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29 septembre 2008

États-Unis-Afrique : Quatre siècles de relations et de liens

Chronologie préparée par le département d'État

 

ÉTATS-UNIS - AFRIQUE

Chronologie d'un demi-siècle de relations officielles

et de quatre siècles et demi d'attaches mutuelles

1565

Fondation de Saint Augustine (Floride), le plus ancien établissement européen des États-Unis ; parmi les premiers habitants de ce qui allait devenir les États-Unis, on compte de nombreux colons, esclaves et libres, d'origine africaine.

1619

Les premiers travailleurs asservis africains arrivent dans la colonie anglaise de Jamestown (Virginie).

1777

Le Maroc est le premier pays à reconnaître les États-Unis.

1798-1808

Décennie durant laquelle environ 200.000 esclaves sont importés dans le pays, un pic jamais dépassé. Le commerce des esclaves est officiellement déclaré illégal en 1808 mais la loi n'est pas appliquée.

1801-1805

La flotte américaine se heurte à de nombreuses reprises aux pirates des côtes de Barbarie, au large de l'Afrique du Nord.

1816

Création de l'American Colonization Society (Société pour la colonisation américaine) qui préconise la migration des Afro-Américains en Afrique : elle contribuera plus tard à la fondation du Libéria.

1819

Le Congrès promulgue une « Loi complétant les lois interdisant le commerce des esclaves » qui autorise le Président à envoyer une escadre navale dans les eaux territoriales africaines pour arraisonner les négriers illégaux. Elle affecte aussi un montant de 100.000 dollars pour réinstaller en Afrique les esclaves recapturés, rendant ainsi effective l'interdiction du commerce des esclaves.

1820

Le Congrès promulgue une loi mettant le commerce des esclaves et la piraterie sur le même pied et le rendant ainsi passible de la peine de mort.

1820-23

Des unités navales américaines poursuivent les navires négriers au large des côtes d'Afrique en application de la loi de 1819.

1823

Établissement de la première colonie américaine au Libéria.

1825

Procès de l'Antelope : le cotre américain Dallas arraisonne dans les eaux internationales le navire négrier Antelope battant pavillon vénézuélien et transportant 281 Africains appartenant à des Portugais et des Espagnols. Les plaidoiries durent cinq jours dans la salle d'audience bondée de la Cour suprême des États-Unis.

Le 16 mars, John Marsall, président de la Cour, annonce que celle-ci est unanime pour déclarer que le commerce des esclaves est une violation de la loi naturelle. Il affirme cependant que les États-Unis doivent respecter le droit des autres nations de promulguer leurs propres lois en ce qui concerne le commerce des esclaves.

1837-39

Procès de l'Amistad. Des esclaves africains se mutinent, saisissent le navire négrier espagnol qui les transporte et obtiennent leur liberté par décision de la Cour suprême américaine.

1843

29 novembre - 16 décembre. Quatre navires de guerre américains croisent au large de la Côte d'Ivoire et débarquent plusieurs détachements, dont un de 200 fusiliers marins et matelots, pour décourager la piraterie et le commerce des esclaves et punir les indigènes de leurs attaques contre les marins et les navires américains.

1847

26 juillet : le Libéria déclare son indépendance.

1862

Les États-Unis établissent des relations diplomatiques avec le Libéria.

1865

Le 13e amendement à la Constitution abolit l'esclavage aux États-Unis.

1871

Précédé du drapeau américain, l'Américain Henry Morton Stanley « trouve » l'explorateur et missionnaire britannique David Livingstone à Ujiji (Tanganyika). L'expédition de Stanley était financée par le New York Herald qui a ensuite publié des comptes rendus exclusifs et des illustrations popularisant Stanley et l'Afrique auprès des Américains. Les ouvrages de Stanley ont connu un grand succès aux États-Unis et ont fortement contribué à répandre pendant des décennies l'image de l'Afrique comme le « continent sombre ».

1884-1885

Le chancelier allemand Otto von Bismark accueille la Conférence de Berlin, qui marque le début de la colonisation de l'Afrique par l'Europe. Les États-Unis y envoient un représentant mais ne sont pas considérés comme un acteur majeur dans les discussions. Stanley finit par collaborer avec le roi Léopold de Belgique pour créer l'« État libre du Congo ».

