11 août 2009
Le discours de Mme Hillary Clinton à l’Assemblée nationale angolaise

Washington – Mettant l’accent sur l’importance de la transparence et d’institutions solides pour protéger les droits des citoyens et pour garantir le respect des principes de responsabilité, la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, a déclaré aux parlementaires angolais que leur pays était devenu l’un des plus importants de l’Afrique et que les États-Unis désiraient coopérer avec lui pour l’aider à tirer parti de toutes ses possibilités.
Lors du discours qu’elle a prononcée à l’Assemblée nationale angolaise à Luanda le 9 août, Mme Clinton a indiqué que le gouvernement Obama était convaincu que l’Angola était en mesure de jouer un rôle de premier plan dans les domaines économique, social, politique, sécuritaire, entre autres.
Les États-Unis, a-t-elle dit, « souhaitent être votre partenaire, votre ami et votre allié » pendant que l’Angola s’emploie à renforcer ses institutions, sa société civile et son économie, « et surtout, à fournir à la population les bienfaits qui découlent de la démocratie ».
« Après vingt-sept ans de guerre, il y a beaucoup à faire », a-t-elle souligné tout en se félicitant du bon déroulement des élections législatives en 2008. Le Parlement angolais a, selon elle, un rôle « absolument crucial » à jouer dans l’avenir du pays. Il doit exiger le respect des principes de responsabilité et de transparence et lutter contre la corruption financière et les abus de pouvoir. « Je suis convaincue que la démocratie ne peut pas prendre son essor ni apporter des bienfaits à la population de manière durable sans un organe élu, tel qu’un Parlement, pour représenter la volonté du peuple et pour garantir que les dirigeants rendent compte de leurs actes. »
L’Assemblée nationale angolaise compte 40 % de femmes, et Mme Clinton a déclaré à ce sujet : « Je vous félicite, parce que, à certains égards, vous avez déjà accompli plus de progrès que nous ».
À propos de la nouvelle Constitution que prépare l’Assemblée nationale, elle a dit :. « Celle-ci… ne doit pas seulement être des paroles sur une feuille de papier. Elle doit être l’expression vivante des valeurs et des coutumes de votre pays et la garantie des principes de bonne gouvernance et des droits de l’homme. »
La démocratie, a-t-elle fait remarquer, exige divers éléments, tels un appareil judiciaire indépendant, une presse libre et la protection des droits des minorités. L’Angola devrait bientôt fixer la date de l’élection présidentielle, mais « consolider la démocratie ne signifie pas seulement organiser des élections », a-t-elle souligné.
Mme Clinton a fait part de son expérience en tant que sénatrice à Washington où elle a été, à différents moments, dans la minorité et dans la majorité. Quel que soit le parti au pouvoir, a-t-elle dit, le Parlement doit exercer un contrôle sur le gouvernement pour garantir son bon fonctionnement au service du peuple.
A l’issue de son entretien avec le ministre angolais des affaires étrangères, M. Assunção Afonso dos Anjos, le 9 août, la secrétaire d’État a dit que « la corruption était un problème qui existait partout dans le monde » ; il sape la confiance dans la démocratie et empêche « la participation à part entière des citoyens dans la société et la possibilité de leur fournir les services de base ».
Bien qu’elle eût indiqué avoir soulevé la question de la corruption avec M. dos Anjos, elle s’est félicitée du fait que le gouvernement angolais consacrait une plus grande partie de ses recettes à la construction de l’infrastructure du pays et qu’il avait commencé à prendre des mesures pour accroître la transparence.
« Le gouvernement angolais publie maintenant sur l’Internet des informations sur les recettes fiscales provenant de l’industrie pétrolière. Il œuvre de concert avec des responsables du ministère des finances des États-Unis sur les moyens d’améliorer la transparence et l’efficacité au niveau du budget national et de la fiscalité », a-t-elle dit.
Alors que les deux pays collaborent dans le cadre d’un partenariat stratégique global, ils continueront à s’entretenir des questions relatives à la bonne gouvernance, à l’état de droit et à la lutte contre la corruption.
Ce partenariat portera aussi sur la revitalisation du secteur agricole angolais, l’accroissement des échanges commerciaux et des investissements, la lutte contre le sida et le paludisme, et des efforts communs sur les questions énergétiques, y compris le développement de sources d’énergie renouvelables.
Les États-Unis peuvent fournir à l’Angola une assistance technique pour développer son secteur hydroélectrique, pour protéger ses ressources locales, telles que celles situées dans le bassin du Congo ainsi que pour réduire les émissions de gaz explosifs.
Alors que les États-Unis participent à l’exploration et à la production pétrolières et gazières dans le golfe de Guinée, a dit Mme Clinton, ils comptent veiller à ce que de telles activités profitent aux habitants des pays riverains.
Pour sa part, le ministère des affaires étrangères, M. dos Anjos, a indiqué que son pays espérait bénéficier du savoir-faire technique et de l’aide des États-Unis.
Il a également dit que le reste de l’Afrique et du monde « pouvaient compter » sur la décision de l’Angola d’œuvrer en faveur de la paix, de la stabilité et du développement. Le dialogue entre les pays africains et les civilisations du monde entier devrait aboutir, selon lui, à l’élaboration de solutions aux problèmes graves qui frappent l’humanité, notamment l’instabilité, la drogue et la crise financière internationale.