15 avril 2009
Coopérer avec le Conseil des droits des l'homme est une priorité, a indiqué Mme Brimmer.

Washington - Le gouvernement Obama est « fermement résolu à défendre les droits de l'homme dans le monde et à faire en sorte que les États-Unis jouent un rôle actif pour faire respecter les normes universelles », a dit Esther Brimmer, la secrétaire d'État adjointe nouvellement nommée par le président Obama à la tête du Bureau des affaires relatives aux organisations internationales.
Dans un entretien accordé à America.gov, Mme Brimmer a déclaré que le gouvernement Obama briguerait un siège au Conseil des droits de l'homme tout en étant conscient du fait que les détracteurs dudit conseil pensent qu'il a jusqu'à présent été inefficace.
« Ce conseil a toujours connu des difficultés, mais le meilleur moyen de tenter de résoudre les graves problèmes qui y existent est d'y siéger », a souligné Mme Brimmer.
Le Conseil des droits de l'homme est un organe intergouvernemental qui relève de l'Organisation des Nations unies ; composé de 47 membres, il a pour mission de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde. Les sièges du Conseil sont occupés par des pays élus pour un mandat de trois ans et sont alloués aux groupes régionaux établis par l'ONU, à savoir : 13 sièges pour l'Afrique ; 13 pour l'Asie, 6 pour l'Europe de l'Est ; 8 pour l'Amérique latine et les Caraïbes ; et 6 pour l'Europe de l'Ouest et d'autres États membres (dont ceux de l'Amérique du Nord).
Certains pays qui sont actuellement membres du Conseil ou l'ont été dans le passé - tels que la Chine et Cuba - se sont montrés peu favorables à la protection des droits de l'homme sur leurs propres territoires.
De plus, le comportement du Conseil à l'égard d'Israël a suscité certaines inquiétudes, parce qu'il a condamné cet État à 15 reprises entre 2006 et 2008.
« Il y a un problème sérieux au sein de ce Conseil du fait qu'il est obsédé par Israël, et cela est injuste. Nous ne pensons pas qu'un pays quelconque devrait être ciblé en particulier », a indiqué Mme Brimmer. « Malheureusement, il y a plusieurs pays où la situation des droits de l'homme est grave. Ce sont ces pays-là qui devraient faire l'objet d'une attention particulière et nous ne devrions pas nous acharner sur un seul pays. »
« Nous souhaitons très fortement encourager l'équité et l'équilibre dans notre relation avec ce conseil », a affirmé Mme Brimmer. « Mais pour ce faire, il est important d'y être présent, plutôt que de laisser d'autres pays qui ne cherchent pas nécessairement à faire montre d'équité et d'équilibre accaparer l'ordre du jour. »
La secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton et la représentante permanente des États-Unis à l'ONU Susan Rice ont annoncé le 31 mars l'intention des États-Unis de présenter cette année leur candidature à un siège au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, précisant que cette décision entrait dans le cadre « de la nouvelle ère d'engagement » du gouvernement Obama vis-à-vis des autres pays du monde afin d'avancer les intérêts de sécurité des États-Unis et de relever les défis internationaux du XXIe siècle.
Le secrétaire-général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, s'est félicité de cette annonce. « L'engagement à part entière des États-Unis sur les questions des droits de l'homme est une étape importante vers la réalisation de l'objectif d'instauration d'un processus intergouvernemental inclusif et dynamique pour protéger les droits de l'homme dans le monde entier. »
Les États-Unis ont toujours joué un rôle capital sur la question des droits de l'homme, a rappelé Mme Brimmer. De plus, l'une des priorités du gouvernement Obama, a-t-elle souligné, « est d'ajouter un élément multilatéral important aux efforts que nous faisons déjà bilatéralement sur ce dossier - et les Nations unies sont le centre de cet élément multilatéral ».
Et d'ajouter : « Il est également important que les États-Unis participent activement à tous les organismes des Nations unies. Or il en existe plusieurs qui ciblent les droits de l'homme (…) Les États-Unis souhaitent agir avec créativité envers tous ceux-là, et nous devons surtout participer à tous les dispositifs principaux, dont le Conseil des droits de l'homme. »
Mme Brimmer a affirmé que le gouvernement Obama n'hésitait pas à engager des discussions sur les questions épineuses, citant notamment la décision prise par M. Obama, dès les premiers jours suivant son entrée en fonction, d'entamer le processus qui mènera à la fermeture du centre de détention de Guantanamo à Cuba.
Avant d'être nommée à son poste actuel au département d'État, Mme Brimmer était directrice adjointe et directrice de recherches au Centre sur les relations transatlantiques de l'École Paul Nitze de hautes études internationales rattachée à l'université Johns Hopkins. De 1999 à 2001, Mme Brimmer avait déjà travaillé pour le département d'État au Bureau de la planification politique responsable des dossiers de l'Union européenne, de l'Europe de l'Ouest, de l'ONU et des questions multilatérales de sécurité.
En 2000, Mme Brimmer avait été membre de la délégation des États-Unis pour les droits de l'homme à l'ONU. De 1993 à 1995, elle avait été assistante spéciale du sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, œuvrant sur les dossiers ayant trait à l'ONU, au maintien de la paix, aux droits de l'homme et aux questions politico-militaires.