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16 décembre 2009

Des organisations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord se mobilisent contre la violence à l'égard des femmes

Les partenariats des États-Unis appuient les initiatives régionales.

 
Une victime de viol au Libéria
Pour que les femmes puissent véritablement faire valoir leur cause, il faut qu'elles connaissent l'étendue de leurs droits.

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Washington - La violence contre les femmes, problème de portée mondiale, ne connaît aucune frontière d'ordre culturel, économique ou politique. D'après le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), à l'échelle mondiale au moins une femme sur trois a subi une forme ou une autre de violence, allant de coups et blessures aux agressions sexuelles.

Les États-Unis ne font pas exception. On estime à plus de 5,8 milliards de dollars (en dollars de 2009) le coût des soins médicaux et du manque de productivité dus au seul phénomène de la violence conjugale, d'après un rapport publié en 2003 par le Centre d'épidémiologie des États-Unis.

Pour redresser cette situation alarmante, le gouvernement Obama s'est engagé à combattre la violence contre les femmes, aux États-Unis et à l'étranger. Le président Obama a nommé des conseillers spéciaux chargés de défendre les droits des femmes, dont Melanne Verveer, première ambassadrice extraordinaire pour la condition féminine dans le monde. À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a déclaré que l'heure était venue de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la violence ciblant les femmes et reconnaître que cette forme de violence « est criminelle ».

Dans le cadre de partenariats et par l'octroi de financements, les États-Unis appuient des projets menés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en vue d'éliminer la violence contre les femmes. Ces projets, dirigés par des organisations non gouvernementales locales ou internationales ainsi que par des organismes publics, visent entre autres à combattre la violence conjugale, les crimes d'honneur et le harcèlement sexuel, ainsi qu'à informer les femmes des droits que leur donne la loi afin de les aider à se soustraire à des situations dangereuses.

Combattre la violence conjugale

KAFA, une ONG de Beyrouth (Liban), dispense un vaste ensemble de services aux victimes de la violence conjugale. Grâce à un réseau bien établi de prestataires de soins, l'organisation oriente les femmes vers des services juridiques, des foyers d'accueil, des formations professionnelles et des traitements. KAFA, qui signifie « ASSEZ » (au sens de « nous en avons assez de la violence contre les femmes ») œuvre en partenariat avec l'organisation britannique Oxfam et bénéficie de financements du Fonds d'affectation spéciale des Nations unies pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, dont les États-Unis sont l'un des principaux donateurs.

L'une des grandes initiatives de KAFA consiste à obtenir l'appui des hommes et des garçons dans la lutte contre la violence conjugale. Pour diffuser efficacement dans la région son message de refus de la violence, KAFA forme les responsables d'associations de femmes du Liban, de la Jordanie, de l'Égypte, du Yémen et de la Syrie afin de leur donner la possibilité d'intervenir auprès des chefs communautaires de sexe masculin, des jeunes et des auteurs de violence.

« Notre action se fonde sur les droits de l'homme », explique la coordinatrice des programmes de KAFA, Ghida Anani, lors d'un entretien avec Oxfam au cours duquel elle présente la mission du groupe. « Nous sommes contre la violence, mais pas contre les hommes. »

En plus de l'action menée auprès des hommes et des garçons, KAFA invite les responsables religieux à participer à toutes ses activités et travaille en étroite coopération avec les systèmes judiciaires pour promulguer des lois interdisant la violence contre les femmes. L'organisation a aidé à sensibiliser 22 juges irakiens à la complexité et au caractère délicat des affaires de violence conjugale.

Tout comme le gouvernement Obama, le gouvernement jordanien fait des droits des femmes une priorité. L'action qu'il mène dans ce domaine a commencé en 2001 par la création du Conseil national des affaires familiales. Dirigé par la reine Rania Al-Abdullah, le Conseil réalise une étude qui permettra d'évaluer l'efficacité des moyens déployés pour combattre la violence conjugale. Il compte mettre en évidence, dans le cadre de cette étude, les insuffisances éventuelles des services accessibles aux Jordaniennes et proposer des améliorations. Parallèlement à cette initiative, le Conseil s'efforce de parvenir à une définition nationale de la violence contre les femmes, de mener une action de sensibilisation et de renforcer et rendre plus efficace la lutte contre cette violence.