1896

Plessey c. Kraemer. La Cour suprême des États-Unis confirme la constitutionnalité de la ségrégation raciale au nom du principe « séparés mais égaux ». Cela marque le point d'orgue d'une campagne du Sud pour rétablir la suprématie de la race blanche et est à mettre en parallèle avec l'impérialisme européen en Afrique.

1899-1902

Dans la guerre des Boers (aussi connue sous le nom de guerre d'Afrique du Sud et de guerre anglo-boer), la large couverture de la presse américaine est plutôt en faveur des Boers, considérés comme des guérilléros anti-impérialistes. De ce fait le public américain adopte pendant longtemps l'image de l'Afrique du Sud comme le pays de l'homme blanc aux limites d'un « continent sombre ».

1914

Le Jamaïcain Marcus Garvey fonde l'Universal Negro Improvement Association (Association universelle pour l'amélioration des Noirs) pour unir tous les individus d'origine africaine. En 1920, il lancera le « Projet Libéria » pour encourager le développement du Libéria.

1915

Sortie en salles du film de D.W. Griffith Naissance d'une nation, basé sur le roman et la pièce de Thomas Dixon, The Clansman. C'est le premier film à grand succès de Hollywood. Il glorifie le rôle du Ku Klux Klan pendant la Reconstruction (le relèvement du Sud après la guerre de Sécession), présentant ce mouvement comme composé de partisans luttant pour l'Amérique et la suprématie de la race blanche. Les noirs y sont stéréotypés comme corrompus, paresseux et ignorants : image que l'Amérique « blanche » accepte avec empressement. Même le président Woodrow Wilson se fait projeter le film à la Maison-Blanche. Le film stimule la renaissance du Klan en tant que mouvement national pendant les années 20.

1918

Sortie en salles de Tarzan l'homme singe, le premier d'une série de 88 films et de nombreux programmes de radio et de télévision avec Tarzan en vedette. Ces films, basés sur les romans de Edgar Rice Burroughs, popularisent l'image des Africains primitifs, brutaux et souvent stupides. Le fait que Tarzan soit blanc facilite son acceptation par la majorité du public américain et reflète et renforce les stéréotypes raciaux de l'époque.

1936

Ralph Bunche publie A World View of Race (Une vision mondiale des races) qui lie l'impérialisme européen en Afrique et la ségrégation aux États-Unis.

Jesse Owens gagne quatre médailles d'or aux Jeux olympiques de Berlin (Allemagne) mettant à mal devant le monde entier l'idéologie hitlérienne de la suprématie de la race blanche. Les nouvelles des victoires de Owens retransmises par radio, télégrammes et bandes d'actualité dans le monde entier, y compris en Afrique, font passer le message des succès d'un Afro-Américain aux États-Unis.

1941

Le président Franklin Delano Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill signent la Charte atlantique, proclamant la liberté des nations. Les Africains l'interprètent comme un appel à l'élimination du colonialisme. Les Américains apparaissent maintenant comme les champions des mouvements de libération partout dans le monde, y compris en Afrique.

1942

Opération « Torch » : des troupes anglaises et américaines sous le commandement du général et futur président des États-Unis Dwight David Eisenhower envahissent le Maroc sous l'autorité du gouvernement de Vichy, puis l'Algérie et enfin la Tunisie, repoussant hors d'Afrique les troupes de l'Axe.

1943

14-24 janvier : le président Roosevelt s'envole à destination du Maroc via le Brésil et la Gambie pour la Conférence de Casablanca avec Churchill et le général Charles de Gaulle, chef des forces de la France libre ; il devient ainsi le premier président américain en exercice à se rendre en Afrique.

26-27 janvier : le président Roosevelt, sur la voie du retour après la Conférence de Casablanca, s'arrête au Libéria pour une visite officieuse avec le président Edwin Barclay.

1944

Gunnar Myrdal publie An American Delimma (Le Dilemme américain) en collaboration avec Ralph Bunche, ouvrage financé par le Carnegie Endowment qui fait date dans l'étude des relations raciales en Amérique.

