La démocratie dans le monde | La libre expression des peuples

30 juin 2008

M. Bush préconise l'application de nouvelles sanctions au gouvernement zimbabwéen.

Les États-Unis maintiendront leur aide alimentaire et médicale à ce pays.

 

Washington - À la suite de la décision du gouvernement zimbabwéen d'organiser le 27 juin un simulacre de second tour de l'élection présidentielle après avoir orchestré une campagne de violence contre l'opposition politique, le président Bush a annoncé que les États-Unis allaient prendre de nouvelles sanctions contre ce gouvernement et qu'ils allaient œuvrer de concert avec des États membres de l'ONU en vue d'agir avec énergie pour contribuer au dénouement de la crise.

« La communauté internationale a condamné la campagne impitoyable de violence et d'intimidation menée par le gouvernement Mugabe à des fins politiques, d'une voix forte et unie qui montre clairement que l'élection qui a eu lieu hier n'a été nullement libre ni honnête », a-t-il déclaré le 28 juin.

M. Bush a indiqué qu'il avait demandé à sa secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, et à son ministre des finances, M. Henry Paulson, de préparer des « sanctions contre le gouvernement illégitime du Zimbabwé » et contre ceux qui le soutenaient. Les États-Unis, a-t-il dit, insisteront pour que les Nations unies « agissent vigoureusement, notamment en décrétant un embargo sur les livraisons d'armes à destination du Zimbabwé et une interdiction des déplacements à l'étranger des membres du gouvernement ». En outre ils continueront d'œuvrer de concert avec l'Union africaine et la Communauté de développement de l'Afrique australe pour dénouer cette crise.

Un gouvernement légitime au Zimbabwé doit refléter les résultats des élections du 29 mars, où le parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a obtenu la majorité des suffrages, et il doit aussi représenter les intérêts de tous les Zimbabwéens, a fait remarquer le président.

« Les États-Unis, a-t-il ajouté, sont prêts à apporter un soutien à un gouvernement légitime sous forme d'aide au développement, d'allégement de la dette et de normalisation des relations avec les institutions financières internationales. En attendant, nous continuerons de venir en aide au peuple zimbabwéen en fournissant une aide alimentaire à plus de 1 million de personnes et un traitement contre le sida à plus de 40.000 personnes. »

La réaction du groupe des Huit (G8)

Les ministres des affaires étrangères des États membres du group des Huit (l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie) ont diffusé, le 27 juin, une déclaration commune dans laquelle ils déplorent la campagne systématique de violence, d'obstruction et d'intimidation du gouvernement Mugabe, « qui a rendu impossible un second tour libre et honnête de l'élection présidentielle ».

Dans leur déclaration, les ministres, qui étaient réunis à Kyoto (Japon), expriment également leur profonde inquiétude au sujet de la suspension par le gouvernement zimbabwéen de l'aide humanitaire et préconisent la reprise immédiate de cette aide destinée aux Zimbabwéens dont la situation est la plus précaire.

« Nous faisons remarquer, disent-ils, que les résultats des élections du 29 mars 2008 doivent être respectés et que tout dialogue entre les parties doit permettre la formation d'un gouvernement légitime. Nous ne reconnaîtrons la légitimité d'aucun gouvernement qui ne reflète pas la volonté du peuple zimbabwéen. »

Alors qu'elle se rendait à Séoul (Corée du Sud) le 28 juin, la secrétaire d'État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, a qualifié de « particulièrement énergique » la déclaration du groupe des Huit et indiqué que les délégués des États-Unis à l'ONU préparaient de nouvelles mesures, notamment un projet de résolution pour le Conseil de sécurité, avant que la présidence de ce conseil par les États-Unis arrive à expiration le 1er juillet.

« Les États-Unis, a-t-elle dit, feront tout ce qui est en leur pouvoir en vue de (…) l'adoption de sanctions adaptées. Je pense que l'on va voir l'Europe agir davantage. »

Il est temps, a-t-elle souligné, que la communauté internationale agisse. « Il est difficile d'imaginer que quiconque puisse ne rien faire vu ce que nous observons sur le terrain au Zimbabwé. »

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?