13 mai 2008
Communiqué du département d'État

Washington - Le gouvernement Bush a condamné le recours à la violence par les forces de sécurité du gouvernement zimbabwéen à l'encontre des partisans de l'opposition et critiqué la commission électorale zimbabwéenne pour avoir annoncé son intention de recompter les suffrages exprimés lors de l'élection présidentielle du 29 mars.
Le porte-parole du département, M. Sean McCormack, a déclaré que des membres des forces zimbabwéennes de sécurité et des partisans du parti au pouvoir, le ZANU-PF, avaient eu recours à la violence et à l'intimidation à la suite des élections législatives et présidentielle du mois dernier.
« Ces incidents paraissent viser des personnes qui ont voté contre des candidats du ZANU-PF lors de ces élections », indique le communiqué que le département d'État a diffusé le 11 avril.
Après avoir demandé au gouvernement Mugabe de cesser immédiatement de commettre de tels actes, de faire preuve de retenue et de respecter les droits de l'homme, ce communiqué souligne que, pour les États-Unis, « la violence ou l'intimidation n'a nulle place dans une société démocratique ».
Par ailleurs, dans sa mise à jour des conseils aux voyageurs américains qui désirent se rendre au Zimbabwé, le département d'État indique que certains membres des forces armées et de la police, ainsi que des anciens combattants, « créent un climat d'intimidation et de crainte dans tout le pays ».
Cette mise à jour en date du 11 avril attire l'attention sur le fait que ces forces sont particulièrement actives dans les zones rurales et dans les quartiers très peuplés de la périphérie de Harare. « Des partisans de l'opposition ont fait l'objet d'attaques, des exploitations agricoles ont été envahies et des responsables électoraux accusés d'avoir falsifié des bulletins de vote ont été arrêtés. Le risque de détention ou d'arrestation arbitraires persiste. »
Le 15 avril, le président Bush a téléphoné au secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, au sujet de la situation au Zimbabwé, et lui a dit, selon le porte-parole du conseiller pour la sécurité nationale de la Maison-Blanche, M. Gordon Johndroe, qu'il était important de remédier à cette situation d'une façon pacifique et sans tarder, car elle durait depuis trop longtemps.
Pour sa part, M. McCormack a déclaré à la presse, le 15 avril, que le Zimbawé était « en crise » tant sur le plan politique, parce que la commission électorale zimbabwéenne refusait d'annoncer les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars, que sur le plan économique, parce que la politique appliquée depuis longtemps par le gouvernement avait entraîné une hyperinflation, des pénuries de vivres et la généralisation du chômage.
Bien qu'elle n'ait jamais rendu publics les résultats de l'élection présidentielle, la commission électorale, qui se compose de personnes nommées par le gouvernement, préconise maintenant un nouveau comptage des suffrages exprimés.
M. McCormack a critiqué cette idée en faisant remarquer que les bulletins de vote et les urnes électorales n'avaient pas fait l'objet d'une protection suffisante depuis l'élection du 29 mars. « N'importe quoi aurait pu se passer entre le jour de l'élection et le jour du recomptage, et c'est là une source de préoccupation tant pour les États-Unis que pour d'autres pays », a-t-il dit.