1948

Shelley c. Ferguson. Cette décision historique de la Cour suprême dénonce comme inconstitutionnels les contrats de logement racialement restrictifs. Le Ministère de la justice avait remis à la Cour un mémoire « amicus curiae » fondé sur des arguments de politique étrangère fournis par le Département d'État, avérant que la reconnaissance officielle de la ségrégation affaiblissait l'influence des États-Unis à l'étranger puisqu'elle était en contradiction avec le plus important des principes des droits de l'homme - l'égalité de tous devant la loi.

1948

Ralph Bunche refuse l'offre du président Harry Truman de devenir sous-secrétaire d'État pour les affaires du Proche-Orient, de l'Asie du Sud et de l'Afrique pour cause de la discrimination raciale qui règne à Washington et notamment dans le département d'État.

1954

Dans sa décision dans l'affaire Brown c. la Commission scolaire de Topeka, la Cour suprême bannit la ségrégation dans les écoles secondaires et renverse le principe « séparés mais égaux ». Le département d'État avait remis un mémoire « amicus curiae » soutenant que la discrimination raciale reconnue officiellement était préjudiciable à la sécurité nationale en ce qu'elle affaiblissait l'autorité morale du pays à l'étranger. La décision est universellement applaudie et surtout en Afrique.

1955

Le pasteur Martin Luther King Jr. lance le mouvement des droits civiques en organisant le boycott réussi des bus de Montgomery (Alabama)

1956

Crise du canal de Suez. L'attaque des forces anglaises, françaises et israéliennes contre l'Égypte se termine par un désastre pour la Grande-Bretagne et la France lorsque le président Dwight Eisenhower prend violemment à partie ses alliés de l'OTAN. L'image des États-Unis s'opposant aux deux grandes puissances coloniales européennes renforce le prestige du pays en Afrique en tant que leader de la décolonisation. Ralph Bunche aux Nations Unies et le diplomate et futur premier ministre canadien Lester Pearson organisent une force onusienne de maintien de la paix dans le région de Suez (Pearson a reçu un prix Nobel de la paix pour ses efforts).

1957

Le Président Dwight Eisenhower envoie le Vice-président Nixon en Afrique : cette visite mènera à la création du Bureau des affaires africaines du département d'État.

Le Ghana, sous la direction de Kwamé Nkrumah, panafricaniste éduqué aux États-Unis, devient le premier pays de l'Afrique coloniale subsaharienne à acquérir l'indépendance lors d'une cérémonie à laquelle participent le vice-président Richard Nixon, le sous-secrétaire général des Nations unies Ralph Bunche et le pasteur Martin Luther King.

Le président Eisenhower envoie des troupes pour faciliter l'intégration raciale de l'école secondaire de Little Rock (Alabama) montrant ainsi sa détermination de faire appliquer la décision d'intégrer les écoles. La crise fait l'objet d'une large couverture médiatique internationale, notamment en Afrique.

1958

20 août : création du Bureau des affaires africaines du département d'État

2 septembre : prise de fonctions du premier secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, Joseph Satterthwaite.

1958-61

Incidents de discrimination raciale dits de « l'autoroute 40 », dans le Maryland et le Delaware, à l'encontre de diplomates africains. Ils précèdent les problèmes de discrimination en matière de logement à Washington à l'encontre des ambassades africaines cherchant des logements diplomatiques appropriés. En 1961, le gouvernement Kennedy établira la Section spéciale du service diplomatique au sein du département d'État, chargée de résoudre et de prévenir les cas de discrimination à l'encontre des Africains. C'est le premier exemple de lien entre la politique étrangère et la politique locale.

1960

Crise du Congo. Lorsque le Congo acquiert son indépendance de la Belgique, les États-Unis refusent de soutenir le premier ministre, Patrice Lumumba, que le gouvernement Eisenhower pense communiste. Ils appuient donc la Belgique et le maintien de la force onusienne de maintien de la paix plutôt que d'accepter un Congo prosoviétique. Le pays s'enfonce dans le chaos : une grande partie des États africains sont persuadés que les Américains, en soutenant les intérêts économiques de leur allié belge de l'OTAN au Katanga, sont contre un Congo fort et unifié. Les soupçons de complicité américaine dans la mort suspecte de Lumumba ternissent l'image des États-Unis en Afrique pendant de nombreuses années.

