06 février 2009
Son fils et des membres du Congrès commémorent le cinquantenaire de cette visite.
Washington - « C'était merveilleux d'être dans le pays de Gandhi », a écrit le pasteur Martin Luther King en 1959, quelques mois après être rentré d'un séjour d'un mois en Inde. « J'ai quitté l'Inde plus convaincu que jamais que la résistance non violente était l'arme la plus puissante dont disposent les peuples opprimés dans leur lutte pour la liberté. »
Dans son autobiographie, le pasteur King a écrit qu'en 1956, lors du boycott des bus de la ville de Montgomery (Alabama) visant à mettre fin à la ségrégation dans les transports en commun de cette ville, Gandhi avait été « l'inspiration de nos techniques de changement social non violent ». Il a ensuite désiré constater par lui-même les effets de la campagne de non-violence orchestrée par Gandhi pour mettre fin au régime colonial britannique et améliorer les conditions de vies des intouchables (les membres de la classe sociale la plus basse de l'Inde). Sur invitation du Premier ministre indien Jawaharlal Nehru, le pasteur King, son épouse Coretta et le biographe Lawrence Reddick sont arrivés à Bombay le 9 février 1959. Au cours des quatre semaines suivantes, ils se sont rendus à New Delhi et dans plusieurs autres villes.
Le cinquantième anniversaire de cette visite historique est commémoré ce mois-ci par une visite en Inde du fils du pasteur King, Martin Luther King III, de plusieurs membres du Congrès des États-Unis, dont John Lewis, le dernier orateur encore en vie ayant participé à la Marche de 1963 sur Washington, de Clayborne Carson, éditeur de plusieurs volumes des écrits du pasteur King, du musicien de jazz Herbie Hancock et d'autres. Cette visite, parrainée par le département d'État, comprendra deux concerts de Herbie Hancock et un hommage spécial rendu par des musiciens indiens.
M. Carson a déclaré que le pasteur King avait été particulièrement touché par l'accueil enthousiaste de Nehru et d'autres hommes politiques indiens à une époque où il ne pouvait espérer être reçu par des responsables politiques américains.
Dans un essai publié dans le Times en Inde, M. Carson explique que le pasteur King contrastait souvent les protections constitutionnelles et juridiques offertes aux intouchables de l'Inde avec la discrimination raciale omniprésente aux États-Unis. Alors que les dirigeants indiens exercent leur « puissance morale » contre la discrimination visant certaines castes, « aux États-Unis, certains de nos plus hauts responsables ont refusé de rendre un jugement moral sur la ségrégation et, dans le Sud, certains sont même allés jusqu'à se vanter de leur résolution de maintenir la ségrégation », disait le pasteur King.
Durant son séjour, il s'est entretenu avec Nehru, avec le président Rajendra Prasad et d'autres responsables ; avec des réformateurs tels que Vinoba Bhave, l'un des plus proches associés et successeur spirituel de Gandhi ; puis avec des écrivains, des universitaires et même des trapézistes et des dompteurs de lions. Il a déposé une gerbe sur le site de la crémation de Gandhi à Rajghat et discuté avec des proches de Gandhi. Durant des conférences de presse et des réunions publiques, il a évoqué la situation des droits de l'homme aux États-Unis et en Inde.
Le pasteur King était convaincu que la philosophie gandhienne de non-violence était la seule façon logique et morale de trouver une solution au problème de la race aux États-Unis.
Barack Obama, le premier président afro-américain des États-Unis, considère l'autobiographie de Gandhi (Autobiographie ou Mes expériences de vérité) et la biographie de Martin Luther King rédigée par Taylor Branch comme deux livres qui ont contribué à le façonner. Gandhi et le pasteur King sont pour lui des héros, aux côtés des présidents Lincoln et Kennedy.
Un autre héros de M. Obama est John Lewis, un militant indomptable en faveur des droits civiques qui a été battu par une foule de Blancs en colère durant les Freedom Rides de 1961 et par les agents de la sécurité de l'État de l'Alabama durant une marche pacifique organisée près de Selma en 1965. « Je crois que si le pasteur King était parmi nous aujourd'hui, il dirait que l'élection de Barack Obama n'est pas la fin », a dit M. Lewis récemment. « Ce n'est même pas un début. C'est la poursuite d'une lutte qui a commencé il y a des siècles pour créer une union plus parfait dans ce pays, une union de l'humanité qui exprimerait une grande vérité universelle. Nous sommes tous un seul peuple, une seule famille. »
Le personnel de la station All India Radio a récemment retrouvé un enregistrement qu'avait fait le pasteur King la veille de son retour aux États-Unis. Durant cet enregistrement, il avait notamment déclaré que Gandhi incarnait certains principes inhérents à la structure morale de notre univers, et que ces principes étaient tout aussi inéluctables que les lois de la gravitation universelle.
Dans son autobiographie, le pasteur King a écrit : « Je suis rentré en Amérique plus résolu que jamais à obtenir la liberté pour mon peuple par des moyens non violents. Ma visite en Inde a renforcé ma compréhension de la non-violence et ma détermination à la mettre en œuvre. »