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12 mars 2009

Le festival « Arabesque » éblouit le public américain

Divers artistes arabes se produisent au Centre Kennedy à Washington.

 
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Les danseurs de la troupe Caracalla
Une prestation de la troupe de danse Caracalla, originaire du Liban.

Washington - Au rez-de-chaussée du Centre Kennedy pour les arts de la scène, où se trouve la boutique des cadeaux et souvenirs, on a installé un souk où l'on peut trouver des vêtements, des bijoux et autres articles venus du Moyen-Orient.

Ce changement est temporaire et lié à « Arabesque : les arts du monde arabe », le festival culturel auquel participent une trentaine de pays arabes et qui attire un public nombreux dans les théâtres et les espaces publics du Centre Kennedy. Ce festival, qui a commencé à la fin février, se prolongera durant la majeure partie du mois de mars.

Le symbolisme y est de mise. Si, traditionnellement, les souks étaient une plaque tournante pour les caravanes et les voyageurs qui transportaient leurs biens dans toute l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le souk installé dans la capitale des États-Unis est le point de rencontre de quelque 800 artistes, dont un bon nombre ont parcouru de vastes distances pour participer à cet événement culturel rare.

Monologues théâtraux, ensembles musicaux, adaptations de pièces classiques, danses à la pointe de la modernité, derviches tourneurs, hip-hop, oud (instrument à corde arabe), fusion, mode, cuisine : l'éventail des spectacles et des activités offerts au plaisir du public est considérable.

« Pour moi, chaque activité est une fenêtre ouverte sur la culture de la région », a déclaré Alicia Adams, vice-présidente de la programmation internationale et de la danse au Centre Kennedy.

Elle a consacré la majeure partie des dix dernières années à préparer ce festival. Elle a fait des recherches dans plus d'une dizaine de pays. Il était clair, dès le début, que les participants devraient répondre aux normes artistiques du Centre et que les œuvres elles-mêmes devraient être des illustrations authentiques des cultures nationales et de leurs créateurs.

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Le comédien Samir Bounani
L'humoriste algérien Samir Bouanani a ravi le public avec une comédie intitulée Un homme marié en vacances de Mourad Senouci.

De ce fait, le festival a une atmosphère classique, en ce qu'il expose le public américain à des traditions éternelles. Toutefois, les nouveaux talents et les nouvelles tendances ne sont pas ignorés. Un exemple de talent naissant est un jeune pianiste irakien, Tami Meekoo, âgé de 17 ans, qui s'est produit lors d'un concert gratuit donné dans le grand foyer du Centre.

Un autre exemple est la troupe masculine de danse moderne Cie2k_far, du chorégraphe marocain Khalid Benghrib. Les membres du groupe n'ont pas reçu de formation de danseur, mais Mme Adams était résolue à les inclure dans le festival même si, de son propre aveu, « ils sont totalement inconnus dans ce domaine ». Sa confiance a été récompensée : le critique spécialisé dans la danse au New York Times a fait l'éloge de la compagnie pour « sa vision du monde éclectique, tolérante, humoristique et enjouée ».

Parmi les nombreuses autres activités captivantes, l'une des plus intrigantes est « OMAN…O Man ! » Explorant l'amoindrissement d'un fossé culturel, cette œuvre animée par la danse a été créée par l'actrice et chorégraphe américaine Debbie Allen et présente une distribution de 30 jeunes artistes, dont 15 sont omanais et 15 sont américains. Plus encore que l'œuvre, les échanges entre artistes ont été révélateurs.

« Cela a été une chance unique », a dit Mme Adams. « Ces jeunes Américains auront beaucoup à raconter à leurs parents, amis, enseignants et camarades de classe sur ce qu'ils ont appris et partagé avec leurs homologues arabes. »

Le festival « Arabesque » accorde également une place importante à la parole. En plus des nombreuses lectures par des auteurs arabes et des hommages rendus à des artistes tels que le regretté poète palestinien Mahmoud Darvish et le romancier d'origine égyptienne Ahdaf Soueif, le festival parraine une série de dialogues entre écrivains sur un large éventail de sujets - notamment la difficulté d'écrire en se plaçant dans la perspective de l'autre sexe, la littérature arabe expatriée et le rôle des écrivains dans la compréhension entre les cultures.

« Cet élément permet d'ajouter d'autres voix au festival. Nous espérons également donner à notre public une idée de qui sont ces gens et des sujets qui les préoccupent, et de créer ainsi une demande pour une augmentation de la publication d'œuvres de la littérature arabe », a dit Mme Adams.

« Arabesque » aborde la culture au sens le plus large du terme. Preuve en est la projection du film Exploratorium, qui évoque les contributions des Arabes à la société et à la science entre le VIIIe et le XVe siècles, une période souvent considérée comme « l'âge d'or » du monde arabe. Nombre de ces contributions ont été oubliées au fil du temps.

Mme Adams a notamment cité les « contributions dans les domaines de l'astronomie, de la médecine, des mathématiques - le fait que Bagdad était le « siège de la sagesse » qui attirait des savants de toute la région - comme exemples des prouesses intellectuelles des Arabes. Sans cet âge d'or, il n'y aurait pas eu de Renaissance européenne. »

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