1961

1er mars : le président John Kennedy crée le Corps de la paix.

28 août : départ des premiers volontaires du Corps de la paix pour le Ghana et la Tanzanie.

3 novembre : fondation de l'United States Agency for International Development (USAID) (Agence des États-Unis pour le développement international) chargée d'administrer les programmes d'aide économique à l'étranger.

1962

Création à Dar es-Salam du Front de libération du Mozambique (FRELIMO). Jusqu'à son assassinat en 1969, son chef est Eduardo Mondlane, produit de l'éducation des missions presbytériennes qui a fait des études universitaires à Oberlin College (Ohio) avant d'obtenir un doctorat de la Northwestern University, d'enseigner à la Syracuse Université et de revenir en Afrique. Il avait épousé une femme d'une petite ville de l'Illinois, Janet Rae Johnson, qui vit maintenant à Maputo.

1963

25 mai : fondation de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).

1964

Aux États-Unis, le projet de loi sur les droits civiques est adopté : la nouvelle loi interdit la discrimination raciale dans les établissements publics d'hébergement, mettant ainsi fin à la discrimination raciale légalisée aux États-Unis.

1965

La loi de réforme de l'immigration met fin au système de quotas qui favorisait les pays européens et ouvre une ère d'immigration massive en provenance des pays d'Asie et d'Afrique.

1966

4-9 juin : visite historique du sénateur Robert Kennedy en Afrique du Sud, sans doute la plus importante d'un Américain dans le pays car elle se place dans les années les plus sombres de l'apartheid. À l'époque, Hendrik Frensch Verwoerd, architecte de l'apartheid, était premier ministre et Nelson Mandela, le Chef Albert Luthuli et d'autres chefs de l'opposition étaient emprisonnés sur l'île de Robben ou en exil. Kennedy avait été invité par le Syndicat national des étudiants d'Afrique du Sud contre l'apartheid pour prononcer le discours de l'Annual Day of Affirmation (remise des diplômes) à l'université du Cap. La visite mettait en exergue les liens entre la lutte contre le racisme aux États-Unis et en Afrique du Sud.

1974

25 avril : « révolution des œillets » au Portugal. Les officiers subalternes de l'armée se révoltent et renversent le régime autoritaire de Caetano ce qui mène à l'indépendance des territoires portugais en Afrique. La crainte de mouvements de libération gauchistes soutenus par le régime soviétique pousse les gouvernements Nixon et Ford à mettre l'Angola et le Mozambique au premier rang des préoccupations en Afrique.

Le Derg, association secrète d'officiers, renverse l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassé en septembre et met en place un régime marxiste brutalement répressif. Au cours de la décennie suivante, des milliers de réfugiés viendront constituer le noyau de la diaspora éthiopienne aux États-Unis.

30 octobre : à Kinshasa (Zaïre) George Foreman perd le match de boxe « Rumble in the jungle » contre le challenger et ex-champion du monde poids lourds, Muhammed Ali. Cette victoire cimente l'image d'Ali comme l'Américain le plus populaire et le plus reconnu en Afrique et comme symbole d'une Amérique tolérante et pluraliste qui sait reconnaître la réussite d'un Américain noir et musulman.

Novembre : des forces cubaines arrivent en Angola grâce à un pont aérien soviétique pour aider le MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) à arrêter des incursions de forces sud-africaines dans le sud et de troupes soutenues par les États-Unis et le Zaïre dans le nord. Le MPLA déclare l'indépendance de l'Angola le 11 novembre.

1975

Le président Ford approuve 6 millions de dollars d'aide clandestine à l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) et au FNLA (Front national pour la libération de l'Angola), deux factions alliées qui s'opposent au MPLA (Mouvement populaire pour la libération de l'Angola) soutenu par les Soviétiques.

1976

Le Congrès promulgue l'amendement Clark qui interdit toute aide américaine aux mouvements rebelles en Angola.

1977

Roots (Racines) : l'histoire romancée d'une famille afro-américaine de Alex Hailey est portée à la télévision. Diffusé pendant huit soirées consécutives en janvier, ce mini feuilleton a un taux d'audience énorme et devient un succès instantané avec quelque 130 millions de téléspectateurs américains devant leurs écrans à un moment ou un autre des huit soirées. Il galvanise l'intérêt afro-américain pour l'Afrique.

