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26 juin 2008

Un règlement négocié serait la meilleure solution au Zimbabwé

Le président Mugabe fait actuellement obstacle à des négociations.

 
Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, toujours réfugié à l'ambassade des Pays-Bas, appelle au dialogue.

Washington - Les États-Unis estiment qu'un règlement politique négocié entre les deux grands partis politiques du Zimbabwé, l'Union nationale africaine du Zimbabwé - Front patriotique ( ZANU-PF) et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), est le meilleur moyen de dénouer la crise politique empreinte de violence qui s'est aggravée depuis les élections du 29 mars.

« Nous souhaitons que les partis politiques au Zimbabwé parviennent à un accord négocié. Il s'agit essentiellement d'un problème politique qui exige une solution politique », a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du département, Tom Casey, le 25 juin, en ajoutant que c'était là aussi le point de vue du Conseil de sécurité de l'ONU et des États limitrophes de ce pays.

Toutefois, le président sortant, M. Robert Mugabe, fait obstacle à des négociations, a dit M. Casey. Il a l'intention d'organiser comme prévu le second tour de l'élection présidentielle le 27 juin, bien que le candidat de l'opposition, M. Morgan Tsvangirai, du MDC, ait décidé de ne plus se présenter après des semaines marquées par la campagne d'intimidation et de violence que le gouvernement mène contre les partisans de ce mouvement.

La plupart des membres de la communauté internationale, dont les États-Unis, avaient conclu avant le retrait de la candidature de M. Tsvangirai que le second tour de l'élection présidentielle ne serait ni libre ni honnête.

« Je ne pense pas, a dit M. Casey, que jusqu'à présent quiconque ait observé chez M. Mugabe le moindre intérêt pour tenter de faire ce qui est le mieux pour son pays et pour ses concitoyens.

« À vrai dire, c'est plutôt tragique de voir quelqu'un qui aimerait se considérer comme celui qui a fait accéder son pays à l'indépendance aussi résolu à poursuivre son avantage personnel et son amour du pouvoir au détriment de ses concitoyens et de son pays. »

M. Tsvangirai s'est réfugié à l'ambassade des Pays-Bas à Harare. Le chef de l'opposition « a tout lieu de s'inquiéter » de la possibilité d'actes de violence dirigés contre lui, contre ses partisans et contre d'autres Zimbabwéens, a fait remarquer M. Casey en rappelant son passage à tabac par la police en mars 2007.

Les représentants des États membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) se sont actuellement réunis pour se pencher sur la situation au Zimbabwé. Les États-Unis souhaitent qu'ils jouent un rôle actif dans le dénouement de la crise. « Nous pensons, a dit M. Casey, que les États membres de la SADC sont les mieux placés pour avoir une influence sur M. Mugabe et pour faciliter les efforts de la communauté internationale visant à parvenir à un règlement politique. »

Le porte-parole adjoint du département d'État a cité à cet égard l'action de l'Union africaine en faveur de la cessation des troubles politiques au Kénya, au début de cette année, comme un exemple de ce que les pays africains peuvent faire lorsqu'ils agissent de concert.

« Il s'agit d'une situation difficile. Le Conseil de sécurité vient de la reconnaître comme faisant peser une menace sur la paix et la sécurité de la région et c'est aussi une situation où, pensons-nous, les dirigeants africains peuvent jouer un rôle très important pour parvenir à une solution. »

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