17 septembre 2008
Il s'agit d'une évolution politique selon le porte-parole du département d'État.
Washington - Le gouvernement Bush n'a pas encore examiné en détail l'accord politique, long d'une cinquantaine de pages, que le président du Zimbabwé, M. Robert Mugabe, et le chef de l'opposition, M. Morgan Tsvangirai, ont conclu le 11 septembre, mais le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a fait part du soutien général des États-Unis à cet accord tout en préconisant qu'il soit « appliqué fidèlement ».
En vertu de cet accord, dont la conclusion a été facilitée par le président de l'Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, M. Mugabe doit céder certains des pouvoirs qu'il détient depuis son accession à la présidence en 1980 à M. Tsvangirai, qui est à la tête du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et qui doit devenir premier ministre. Le MDC a obtenu la majorité au Parlement lors des élections législatives du 29 mars.
Ce parti politique est en faveur du nouvel accord, et c'est pourquoi les États-Unis y sont aussi favorables, a indiqué M. McCormack le 16 septembre.
« Nous osons espérer, a-t-il dit, qu'il sera appliqué, non seulement à la lettre mais aussi en respectant son esprit, et que les résultats de son application traduiront la volonté du peuple zimbabwéen telle que celui-ci l'a exprimée durant les élections récentes. »
De hauts responsables des États-Unis attendent encore de recevoir un exemplaire de cet accord pour l'examiner en détail.
« Il s'agit là d'un reflet de la politique zimbabwéenne et d'une tentative de faire progresser cette politique » et également « d'une évolution politique au Zimbabwé ».
M. McCormack a rendu hommage à la communauté internationale pour avoir maintenu son attention sur ce pays tout au long de la crise politique, qui a été marquée par des actes de violence et d'intimidation orchestrés par le gouvernement à l'encontre de l'opposition.
Il est « réconfortant », a-t-il dit, que la politique zimbabwéenne paraisse avoir atteint un point où les deux camps ont réussi à conclure un accord de partage du pouvoir et à convenir de l'appliquer.
Le 15 septembre, la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, a déclaré que le gouvernement Bush souhaitait voir de « véritables changements » au Zimbabwé. Selon le quotidien The Washington Post, elle a dit : « Nous aurons à réserver notre jugement final jusqu'à ce que nous puissions étudier l'accord et être mieux informés de la composition du nouveau gouvernement (…) Nous sommes optimistes et nous comptons certainement œuvrer de concert avec Morgan Tsvangirai en sa qualité de premier ministre alors qu'il tentera de remettre sur pied l'économie de son pays. »