D'autres pays de la région s'emploient également à venir en aide aux femmes victimes de violence et à faire œuvre de sensibilisation. On parle maintenant plus souvent de ce problème au Qatar et en Arabie saoudite, d'après la lettre d'information sur les droits des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord publiée en février 2009 par Freedom House. Freedom House est une ONG de Washington qui apporte son appui à la lutte contre la violence à l'égard des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Il est également indiqué dans ce rapport que le gouvernement des Émirats arabes unis supervise un foyer accueillant des victimes de violence conjugale à Dubaï.

La mobilisation politique et l'aide aux victimes ont également été renforcées au Bahreïn au cours des dernières années, indique Freedom House. Des ONG locales proposent aux victimes un accueil, une aide juridique gratuite et des services de réinsertion. Un partenariat entre l'ONG américaine Vital Voices, la compagnie du Bahreïn Smart Coaching and Research Center et l'Initiative de partenariat avec le Moyen-Orient (MEPI) du département d'État des États-Unis vise à développer la participation de la société civile à la lutte contre la violence conjugale et à dispenser une formation aux activités de plaidoyer et au bénévolat.

Mettre fin aux crimes d'honneur

L'un des principaux objectifs du MEPI est de renforcer le pouvoir d'action des femmes dans l'ensemble du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Par exemple, les subventions accordées par le MEPI à la Society Voice Foundation (SVF) visent à encourager les femmes des territoires palestiniens à se mobiliser pour que soient adoptées des lois interdisant les crimes d'honneur et toutes les formes de violence contre les femmes. Les crimes d'honneur sont commis au sein des familles, une fille ou une femme étant tuée pour avoir prétendument déshonoré sa famille.

Le MEPI a aidé la SVF à former 150 jeunes femmes palestiniennes, dont beaucoup avaient une expérience préalable des médias ou de la communication, à renforcer leurs compétences en matière de mobilisation. Bien que ce projet de la SVF ait pris fin le 31 décembre 2008, leur formation, leurs émissions de radio, leurs réunions-débats et campagnes de mobilisation continuent d'avoir un impact dans les territoires palestiniens.

Protéger les femmes du harcèlement sexuel

Aux États-Unis, les lois qui définissent et interdisent différentes formes de harcèlement sexuel sur le lieu de travail ont été constamment révisées et améliorées depuis les années 1970. Des milliers de plaintes pour harcèlement sexuel sont encore déposées chaque année par des femmes, mais ces lois contribuent pour beaucoup à leur donner les armes nécessaires pour être traitées correctement au travail.

Le Centre égyptien pour les droits des femmes s'efforce également de donner aux Égyptiennes les moyens de combattre le harcèlement sexuel, mais son action ne se limite pas au lieu de travail. Le Centre entend éliminer le harcèlement que subissent les femmes lorsqu'elles marchent dans la rue. Au moyen de campagnes médiatiques et de campagnes de communication, de pressions en faveur de l'application des lois existantes et de l'adoption d'une nouvelle loi et d'un programme de sensibilisation dans les établissements scolaires, le Centre espère que les femmes se sentiront plus à l'aise dans les rues et qu'elles réinvestiront ainsi l'espace public et la scène politique.

Informer les femmes de leurs droits

Pour que les femmes puissent véritablement faire valoir leur cause, il faut qu'elles connaissent l'étendue de leurs droits. Dans certains pays, dont le Maroc, le Code de la famille donne aux femmes victimes de violence d'autres issues, comme le droit de divorcer d'un mari violent.

Le MEPI s'est associé à Global Rights, une ONG de Washington ayant un bureau à Rabat (Maroc), pour informer les femmes de ce pays des dispositions du Code de la famille, le Moudawana. Le Moudawana a été révisé en 2004, à l'initiative de féministes marocaines. Elles ont fait campagne pour que les lois soient modifiées, de façon à donner aux femmes le droit de divorcer, en présentant ces modifications dans le contexte de l'islam. Elles ont expliqué que le fait d'octroyer aux femmes certains droits civils n'était pas une notion occidentale mais relevait bien des conceptions musulmanes de la justice sociale.

Pour pérenniser cette campagne d'information, le MEPI et Global Rights ont formé des ONG à enseigner aux femmes les droits que leur confère la loi. Ces groupes informent ensuite de leurs droits des femmes analphabètes de toutes les régions du Maroc. Le projet comprend également un centre d'information sur les droits fondamentaux des femmes, qui rassemble plus de 2.000 articles sur différents supports et en différentes langues. Global Rights s'emploie également à promouvoir des dispositions législatives visant à prévenir la violence à l'égard des femmes au Maroc.

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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