26 février 2009
La parution du nouveau rapport du département d'État sur les droits de l'homme dans 194 pays.

Washington - De plus en plus de personnes à travers le monde exigent une plus grande liberté aussi bien dans leur vie personnelle que dans le domaine politique, mais de nombreux États résistent à cette tendance, indique le nouveau rapport sur les droits de l'homme que le département d'État a rendu public le 25 février.
« Un nombre inquiétant de pays appliquent des lois et des règlements qui sont lourds, restrictifs ou répressifs aux ONG (organisations non gouvernementales) et aux médias, y compris à l'Internet. De nombreux défenseurs courageux des droits de l'homme qui ont fait pression pour protéger leurs droits et ceux de leurs compatriotes ont fait l'objet de mesures de harcèlement et de menaces, ont été arrêtés, incarcérés, tués ou soumis à des moyens violents de représailles extrajudiciaires », souligne le rapport.
Lors de la conférence de presse qu'elle a donnée à l'occasion de la parution de ce rapport, la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, s'est engagée à œuvrer de concert avec les ONG, les entreprises, les dignitaires religieux, les écoles, les universités et les particuliers pour « créer un monde où les droits de l'homme seront acceptés ».
Elle a fait état des nombreuses années qu'elle avait consacrées aux questions relatives aux droits de l'homme et de sa détermination à concentrer son action sur les droits de l'homme en sa qualité de secrétaire d'État. « Je recherche des résultats, des changements qui amélioreront en fait la vie du plus grand nombre de personnes possible », a-t-elle dit.
Les États-Unis, a-t-elle souligné, sont convaincus que la protection des droits de l'homme à l'étranger contribue à renforcer leur propre sécurité, leur propre prospérité et leur propre progrès. « La promotion des droits de l'homme est un élément essentiel de notre politique étrangère », a-t-elle indiqué.
Le rapport ne constitue pas une ingérence dans les affaires intérieures des autres pays
En vertu de la loi, le département d'État doit soumettre chaque année au Congrès un rapport sur les droits de l'homme dans le monde. L'édition 2009, qui se rapporte aux événements de 2008, présente les résultats de l'examen de la situation des droits de l'homme dans 194 États. Cette année, le rapport note que les États-Unis ne s'offensent pas de l'examen de leur propre bilan en matière de droits de l'homme et que les autres États ne devraient pas considérer ce genre d'analyse comme une ingérence dans leurs affaires intérieures.
« Il est nécessaire en tout temps que les États-Unis aient recours à une diplomatie vigoureuse afin de s'élever contre les violations des droits de l'homme et d'agir à cet effet, en même temps que notre pays examine avec soin ce qu'il a fait dans ce domaine.
« Les États-Unis et tous les autres États souverains ont l'obligation découlant de conventions internationales de respecter les droits de l'homme universels et les libertés de leurs citoyens, et il incombe aux autres de parler lorsqu'ils estiment que cette obligation n'est pas respectée. »
La situation dans divers pays
L'autoritarisme a continué de caractériser en 2008 de nombreux pays africains, indique le rapport en faisant état de la campagne de violence orchestrée par le gouvernement Mugabe au Zimbabwé. Toutefois, il existe quelques exceptions, notamment l'Angola, le Ghana et la Zambie où des élections se sont déroulées dans le calme.
Le Vietnam, la Birmanie et la Chine continuent de faire obstacle aux libertés publiques à divers degrés, et la traite des personnes continue d'être un problème dans tout l'Extrême-Orient.
En réponse à des questions de la presse, la sous-secrétaire d'État par intérim à la démocratie, aux droits de l'homme et au travail, Mme Karen Steward, a indiqué que les critiques émises à propos de la politique de la Chine en matière de droits de l'homme ne devaient pas faire obstacle à la poursuite du dialogue avec les dirigeants chinois.
En ce qui concerne la Corée du Nord, où la situation en matière de droits de l'homme est « épouvantable », a-t-elle dit, les droits de l'homme feront partie intégrante du dialogue global visant à une éventuelle normalisation des relations entre les États-Unis et ce pays.
En Europe et en Eurasie, il s'agit principalement de renforcer les nouveaux régimes démocratiques et de réduire les restrictions dont font l'objet les organismes de défense des droits de l'homme. En outre, il convient que les pays en cause s'attaquent à la criminalité causée par la haine et aux propos haineux tout en protégeant les libertés fondamentales face au nationalisme croissant et à la récession économique.
Les violations des droits de l'homme constituent un grave problème en Iran, en Égypte, en Libye et en Syrie, qui continuent d'incarcérer des militants à cause de leurs convictions. Dans de nombreux pays du Moyen-Orient et également de l'Asie du Sud et de l'Asie centrale, les pouvoirs publics continuent de prendre des mesures de répression à l'encontre des médias et de ceux qui souhaitent y avoir accès.