27 octobre 2009

L’éducation peut contribuer à réduire la violence contre les femmes

Le statut de la femme doit progresser, affirment les experts.

 
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Des collégiennes à Lusaka (Zambie).
Des collégiennes sourient à Lusaka en Zambie.

Washington - L’éducation et les débouchés économiques sont les outils les plus importants pour réduire la violence dont sont victimes des millions de femmes dans le monde. C’est ce qu’a déclaré, le 21 octobre, Mme Melanne Verveer, ambassadrice itinérante du département d’État chargée de la question féminine dans le monde, lors d’une déposition devant une sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis.

« S’agissant de la violence contre les femmes, il n’existe pas de programme magique qui fera toute la différence ; l’éducation et les possibilités économiques sont dans ce domaine des outils absolument indispensables », a-t-elle dit, ajoutant qu’il existait une relation étroite entre la pauvreté, le manque de débouchés, le désespoir et le faible statut de la femme.

Elle a ensuite raconté des récits poignants de femmes victimes de violences. « A l’échelle actuelle, la sauvagerie et l’étendue de la violence contre les femmes et les filles sont énormes. La violence les touche à tous les stades de leur vie, allant de l’avortement sélectif - qui a permis de réduire de 100 millions le nombre de bébés de sexe féminin - à la privation de nourriture, en passant par la mutilation génitale, le mariage d’enfants, le viol utilisé comme arme de guerre, la traite, les crimes d’honneur ou les assassinats pour affaire de dot. »

« Toutes ces histoires ont un dénominateur commun, a dit Mme Verveer. Chacune d’entre elles est en fait une manifestation du faible statut des femmes et des filles dans le monde. Pour mettre fin à cette violence, il faut renforcer leur statut et leur permettre de devenir des agents du changement et de l’amélioration de leurs collectivités. »

Un outil efficace consiste à donner aux femmes des débouchés économiques - et partant un statut plus important au sein de leur société - par le truchement de programmes de microcrédits qui leur permettent de démarrer leur propre entreprise.

Les programmes de formation sont un autre élément vital de l’émancipation des femmes. Ils leur permettent en outre d’étoffer les revenus de leur foyer et de contribuer au développement économique de leur collectivité. Ces programmes ont d’autres avantages, a dit Mme Verveer. « Là où les femmes contribuent à la vie économique, elles se trouvent plus rarement dans des situations où elles sont victimes de mauvais traitements. »

Sur le plan de la protection des femmes, les interventions économiques sont également importantes. Il peut s’agir d’offrir des incitations aux parents pour envoyer leurs filles à l’école, par exemple en supprimant les frais scolaires ; ou de fournir aux familles des denrées de base, comme un sac de farine ou une bouteille d’huile ; on peut encore nourrir les enfants à l’école.

La députée Janice Schakowsky, coprésidente du groupe des femmes parlementaires, a annoncé qu’elle s’associerait à son collègue Bill Delahunt, président de la sous-commission, pour soumettre à nouveau à l’examen du Congrès une proposition de loi sur la violence internationale contre les femmes (IVAWA). Celle loi autoriserait une stratégie globale, déployée sur plusieurs années, visant à prévenir la violence contre les femmes et à y réagir dans plusieurs pays cibles, a expliqué Mme Schakowsky. Les fonds réservés à cette fin couvriraient les frais de fonctionnement de plusieurs programmes, notamment dans les domaines des réformes judiciaires, des soins médicaux, de l’éducation, de l’émancipation économique et de la modification des normes sociales. La loi prévoit des outils de suivi de façon à mesurer l’efficacité des démarches des États-Unis.

La proposition de loi accorde une place particulière aux dangers qui menacent les femmes en périodes de conflit et juste après ceux-ci, et autorise l’octroi d’une formation spéciale aux forces militaires et policières qui opèrent dans ces zones dangereuses afin d’y réduire la violence contre les femmes et les filles. Évoquant la République démocratique du Congo, Mme Schakowsky a déclaré : « Le recours systématique au viol comme arme de guerre facile et peu coûteuse est devenue une caractéristique du conflit qui perdure dans l’est du pays. Des centaines de milliers de femmes ont été violées. Le viol est utilisé pour détruire les communautés et pour désespérer la population. »

Selon elle, l’IVAWA est une « loi sans précédent » qui « établit fermement une préférence pour l’élimination de la violence contre les femmes en tant que priorité de politique étrangère, et qui exige l’intégration de cet objectif à chaque aspect de notre diplomatie et de notre politique de développement ».

La secrétaire d’État, Mme Hillary Rodham Clinton, a d’ailleurs déclaré que la condition féminine serait au cœur de sa politique étrangère. Quant au président Obama, il a créé le poste d’ambassadeur itinérant chargé de la question féminine dans le monde - poste qu’occupe actuellement Mme Verveer - ainsi que le Conseil de la Maison-Blanche sur les femmes et les filles, chargé d’étudier la situation aux États-Unis.

Qualifiant la violence contre les femmes de véritable « pandémie », Mme Verveer a appelé à l’avènement d’une « nouvelle ère de coopération internationale » passant par la création de partenariats entre gouvernements, institutions multilatérales, secteur privé, société civile et individus.

Elle a en outre souligné le lien existant entre la sécurité des pays et celle des femmes. « Dans le monde entier, les zones les plus dangereuses pour les femmes représentent également une menace à la paix et la sécurité internationales. La corrélation est évidente : là où les femmes sont opprimées, la gouvernance est faible et l’extrémisme est mieux à même de s’implanter. »

(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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