29 septembre 2008
Les propos de Mme Dobriansky, chargée au département d'État des affaires mondiales

Washington - Alors que dans le monde, certains gouvernements redoublent d'efforts pour limiter l'accès à l'Internet, la sous-secrétaire d'État aux affaires mondiales, Mme Paula Dobriansky, a exhorté le secteur privé à résister aux pressions qui les incitent à limiter l'accès au Web et, au contraire, à s'allier aux États-Unis et à d'autres pays pour « ouvrir la porte à la circulation illimitée de l'information ».
Des incitations bien conçues par les gouvernements démocratiques peuvent permettre à l'industrie des communications d'« adopter la responsabilité morale de résister à la pression » de limiter l'accès à l'Internet dans les pays aux politiques répressives.
« Avec la coopération des autres démocraties, de l'industrie et des organisations non gouvernementales, les efforts de réglementation et de restriction de la liberté d'expression se résumeront au bout du compte à des tentatives futiles de retenue de la marée montante du changement démocratique. »
Mme Dobriansky a tenu ces propos le 10 septembre lors d'un atelier organisé pour des journalistes, des représentants d'organisations non gouvernementales (ONG) et des responsables du gouvernement des États-Unis sur le thème « Media vs. New Censorship : The Authoritarian Assault on Information » (Les médias contre la nouvelle censure : l'assaut des régimes autoritaires contre l'information). Cet atelier était organisé par le Broadcasting Board of Governors. Animaient la discussion les directeurs de Freedom House, du Global Internet Freedom Consortium et du China Internet Project, ainsi que le rédacteur en chef de Washington Prism, un journal en ligne de langue persane sur la culture, la politique et les affaires publiques.
Mme Dobriansky a affirmé que les États-Unis avaient consacré des ressources considérables à l'expansion de l'Internet. De ce fait, « des millions de nouveaux utilisateurs jouissent de l'émancipation que procure l'accès à l'Internet ». Le gouvernement Bush coopère avec le secteur privé afin d'énoncer une série de principes bénévoles visant à encourager l'industrie des communications à protéger la libre circulation de l'information.

De plus, « nous cherchons à soutenir les journalistes et les organisations de défense de la liberté de la presse en offrant des dons et en finançant diverses initiatives, par exemple la création de sites Web sécurisés pour les journalistes menacés par des régimes autoritaires ».
Le groupe de travail sur la liberté d'accès à l'Internet dans le monde
Mme Dobriansky a expliqué qu'une partie de ces travaux était effectuée par le Groupe de travail sur la liberté d'accès à l'Internet dans le monde, créé en 2006 par la secrétaire d'État Condoleezza Rice. De concert avec le secteur privé et les ONG, ce groupe surveille la liberté de circulation de l'information sur Internet dans le monde et cherche à étendre l'accès à ce réseau.
Ce groupe offre, selon elle, « une voie de réaction aux menaces qui pèsent sur la liberté de l'Internet. Les ONG et des fournisseurs d'accès peuvent nous signaler les abus et, à partir de là, nous pouvons réagir ».
Les États-Unis s'attachent à soulever des questions sur la liberté d'accès à l'Internet tant dans leurs relations bilatérales que dans leurs relations multilatérales. En 2008, la Coopération économique Asie-Pacifique et l'Organisation de coopération et de développement économiques ont publié des déclarations appelant à un accès plus facile à l'Internet afin de renforcer la démocratie et l'expansion économique.
En 2007, a-t-elle ajouté, la réunion ministérielle de la Communauté des démocraties, qui s'est tenue à Bamako, « a exprimé son soutien à l'importance fondamentale de la liberté d'accès à l'Internet sur le plan de la démocratie et du développement ».
Certains gouvernements qui restreignent l'accès à l'Internet prétendent ainsi protéger leurs citoyens d'« idées dangereuses ou douteuses sur le plan moral ». D'autres ne cherchent même pas d'excuse, a dit Mme Dobriansky. Dans tous les cas, a-t-elle affirmé, il s'agit d'un « déni délibéré d'accès au marché des idées ».