La démocratie dans le monde | La libre expression des peuples

11 décembre 2008

M. Gates évoque les défis de sécurité que devra relever M. Obama

Aux États-Unis, la politique étrangère transcende traditionnellement les luttes partisanes.

 
Joe Biden, Robert Gates et Barack Obama
Le président élu serre la main du ministre de la défense, M. Robert Gates, en companie du vice président élu, M. Joe Biden.

Washington - Quelques jours seulement après l'élection du 4 novembre, le président nouvellement élu, M. Barack Obama, a visité la Maison-Blanche avec le président Bush. Il s'est ensuite rendu discrètement à la caserne de pompiers jouxtant les pistes d'atterrissage de l'aéroport national Ronald Reagan, où il a eu un entretien avec le ministre de la défense, M. Robert Gates, pour lui demander s'il accepterait de rester à son poste.

En acceptant l'offre de M. Obama, M. Gates devient le premier ministre de la défense de l'histoire des États-Unis à rester en poste après un changement de gouvernement, fait sans précédent même lorsque le nouveau président élu est du même parti politique que le président sortant.

« Si un président me demande de l'aider, je ne peux pas refuser », a dit M. Gates.

D'un point de vue historique, les relations du président avec son ministre de la défense constituent l'un des facteurs les plus importants du succès de la politique de sécurité. Si M. Gates se considère comme un républicain sur le plan philosophique, il n'a déclaré son affiliation politique qu'après avoir quitté Washington en 1993 pour devenir le président de l'université A&M du Texas. Cette discrétion reflète sa conviction selon laquelle les chicaneries politiques ne sont pas de mise dans la conduite de la politique étrangère.

« Lorsque j'étais à la CIA, a-t-il dit, j'ai pensé qu'un agent du renseignement, tout comme un officier de l'armée, ne devait pas faire de la politique. Alors je ne me suis inscrit à aucun parti. »

M. Gates est entré à la CIA en 1966 en tant qu'analyste et y est resté vingt-sept ans. Il a servi cinq présidents des partis démocrate et républicain et a décrit en détail sa carrière dans son ouvrage intitulé From the Shadows : The Ultimate Insiders Story of Five Presidents and How They Won the Cold War.

 

Accorder la priorité aux solutions pragmatiques par rapport aux luttes partisanes dans le domaine de la politique étrangère est la règle aux États-Unis, phénomène qui, selon les politogues, se manifeste dans la décision du nouveau président de mettre sur pied une équipe de sécurité offrant divers points de vue politiques. C'est ce qu'il a fait en maintenant M. Gates à son poste et en invitant Mme Hillary Clinton, son ancienne adversaire dans la course à l'investiture du parti démocrate, à devenir sa future secrétaire d'État (ministre des affaires étrangères).

« Je pense que M. Obama a clairement indiqué qu'il voulait s'entourer de gens qui pourraient lui dire ce qu'ils pensaient et lui donner les meilleurs conseils possibles, a dit M. Gates. Il ne fait aucun doute qu'il y aura des divergences de vues au sein de l'équipe et qu'il appartiendra au président de prendre les décisions.»

Les progrès réalisés en Irak sur les plans de la politique et de la sécurité, qui se sont traduits par la conclusion d'un nouvel accord de sécurité avec les États-Unis, a-t-il expliqué, ont fondamentalement changé la situation sur le terrain. Ils créent les conditions nécessaires au début du retrait des forces américaines du pays, ce qui est une question prioritaire pour le futur gouvernement de M. Obama.

Aux termes de l'accord de sécurité passé entre les États-Unis et l'Irak, les forces de la coalition dirigée par les États-Unis se redéployeront sur des bases situées en dehors des villes irakiennes et se retireront complètement du pays d'ici à 2011, calendrier que M. Obama souhaite accélérer pour achever le retrait des troupes d'ici à avril 2010.

« La question est de savoir comment le faire de façon responsable. Personne ne veut compromettre les progrès réalisés, souvent au prix de grands sacrifices de la part de nos soldats et des Irakiens, a dit M. Gates. Nous devons collaborer avec les commandants sur le terrain et faire nos meilleurs recommandations au président.»

Aider les Afghans à instaurer la sécurité dans leur pays et à le reconstruire est un autre dossier prioritaire. Il faudra pour ce faire intensifier les programmes de formation destinés à renforcer les forces afghanes de sécurité et accroître les partenariats avec les autorités pakistanaises qui sont aux prises avec des extrémistes qui sévissent dans leur région frontalière avec l'Afghanistan.

Le troisième grand dossier sera celui de la fermeture du centre de détention de la base navale des États-Unis à Guantanamo (Cuba), ce qui nécessitera, selon M. Gates, le soutien législatif du Congrès.

« M. Obama sera le huitième président pour lequel je travaillerai. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai hâte de commencer », a-t-il souligné.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?