14 avril 2009
Les Américains d'origine cubaine pourront désormais se rendre librement dans ce pays.

Washington - Les États-Unis vont autoriser les Américains d'origine cubaine à se rendre librement à Cuba et à envoyer de l'argent à des membres de leur famille qui résident dans ce pays, a annoncé la Maison-Blanche.
Les Américains d'origine cubaine pourront également envoyer aux membres de leur famille des vêtements, des produits de toilette, des semences, du matériel de pêche et d'autres articles de première nécessité. Des entreprises pourront obtenir des permis pour vendre aux Cubains des téléphones portables, des services et des dispositifs de télécommunications qui pourront être payés par les membres de leur famille vivant aux États-Unis.
Cette nouvelle a été annoncée, le 13 avril, par le porte-parole de la Maison-Blanche, M. Robert Gibbs, et par le directeur des affaires interaméricaines au sein du Conseil national de la sécurité, M. Daniel Restrepo, lors du point de presse quotidien de la Maison-Blanche. Elle précède de quatre jours l'ouverture du Cinquième Sommet des Amériques dans la capitale de la Trinité-et-Tobago, Port d'Espagne. M. Restrepo a annoncé cette nouvelle en espagnol, ce qui n'avait jamais eu lieu à la Maison-Blanche.
MM. Gibbs et Restrepo ont indiqué que les nouvelles mesures étaient destinées à toucher directement la population cubaine.
« En prenant ces mesures pour combler la brèche entre les familles cubaines séparées et pour encourager l'accroissement de la circulation de l'information et des produits humanitaires destinés à la population cubaine, le président Obama s'emploie à atteindre les objectifs qu'il s'était fixé tant pendant sa campagne électorale que depuis son entrée en fonction », a dit M. Gibbs.
« Tous ceux qui adhèrent aux grands principes démocratiques rêvent d'un Cuba qui respecte les droits de l'homme et les libertés politiques et économiques fondamentales de tous ses citoyens », a-t-il souligné.
La politique cubaine des États-Unis a fait l'objet de nombreuses discussions dans tout le continent américain ces derniers mois et devrait être également un sujet à l'ordre du jour du Sommet des Amériques.
Jusqu'ici, les Américains d'origine cubaine n'avaient le droit d'aller à Cuba qu'une fois par an pour rendre visite à des membres de leur famille et de leur envoyer au maximum 1.200 dollars par personne et par an.
L'envoi d'argent à de hauts responsables et à des membres du parti communiste cubain demeure interdit. De même, l'embargo commercial décrété par les États-Unis il y a quarante-sept ans reste en place.
C'est en 1962 que les États-Unis ont commencé d'appliquer cet embargo à Cuba et c'est en 1963 qu'ils ont interdit aux citoyens américains de se rendre dans ce pays. Pendant la longue période qui a suivi, ces deux interdictions ont fait l'objet de modifications à plusieurs reprises.
De son côté, le département d'État a annoncé que la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, se rendrait à Haïti, en République dominicaine et à la Trinité-et-Tobago. La secrétaire d'État doit également aller à New York le 14 avril pour prendre la parole devant les participants à la Conférence des donateurs pour Haïti organisée à la Banque interaméricaine de développement.
Nouvelles propositions de loi au Congrès
Un groupe de sénateurs démocrates et républicains a soumis au Sénat un texte de loi en vue d'autoriser tous les Américains à se rendre à Cuba. Un texte semblable a été soumis à la Chambre des représentants.
Les parlementaires estiment que le fait d'autoriser les citoyens américains à se rendre librement à Cuba contribuera à supprimer les obstacles économiques et commerciaux entre les deux pays. « L'accroissement des déplacements à destination de cette île favorisera la cause de la démocratie, encouragera le respect des droits de l'homme et sera avantageux pour les agriculteurs et les hommes d'affaires des États-Unis », a déclaré M. Byron Dorgan, sénateur démocrate du Dakota du Nord, le 31 mars.
Cette mesure est coparrainée par MM. Michael Enzi, sénateur républicain du Wyoming, Christopher Dodd, sénateur démocrate du Connecticut, et Richard Lugar, sénateur républicain de l'Indiana.
« Notre politique cubaine pénalise les Américains en leur retirant le droit de voyager, a dit M. Dorgan. En outre, elle n'a rien fait pour affaiblir le gouvernement Castro. Il y a longtemps que nous aurions dû modifier cette politique peu judicieuse. »
Pour sa part, M. Enzi a déclaré que les États-Unis avaient interdit les voyages à destination de Cuba et restreint fortement les relations commerciales avec ce pays pendant près de cinquante ans, ce qui n'avait guère donné de résultats. La nouvelle mesure, a-t-il dit, est destinée à mettre fin à ces restrictions et à ouvrir Cuba à la démocratie.
Les deux textes de loi doivent être examinés par des commissions parlementaires avant de faire l'objet d'un vote dans chacune des chambres du Congrès. Il est possible que les parlementaires mettent près de deux ans pour parvenir à un texte unique prêt à être promulgué par le président.