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13 mai 2008

Un nouveau musée du journalisme encourage le libre échange de l'information

Selon ses fondateurs, le « Newseum » est le musée le plus technologiquement avancé et interactif du monde.

 
Panneau et carte au « Newseum »
« La liberté de presse mondiale » est un des principaux thèmes du « Newseum ». (Photo Dép. d'État/Steve Kaufman)

Washington - Le « Newseum » a ouvert ses portes au public le 11 avril, sur la célèbre avenue de la Pennsylvanie à quelques pas de l'édifice du Capitole. Ce musée consacré au journalisme et à l'impact de cette industrie à travers l'histoire a pour mission d'informer ses visiteurs sur les divers rôles que jouent les médias. Le « Newseum » cherche aussi à approfondir leur connaissance des droits et des responsabilités qu'implique la liberté d'expression.

À l'occasion d'une avant-première le 8 avril 2008, M. Peter Pritchard, le président du « Newseum », a déclaré à des membres de la presse et à d'autres invités qu'il espèrait que « si les premiers à visiter le musée sont de simples touristes, ils en ressortiront des citoyens mieux informés. »

Malgré la récente évolution vers des médias plus technologiquement avancés que les médias traditionnels des journaux et de la radio, certaines « vérités journalistiques » gardent encore beaucoup d'importance pour le public, a dit M. Pritchard, en ajoutant que « la faim des actualités n'a jamais été aussi vivement ressentie qu'elle l'est aujourd'hui, à travers le monde entier, et (…) la démocratie ne peut exister nulle part sans le libre échange des informations. »

Parmi les objets historiques exposés au « Newseum » figurent des sections du Mur de Berlin jointes à une tour de guet reconstruite, et les vestiges d'une antenne de télévision qui se trouvait au sommet de l'une des tours jumelles du Centre d'affaires internationales à New York. Mais on y trouve également des objets personnels, tels que la canne de M. Pius Njawé, un journaliste et défenseur de la liberté de presse camerounais qui a été arrêté plus de 125 fois et emprisonné pour avoir publié des textes considérés comme inconvenants par les autorités camerounaises.

Le musée contient aussi un mémorial aux 1.843 journalistes qui sont morts pendant qu'ils effectuaient des reportages à travers le monde entre 1837 et 2007.

Ce projet de 450 millions de dollars comprend aussi quinze salles de théâtre et quatorze galeries qui hébergent plus de 130 éléments interactifs et présentent 23 heures de vidéo. Lors de l'avant-première du « Newseum », M. Charles Overby, le conservateur du musée, a déclaré que le projet fini représente « le musée le plus technologiquement avancé et le plus interactif du monde. »

Galeries interactives au « Newseum »
Le « Newseum » se sert de galeries interactives pour chroniquer l'histoire du journalisme. (Photo Dép. d'État/Steve Kaufman)

Les visiteurs peuvent aussi se rendre aux deux studios de télévision où certains programmes d'actualités américaines sont produits, notamment l'émission « This Week » (« Cette semaine ») animée par le politologue George Stephanopoulos et diffusés par la chaîne American Broadcasting Company (ABC). Les visiteurs peuvent même faire des essais de reportages télévisés devant la Maison-Blanche ou d'autres célèbres monuments de Washington, et en garder les enregistrements vidéo qui leur sont remis gratuitement par le personnel du studio.

« Nous avons construit ce musée afin d'amuser, d'inspirer et d'informer le public sur la presse libre » a affirmé M. Overby.

Victoires et échecs de la presse

Certaines sections du musée sont consacrées à divers cas où les médias ont échoué dans leur mission de transmettre au public des informations correctes et objectives. Dans certains cas, il a été question de simples inexactitudes des informations diffusées. Mais d'autres épisodes révèlent des cas de partialité éditoriale, d'abus des sources informatives et de tromperie délibérée.

Mais il existe aussi des collections qui présentent les grandes victoires journalistiques, telles que les reportages du Washington Post sur le cambriolage de l'Hôtel Watergate, qui, en 1972, ont finit par exposer les abus de pouvoir du gouvernement du président Nixon.

Une grande partie de l'exposition du « Newseum » se réfère à l'histoire du journalisme aux États-Unis et au rôle qu'a joué le premier amendement de la Constitution américaine (qui garantit la liberté de presse) en vue d'assurer aux journalistes la capacité d'exercer leur métier. Cependant, M. Joel Urschel, le directeur du musée, a indiqué que le « Newseum » offrait également un regard « mondial » sur la diffusion des actualités, grâce à des galeries consacrées à la liberté de presse à travers le monde et une exposition quotidienne des journaux internationaux.

M. Urschel a expliqué que la présence des soixante tonnes de béton provenant du Mur de Berlin est symbolique du fait que même si l'ancien régime de l'Allemagne de l'Est avait réussi à emprisonner ses citoyens au cours de plusieurs décennies, il n'était pas parvenu pour autant à bloquer l'entrée des actualités et autres informations provenant de l'Europe occidentale et des États-Unis d'Amérique.

« Nous sommes d'avis que les actualités et l'information ont motivé les Allemands à lutter énergiquement pour la liberté » a-t-il dit.

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