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14 août 2009

Les femmes doivent participer aux élections et à la démocratisation en Afghanistan

Elles jouent un rôle indispensable en vue d'un « comportement démocratique durable », selon une ONG.

 
Une formation sur la participation aux élections des femmes organisée par IFES dans une demeure afghane.

Washington - « Les femmes sont un élément indispensable de la démocratie en Afghanistan », jouant un rôle important en tant que candidates et électrices dans les scrutins prévus le 20 août dans le pays, a déclaré Vasu Mohan, directeur adjoint du programme pour l'Europe et l'Asie de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux. L'IFES, de son sigle anglais, est une organisation non gouvernementale (ONG) qui a lancé des projets de vulgarisation de la démocratie dans 30 pays.

Une élection n'est pas seulement un événement, a expliqué M. Mohan ; elle est « la semence d'un comportement démocratique durable. Quand les femmes sont impliquées dans le processus politique, elles renforcent ce comportement en raison de leur influence au sein de leur famille et de la société en général. »

C'est pourquoi leur participation aux élections d'août est « un élément crucial du développement politique général de l'Afghanistan », a déclaré le directeur de l'ONG lors d'un entretien récemment accordé à America.gov au siège de l'IFES à Washington.

En mars, la commission électorale indépendante de l'Afghanistan a annoncé que plus de 4,4 millions de nouveaux électeurs, dont 38 % de femmes, s'étaient inscrits pour le scrutin présidentiel et pour les élections aux conseils provinciaux qui doivent se tenir le 20 août. Les élections législatives et celles des conseils municipaux sont prévues pour 2010.

« La participation accrue des femmes est un effort louable », a dit M. Mohan, « mais celui-ci doit être constamment renforcé parce qu'il est très facile de perdre de tels gains. La vie publique des femmes est encore très fragile » dans une société qui est à majorité rurale, traditionnelle et conformiste du point de vue religieux.

Le proverbe afghan qui dit que « goutte à goutte, un fleuve se crée » pourrait refléter l'influence des femmes qui se fait lentement mais sûrement sentir dans le pays. Sous le régime des talibans, la plupart des possibilités d'éducation et la participation à l'arène politique étaient interdites aux femmes.

Aujourd'hui, presque huit ans après la chute du régime taliban, un nombre sans précédent de femmes votent et briguent des postes électifs avec l'aide d'ONG locales et internationales et avec celle du gouvernement afghan, a souligné M. Mohan.

Depuis son entrée en fonction en 2002, le gouvernement afghan a, par exemple, redoublé d'efforts pour intégrer les femmes dans la vie politique du pays, notamment en leur réservant 25 % des sièges aux conseils provinciaux de même qu'à la Jirga Wolesi, la chambre basse du parlement.

De telles quotes-parts sont nécessaires, a expliqué M. Mohan, parce que les hommes ont en Afghanistan « un avantage injuste de par leur connaissance du processus électoral, leur accès au financement des campagnes politiques et même leur liberté de mouvement ». Dans de nombreuses régions du pays, les femmes doivent être escortées par un proche de sexe masculin quand elles sortent de chez elles.

L'un des outils qu'utilise l'IFES pour contribuer à donner une chance plus égale aux Afghanes sur la scène politique, a dit M. Mohan, est le Consortium pour le renforcement du processus électoral et politique (CEPPS de son sigle anglais). Ce programme, financé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), vise à aider les Afghanes à se familiariser avec les responsabilités de la démocratie, un élément important du processus de vote.

Se renseigner sur les dossiers et les candidats, connaître ses droits, gérer la tenue d'élections et l'observation de leur déroulement figurent parmi les thèmes importants des différents ateliers organisés par l'IFES en collaboration avec ses partenaires afghans.

M. Mohan a dit qu'un élément clé du programme de son ONG est la formation relative à la démocratie et à la défense des causes qui est fournie aux Afghanes influentes dans leurs collectivités et aux femmes journalistes, pour s'assurer qu'elles auront les informations nécessaires pour « tenir les candidats politiques responsables de leurs opinions au regard des droits des femmes ».

Les membres du programme de l'IFES organisent parfois des ateliers sur les droits des femmes et sur le processus électoral dans les domiciles des Afghanes. Selon le site Internet de l'IFES, une participante à l'un de ces ateliers, tenu à Mazar-e-Charif, a dit : « C'était un atelier très intéressant et productif. Ayant pris connaissance des grands dossiers, je serai en mesure d'élire le meilleur candidat à la présidence. »

Mais ce qui est encore plus important, a-t-elle ajouté, « c'est que je vais relayer les points clés que j'ai retenus de cet atelier à autant de femmes que possible à Mazar-e-Charif pour qu'elles puissent choisir un bon dirigeant ».

À la suite du voyage qu'elle a effectué cette année en Afghanistan, l'ambassadrice itinérante des États-Unis pour les questions relatives aux femmes, Melanne Verveer, a fait remarquer qu'un nombre croissant de femmes briguaient des postes électifs.

Dans la province de Bagdis, a-t-elle précisé, « j'ai vu 11 femmes impressionnantes qui briguaient des sièges au conseil provincial, dans l'espoir d'influencer l'avenir de leur pays parce que les Afghanes veulent contribuer à la solution » des problèmes.

À cette fin, un responsable des États-Unis à Kaboul a annoncé l'octroi de 27 millions de dollars pour la création d'un fonds nouveau visant à fournir des « petits dons d'octroi rapide et à des conditions de faveur » pour appuyer les ONG dirigées par des Afghanes au niveau local.

« Les progrès en Afghanistan doivent être mesurés non seulement en termes militaires mais aussi selon la participation sociale, économique et politique des femmes dans la reconstruction de l'Afghanistan et dans la défense de leurs droits fondamentaux », a dit Mme Verveer.

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