12 février 2009
Washington attend de voir des signes d'un véritable partage du pouvoir et d'une bonne gouvernance.

Washington - Le gouvernement Obama a exprimé ses félicitations au chef de l'opposition au Zimbabwé, M. Morgan Tsvangirai, pour sa nomination au poste de premier ministre. Il a cependant indiqué qu'il attendait de voir des signes d'un véritable partage du pouvoir et d'une bonne gouvernance avant d'offrir une nouvelle aide au développement ou d'alléger les sanctions que les États-Unis appliquent au président Robert Mugabe et à ses principaux collaborateurs.
Le porte-parole par intérim du département d'État, M. Robert Wood, a déclaré, le 11 février, que les États-Unis réservaient leur jugement à propos du nouveau gouvernement. « Il nous faudra voir des signes de bonne gouvernance et d'un véritable partage du pouvoir de la part de M. Robert Mugabe avant de prendre tout engagement. »
Outre la bonne gouvernance, le gouvernement Obama souhaite voir « un gouvernement qui traduit réellement la volonté du peuple zimbabwéen », a dit M. Wood.
C'est en mars 2008 que le Zimbabwé a organisé des élections présidentielle et législatives. Malgré des actes de violence et d'intimidation et le net parti pris des médias en faveur du parti au pouvoir, la ZANU- PF (Zimbabwe African National Union - Patriotic Front), c'est le parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai, qui a remporté la majorité des sièges au Parlement. Pour sa part, M. Tsvangirai a obtenu la majorité des suffrages à l'élection présidentielle, mais cette majorité n'a pas été suffisante pour éviter un second tour de scrutin.
Lors du second tour qui l'opposait à M. Mugabe, M. Tsvangirai a retiré sa candidature en protestation contre la campagne de violence et d'intimidation dirigée contre ses partisans.
Après des mois de négociations, le MDC et la ZANU-PF sont convenus, le 30 janvier, de former un gouvernement d'unité nationale.
Tout en se félicitant de la nomination de M. Tsvangirai au poste de premier ministre et tout en reconnaissant qu'il aurait besoin d'une aide internationale pour faire face à la crise à laquelle le Zimbabwe est en proie dans les domaines économique, alimentaire et sanitaire, M. Wood a souligné que Washington ne fournirait pas de nouvelle aide au développement tant qu'il n'y aurait pas une bonne gouvernance dans ce pays. Cet élément est primordial, a-t-il souligné.