13 juin 2008
Le régime Mugabe se sert de l'aide alimentaire comme d'une arme afin de manipuler les élections.
Washington - Le 6 juin, l'aide humanitaire que les États-Unis destinaient aux enfants Zimbabwéens affamés a été détournée par l'armée et la police et distribuée aux membres du parti au pouvoir. Ceci confirme que le gouvernement se sert de la nourriture comme arme pour décourager toute opposition politique au président Robert Mugabe.
Dans un communiqué publié le 12 juin, l'administratrice de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Mme Henrietta Ford, a qualifié l'action du gouvernement Mugabe d'inadmissible. « Il est inadmissible que le gouvernement du Zimbabwé vole la nourriture des enfants qui ont faim. »
Selon l'USAID, le gouverneur du Manicaland a ordonné à l'armée et à la police de détourner un camion qui transportait 20 tonnes de vivres que les États-Unis destinaient aux écoliers du pays, et de les distribuer aux militants du ZANU-PF qui s'étaient rassemblés pour une réunion politique dans le district de Mutare.
« Dans le contexte de l'actuelle insécurité alimentaire et de la violence qui se sont récemment propagées dans le pays, cette action constitue un nouvel affront au peuple du Zimbabwé et aux organisations humanitaires qui tentent d'aider les citoyens les plus vulnérables du pays, a dit Mme Ford. Cela constitue également un vol organisé de la propriété du gouvernement des États-Unis. Les responsables devraient répondre de leurs actes devant la justice. »

Au département d'État, le porte-parole adjoint Gonzalo Gallegos a déclaré, le 12 juin, que le gouvernement Mugabe prenait « des mesures extraordinaires, et franchement horribles, pour conserver le pouvoir. Mais en refusant de la nourriture aux enfants, ce régime est tombé à un niveau que nous voyons rarement. »
Dès le 6 juin, l'ambassadeur des États-Unis auprès du Zimbabwé, M. James McGee, avait déclaré à la presse qu'alors que le second tour de l'élection approchait, le gouvernement se servait de la nourriture comme d'une arme contre le parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), en fournissant des vivres à ses membres uniquement en échange de leur carte d'identité, ce qui signifie qu'ils ne pourront pas voter le 27 juin. La seule façon pour eux, avait-il souligné, d'obtenir de la nourriture était de renoncer à leur droit de vote.
M. Gallegos a demandé au gouvernement Mugabe de redonner immédiatement l'autorisation à toutes les agences humanitaires de reprendre leurs activités. « Si le gouvernement zimbabwéen ne le fait pas, cela signifie qu'il est complice de la persécution, de la souffrance et de la mort de citoyens innocents. »
Le département d'État a également condamné l'arrestation, par le gouvernement Mugabe, du secrétaire général du MDC, M. Tendai Biti, à son retour d'Afrique du Sud.
« C'est un autre exemple de leurs efforts concertés pour s'assurer que le parti d'opposition ne peut pas faire campagne efficacement », a dit M. Gallegos. Les États-Unis continuent de prendre note de ces abus et de consulter les parties concernées dans la région.
« Le monde entier prend note. Et si ce gouvernement n'autorise pas un second tour libre et juste, il devra, au bout du compte, payer, d'une façon ou d'une autre. Il devra rendre des comptes. »