07 juillet 2008
Revue électronique du département d'État : Les marchés et la démocratie
La Commission de la Banque mondiale sur la croissance et le développement a récemment publié un rapport analysant les facteurs responsables de la croissance économique dans les pays en développement. Selon ce groupe d'experts internationaux, au nombre desquels on trouve deux prix Nobel, l'une des clés de cette croissance réside dans l'existence de « gouvernements crédibles, représentatifs et pragmatiques ». La « qualité du débat » sur la politique publique du pays, la fermeté de la lutte contre la corruption et l'égalité des chances - toutes caractéristiques généralement associées avec les systèmes démocratiques - étaient parmi les autres facteurs identifiés par la Commission.
Le diagramme montre la même chose. Lorsque l'on compare la liste des 20 premiers pays de l'Indice de liberté économique à celle des 20 premiers de l'Indice de la démocratie, des chevauchements apparaissent : treize pays sont inscrits dans les deux listes. Il semblerait donc qu'il existe à tout le moins un lien entre les marchés libres productifs et les formes démocratiques de gouvernement.
Michael Mandelbaum, auteur d'un récent Democracy's Good Name (La bonne réputation de la démocratie) va plus loin. « La principale source de la démocratie politique » écrit-il dans ce numéro de eJournal USA « est une économie de marché. S'il y a eu et s'il y a encore des pays qui pratiquent une économie de marché sans souscrire à une politique démocratique, au XXIe siècle, pas un seul pays démocratique n'a pas d'économie de marché ». Pourtant, l'an dernier, dans la prestigieuse revue Foreign policy, le professeur de théorie politique Robert Reich publiait un article intitulé « Comment le capitalisme tue la démocratie ».
À l'évidence, les rapports entre les marchés et la démocratie ne sont pas aussi simples qu'il y paraît. Depuis la publication, en 1776, de la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations par Adam Smith, des penseurs aussi éminents que Max Weber, Joseph Schumpeter et Lester Thurow examinent les rapports complexes entre ces deux concepts. Les marchés libres peuvent-ils exister en l'absence de démocratie ? Qu'est ce qui vient d'abord, le marché libre ou la démocratie ? La puissante incitation universelle de la croissance économique peut-elle amener plus de démocratie dans les pays non démocratiques ?
Les experts internationaux consultés pour ce numéro offrent des réponses et soulignent des variables telles que les possibilités de création de richesse, le rôle de la confiance publique et les concepts de participation du peuple et de responsabilité de l'État. Notre objectif n'est toutefois pas de résoudre ce débat intellectuel vieux de plusieurs siècles, mais d'aider nos lecteurs à mieux saisir différents aspects d'une question qui est sans aucun doute d'une importance majeure pour tous dans le monde actuel.
La rédaction