1978

31 mars- 3 avril : première visite officielle d'un président américain en Afrique subsaharienne. Le président Jimmy Carter rencontre le président nigérian Olusegun Obasanjo à Lagos et le président libérien William Tolbert à Monrovia.

1980

18 avril : le Zimbabwé déclare son indépendance mettant fin au régime de la minorité blanche ; Robert Mugabe gagne les élections et dirige le premier gouvernement majoritaire.

1981-90

Le mouvement anti-apartheid gagne du terrain aux États-Unis. C'est le premier mouvement populaire s'intéressant à l'Afrique et fondé sur un rassemblement d'Afro-Américains, d'étudiants, d'activistes et d'églises qui pressent le secteur privé et les pouvoirs locaux et d'État de désinvestir en Afrique du Sud. Il se fait entendre en 1986 lorsqu'il obtient que le Congrès adopte la loi générale anti-apartheid qui impose des sanctions à l'Afrique du Sud tant qu'elle n'aura pas rempli certaines conditions, dont la libération de Nelson Mandela et l'établissement d'un calendrier en vue de l'élimination de l'apartheid.

1984

Le président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, meurt à la Cleveland Clinic (Ohio) des suites d'une opération cardiaque. Il dirigeait le pays depuis son accession à l'indépendance en 1958 et avait souvent été en désaccord avec les États-Unis. Il avait invité le militant des droits de l'homme Stokely Carmichael à venir vivre en Guinée : Carmichael et sa femme d'alors, la chanteuse sud-africaine et activiste Miriam Makeba, étaient venus s'installer à Conakry en 1969 ; il y a vécu jusqu'à sa mort en 1998.

On estime à au moins 40.000 le nombre des soldats cubains en Angola. Leur présence attise l'hostilité du gouvernement Reagan à l'encontre du MPLA et raffermit son soutien de l'UNITA dirigée par Jonas Savimbi (appuyé par l'Afrique du Sud) dans ce conflit qu'une grande partie de l'Afrique considère comme une guerre par procuration entre les États-Unis et l'URSS. Dans le même temps, la société pétrolière américaine Gulf Oil exploite des gisements de pétrole dans la province de Cabinda contrôlée par le MPLA. Gulf deviendra ChevronTexaco qui est à l'heure actuelle la société pétrolière la plus importante en Angola.

1988

22 décembre : après 24 mois de négociations sous la direction de Chester Crocker, secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines, l'Angola, Cuba et l'Afrique du Sud signent les Accords de New York, qui officialisent le cessez-le-feu. Ils accordent également son indépendance à la Namibie et prévoient de retrait des troupes cubaines de l'Angola.

1990

11 février : le chef anti-apartheid sud-africain Nelson Mandela est relâché de prison après 27 ans de détention.

1992

Octobre : signature des accords de paix de Rome qui mettent fin à dix-sept longues années de guerre civile au Mozambique.

9 décembre : des forces américaines entrent en Somalie pour l'opération Restore Hope, menée conjointement par les Nations unies et les États-Unis pour apporter une aide alimentaire aux victimes affamées de la guerre civile.

1993

Octobre : 18 soldats américains sont tués dans un raid sur Mogadiscio. Peu après, le président Clinton ordonne le retrait des troupes américaines de Somalie. Cet incident entre dans l'imaginaire américain avec le film Black Hawk Down (La chute du faucon noir).

 

1994

6 avril : début du génocide au Rwanda après que le président Juvénal Habyarimana trouve la mort quand son avion est abattu.

27 avril : premières élections vraiment démocratiques en Afrique du Sud ; Nelson Mandela devient le premier président noir du pays, marquant la fin de l'apartheid et de la domination de la minorité blanche.

18 juillet : fin du génocide au Rwanda, après que près de 800.000 Rwandais ont été tués. Pendant les 100 jours qu'a duré le massacre, le gouvernement américain n'a rien fait.

