12 août 2008
Les militants préfèrent l'action non violente et constructive.

Washington - À Washington, la capitale fédérale des États-Unis, on voit chaque jour des groupes divers exprimer leur désaccord avec la politique de leur gouvernement. Les formes d'expression varient, et des organisations spécialisées aident les militants à utiliser leur énergie de façon constructive, notamment par le biais de l'éducation et de la distribution d'information.
Le Friends Committee on National Legislation (FCNL) est l'une de ces organisations. Selon M. Jim Cason, directeur des communications, le FCNL concentre ses activités sur les démarches auprès des élus. Ses membres participent également à des manifestations et distribuent une affiche bien connue en faveur de la paix sur laquelle figurent une colombe, une branche d'olivier et le slogan « War is not the answer » (la guerre n'est pas la solution).
Le FCNL, a ajouté M. Cason, aide les gens à mieux communiquer avec le gouvernement en s'organisant au niveau local et en entretenant des relations efficaces avec les politiciens.
« Nous pensons qu'il est important d'être respectueux, de reconnaître que les législateurs jouent un rôle et de les remercier de leur service au sein du gouvernement. Mais dans le même temps, il ne faut pas hésiter à leur dire qu'ils feraient bien de considérer d'autres points de vue. »
Le FCNL est un organisme sans affiliation politique qui offre des tuyaux sur la façon de rencontrer des élus et de rédiger des lettres. Il a été créé par des membres de la Society of Friends (Société des Amis, Quakers), un groupe religieux qui est pacifiste depuis sa création au XVIIe siècle.
De même, l'American Friends Service Committee se livre à des activités pacifistes et de service public qui sont censées remplacer le service militaire pour les Quakers et autres « objecteurs de conscience ».

Le FCNL encourage les gens à exprimer leurs vues en public, mais aussi à trouver des moyens de participer au processus politique. En effet, a dit M. Cason, si les dissidents se dissociaient de la vie politique, ils se trouveraient exclus du débat social.
Il a cité au palmarès du FCNL le succès de la confirmation de l'interdiction faite au Congrès d'établir des bases militaires américaines permanentes en Irak.
Peace Action est un autre groupe qui a milité contre l'installation de bases permanentes en Irak et le blocus naval de l'Iran. Sa porte-parole, Barbara Bearden, a décrit les trois tactiques employées par le groupe : la voie législative (s'adresser aux élus), la dissémination d'information et la protestation publique, qui peut prendre la forme d'une manifestation ou d'une action directe. Un sit-in est un exemple d'action directe.
La protestation non violence est la pierre angulaire de Peace Action et d'autres groupes dissidents aux États-Unis. En conséquence, outre la maîtrise de la fabrication d'affiches et de banderoles (afin de maximiser l'impact visuel), les membres du groupe apprennent à calmer le jeu lorsqu'ils se trouvent face à un policier.
« Il s'agit de faire connaître votre opinion de façon constructive. Je pense que la contestation est l'expression ultime du patriotisme. Notre pays a été fondé par des gens qui ont dit non à un dirigeant tyrannique. »
« L'esprit indépendant de l'Amérique est au cœur du mouvement et de l'action pour la paix », a dit Mme Bearden. L'impartialité politique est importante. « Nous critiquons et applaudissons des causes, pas des candidats. »
Judith LeBlanc est coordonnatrice pour United for Peace and Justice (UFPJ), une organisation qui a orchestré plusieurs manifestations contre la guerre en Irak et formé nombre des participants. « Comme les autres groupes, l'UFPJ encourage les citoyens à nouer des relations avec des élus ralliés à leur cause, à s'opposer à ceux qui ne le sont pas, et à tenter d'influencer ceux qui n'ont pas de position arrêtée. »
« Le gouvernement n'a jamais changé une politique sans que s'exerce la combinaison de plusieurs tactiques, à savoir les manifestations, les pressions sur les élus et la galvanisation de l'opinion publique par le truchement d'associations locales. C'est comme cela que fonctionne la démocratie. »