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20 juin 2008

Le second tour de l'élection présidentielle au Zimbabwé ne saurait être libre et équitable

Mme Rice réclame une action internationale plus ferme.

 
M. Robert Mugabe
La communauté internationale décrie de plus en plus la violence infligée sur le peuple zimbabwéen par le gouvernement Mugabe.

Washington - Alors qu'il reste peu de temps avant le second tour de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu le 27 juin au Zimbabwé, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a affirmé que la campagne de violence et d'intimidation orchestrée par les partisans du président Robert Mugabe contre ceux de son adversaire Morgan Tsvangiraï montrait que le gouvernement n'avait aucune intention d'organiser un scrutin libre et équitable.

Le 19 juin, lors d'une table ronde organisée aux Nations unies à New York, Mme Rice a déclaré : « Par ses actions, le gouvernement Mugabe ne peut même plus prétendre que le scrutin du 27 juin se déroulera de façon libre et équitable. Nous avons atteint le moment où une action internationale plus vaste et plus ferme est nécessaire. »

M. Mugabe nie toute responsabilité dans la vague de violence qui déferle sur le pays depuis les élections présidentielle et législatives du 29 mars dernier. Or, le 13 juin, il a brandi la menace d'une guerre civile s'il ne remportait pas le second tour de l'élection présidentielle.

Cette table ronde, présidée par Mme Rice et le ministre burkinabè des affaires étrangères, M. Djibrill Bassolé, avait été convoquée afin « de clairement signifier que ce qui se passe au Zimbabwé est inacceptable », a déclaré Mme Rice à la presse à l'issue de la réunion. Elle a précisé que le Conseil de sécurité organiserait une réunion officielle au sujet du Zimbabwé dans le courant de la semaine du 23 juin.

Les voisins du Zimbabwé au sein de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ont également intensifié leurs critiques de M. Mugabe et de ses militants du ZANU-PF. Le 18 juin, le ministre tanzanien des affaires étrangères, M. Bernard Membe, a déclaré : « Tout donne à penser que ces élections ne seront jamais libres et équitables. »

Tendai Biti, le numéro deux de l'opposition au gouvernement Mugabe
Tendai Biti, en rouge, a été amené au palais de justice de Harare les jambes en fers, accusé de trahison. Il risque la peine de mort.

La Tanzanie, le Swaziland et l'Angola dirigent un groupe de 380 observateurs électoraux de la SADC au Zimbabwé. M. Membe a rapporté que certains des observateurs déjà sur le terrain avaient vu deux personnes se faire abattre devant eux.

« Bien entendu, la plupart de ces observateurs ont pris peur, au point qu'ils ont commencé à se demander pourquoi ils étaient là, et ce qu'ils faisaient », a déclaré M. Membe à la BBC, ajoutant que tous les efforts du candidat de l'opposition, M. Tsvangiraï, étaient sapés pour le gouvernement. « À chaque fois qu'il essaie de faire campagne, il est détenu à un commissariat de police. »

Les États-Unis déboursent plusieurs millions de dollars à l'appui des missions d'observation afin d'encourager plus d'observateurs à venir et de leur fournir les ressources dont ils ont besoin pour faire leur travail. Mme Rice a exhorté la SADC et l'Union africaine à « envoyer le plus d'observateurs possible, le plus tôt possible, et à exiger qu'ils aient entière liberté de faire leur travail ».

M. Mugabe, qui dirige le Zimbabwé depuis que ce pays a obtenu son indépendance, en 1980, « a gâché le potentiel d'un pays qu'il a mené à l'indépendance et qui a été autrefois considéré comme le joyau de l'Afrique. Il est en train de le transformer en un État déchu qui menace non seulement la vie de ses citoyens, mais aussi la sécurité et la stabilité de l'ensemble de l'Afrique australe », a dit Mme Rice.

Elle a précisé que dans l'éventualité d'une transition démocratique, les États-Unis soutiendraient pleinement les efforts du pays pour « reconstruire son économie, réduire l'inflation et respecter la règle de droit ».

Le 18 juin, le Bureau du département d'État chargé de la démocratie, des droits de l'homme et du travail a publié une fiche analytique détaillant la campagne de violence politique déclenchée par les partisans du président Mugabe contre les membres de l'opposition. Cette campagne comprend notamment des assassinats, le recours à la torture, l'intimidation des militants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et la détention de ses dirigeants.

Ce Bureau a recensé 3.000 attaques politiques qui ont fait 54 morts, 200 disparus, plus de 30.000 déplacés et 3.000 blessés.

Le 19 juin, un tribunal d'Harare a accusé le secrétaire général du MDC, M. Tendaï Biti, de trahison. M. Biti, qui a été arrêté à son retour d'Afrique du Sud, risque la peine de mort. Le 13 juin, la Maison-Blanche a déclaré que cette arrestation était injustifiée et a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'agir.

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