1995

2 février : les États-Unis appuient une résolution des Nations unies en vue de la création à Arusha (Tanzanie) d'un tribunal spécial international pour crimes de guerre chargé de juger les responsables du génocide rwandais.

1996

Lancement d'un programme militaire américain chargé d'entraîner les troupes au Mali, au Ghana, en Ouganda et au Nigéria.

1998

23 mars-2 avril : le président Clinton se rend en Afrique subsaharienne ; c'est la première visite en 20 ans d'un président américain dans cette partie du continent.

7 août : les ambassades des États-Unis en Tanzanie et au Kénya font l'objet d'une attaque à la bombe. Ces attaques sont attribuées à Al-Qaïda.

1999

L'Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) visant à accroître les exportations africaines aux États-Unis entre en vigueur.

2001

Juillet : création de l'Africa Education initiative (Initiative pour la promotion de l'éducation en Afrique) qui vise à renforcer l'enseignement fondamental en Afrique.

2002

22 février : le chef de l'UNITA, Jonas Savimbi, est tué en Angola et six semaines plus tard, un accord de cessez-le-feu est signé, mettant fin à 27 ans de guerre civile dans le pays.

9 juillet : l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la Communauté économique africaine (CEA) fusionnent pour créer l'Union africaine (UA).

Novembre : le Camp Lemonier, ancienne base militaire française à Djibouti, devient le site de la Combined Joint Task Force - Horn of Africa (CJTF-HOA), extension du Commandement central sous la direction de la marine américaine. Les 1.500 civils et militaires qui y sont en poste constituent la première base militaire américaine de l'Afrique moderne.

2003

28 janvier : dans son discours sur l'état de l'Union, le président George W. Bush annonce le lancement du President's Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR, Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida)

Février : le président Bush annonce le lancement d'un nouvel effort dans la lutte contre la faim et la famine partout dans le monde, reconnaissant que 30 millions de personnes en Afrique, dont 14 millions dans la seule Éthiopie, risquent de mourir de faim ou font face à de graves pénuries alimentaires,.

8-12 juillet : le président Bush se rend en visite dans 5 pays de l'Afrique subsaharienne (le Botswana, le Nigéria, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda).

Août : le président libérien Charles Taylor s'exile sous la pression des États-Unis et d'autres pays et un petit contingent militaire américain se joint aux forces nigérianes de maintien de la paix pour essayer d'apporter la stabilité dans ce pays ravagé par la guerre.

2004

Le président Bush crée la Millennium Challenge Corporation (Société du compte du millénaire) qui a pour mission de réduire la pauvreté à l'échelle mondiale en favorisant une croissance économique durable. On trouve 23 pays africains sur la liste des 63 pays habilités à soumettre des propositions à des fins de financement.

Juin : le président Bush et ses partenaires du G8 rencontrent les dirigeants de l'Algérie, du Ghana, du Sénégal, d'Afrique du Sud et de l'Ouganda. Les discussions portent sur les défis auxquels fait face l'Afrique, la promotion d'une croissance tirée par le secteur privé et la lutte contre le VIH-sida et la pauvreté.

2005

9 janvier : la signature de l'Accord de paix global à Nairobi met fin à la guerre civile dans le Sud du Soudan.

Juin : le président Bush annonce le lancement de la President's Malaria Initiative (Initiative présidentielle contre le paludisme).

2007

6 février : le ministère de la défense annonce la création d'un nouveau commandement pour l'Afrique, l'AFRICOM, chargé de coordonner les intérêts militaires et sécuritaires américains dans tout le continent. L'annonce génère une tempête inattendue de critiques dans toute l'Afrique.

1er octobre : l'AFRICOM est établi comme sous-commandement du Commandement européen, dont le quartier général est à Frankfort (Allemagne).

2008

15-21 février : le président Bush se rend en Afrique pour la deuxième fois ; il visite le Bénin, le Ghana, le Libéria, le Rwanda et la Tanzanie.

Barak Obama, dont le père est kényan, devient le premier Afro-Américain à être désigné candidat à la présidence par un parti politique majeur. La campagne est suivie de près partout dans le monde car cette investiture est le signe d'un changement majeur de l'attitude des Américains envers la race. Les Africains surtout suivent la campagne, qui tend à renforcer les opinions déjà pro-américaines de la région.

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