendu pour utilisation à des fins médicales dans le réacteur de recherche de Téhéran.
« Abstraction faite du programme nucléaire, nous exprimerons toujours nos regrets et notre condamnation relatifs au comportement du gouvernement iranien à l'égard de son peuple, mais nous ne chercherions pas à imposer des sanctions. Nous envisageons des sanctions parce que les ambitions nucléaires de Téhéran constituent une menace pour le reste du monde », a expliqué Mme Clinton.
Les États-Unis et d'autres pays « commencent à partager des idées » sur le format et la mise en vigueur de sanctions qui seraient « rigoureuses et viseraient clairement l'économie iranienne », a dit Mme Clinton, ajoutant que « notre ordre du jour est d'aller de l'avant ».
Sans grand indice de la part des dirigeants iraniens qu'ils souhaitent une négociation quelconque à l'égard de leur programme nucléaire, la communauté internationale « n'a pas de choix », a indiqué Mme Clinton. Les États-Unis demeurent ouverts à l'idée de suivre la voie diplomatique, mais sont convaincus qu'il est « impératif que les dirigeants iraniens changent leurs calculs », et que les sanctions sont « la façon appropriée de procéder », a ajouté Mme Clinton.
« Le moment est venu pour la communauté internationale de dire : Non, nous ne vous permettrons pas de continuer à mettre au point des armes nucléaires. Ils sont déstabilisants, ils sont dangereux, et nous adopterons une position ferme contre vous », a dit la secrétaire d'État.
Entre-temps, le Sénat des États-Unis a adopté le 28 janvier un projet de loi qui préconise des sanctions unilatérales américaines contre Téhéran en raison de ses activités nucléaires. Ce projet de loi est semblable à celui adopté en décembre par la Chambre des représentants. Il imposerait des limites aux importations de produits pétroliers iraniens et une interdiction à grande échelle sur les importations et les exportations entre les États-Unis et l'Iran, faisant exception des produits alimentaires et des médicaments ; il exigerait aussi que soient gelés les biens aux États-Unis de groupes iraniens tels les Gardiens de la révolution.
La Chambre des représentants et le Sénat doivent concilier les clauses de leurs projets de loi respectifs avant qu'un document définitif ne leur soit soumis pour adoption.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)