01 juillet 2009
Le discours d'investiture du président leur apporte une puissante inspiration.
Lusaka (Zambie) - Le 20 janvier 2009, Sheko Tembo et ses filles suivaient chez elles, à la télévision, la cérémonie d'investiture de Barack Obama. Captivée par le discours du nouveau président, elle s'est mise spontanément à chanter, entraînant ses filles dans son improvisation. Elle était loin de se douter que, quelques semaines plus tard, on allait l'inviter, avec toute une équipe de musiciens, à produire la chanson « Change We Can Believe In » : un changement auquel on peut croire.
Installé lui aussi devant un poste de télévision, le chargé d'affaires publiques de l'ambassade des États-Unis à Lusaka, Christopher Wurst, a senti une idée germer : « Pendant que le président Obama prononçait son discours, il était évident qu'il parlait en premier lieu au peuple américain. Néanmoins, la centaine de Zambiens présents dans la salle avec moi écoutaient son message sous une optique tout à fait internationale. Et ce qu'ils entendaient les remplissait d'enthousiasme. »
M. Wurst a donc décidé de prendre contact avec Brian Chengala, percussionniste renommé et militant en faveur des droits de l'homme connu sous son nom de scène de Shakarongo, pour lui demander de collaborer à la création d'une chanson s'inspirant du message de Barack Obama. Les deux hommes ont alors recruté John Phiri, directeur de Global Justice in Zambia, une organisation qui s'emploie à sensibiliser la jeunesse zambienne à l'importance de la participation à la vie politique et civique du pays. Dix jours plus tard, un groupe de danseurs et de musiciens de grand talent se sont réunis pour produire la chanson « Change We Can Believe In » en audio et en vidéo.
Cette chanson a été diffusée à la télévision et à la radio locale et offerte en téléchargement sur le site Zamtunes, pour inciter les jeunes à participer aux élections locales.
La chanteuse Sheko Tembo de déclarer : « C'est un honneur pour moi d'avoir produit quelque chose basé sur Obama. Je me souviens du jour où il a gagné l'élection ; j'étais si émue que je me suis mise à composer une chanson avec mes enfants, on criait « Obama, Obama », sans savoir qu'un jour on me demanderait de prendre part à un vrai projet. C'était tellement passionnant, c'était une expérience bouleversante, dynamique ! »
Chanteuse gospel, Sheko Tembo a enregistré le morceau en compagnie de grands talents, dont Mutamula Mwale, Jay, Elijah, Mau, Sista D, Yvonne Mwale, Dambisa, Bee Man, Sebastian Mutale et John Kabanga.
Ensemble, ils ont combiné des genres traditionnels de musique populaire, de hip-hop, de reggae et de gospel, sur des paroles inoubliables dont voici la traduction française approximative :
On arrive à une époque où les défis sont grands,
La haine et la guerre, l'économie en faillite,
Notre existence même en est menacée.
Libérons-nous alors de nos plans égoïstes
Pour construire un monde meilleur,
Transformer l'énergie, l'éducation et la santé
Et apporter la prospérité à tous.
Différents peuples, différentes langues, mais tous résolus à changer le monde ;
Non pas un simple rêve, un espoir, des paroles, mais un changement auquel on peut croire.
Plus qu'une chanson entraînante, « Change We Can Believe In » a incité les jeunes Zambiens à s'investir dans la cause du progrès social. La diffusion de cette chanson coïncidait d'ailleurs en Zambie avec le passage d'Eric Casher, un organisateur de la campagne électorale de M. Obama et qui a pris la parole dans le cadre de la campagne de sensibilisation de la jeunesse zambienne à la participation au scrutin, pour exhorter ces jeunes à participer à la vie démocratique de leur pays en votant, en s'organisant et en influant par leur nombre sur l'élection de 2011.
Récemment, le même groupe de chanteurs s'est de nouveau réuni, cette fois avec le célèbre musicien zimbabwéen Oliver Mtukudzi, pour composer une chanson sur les soins préventifs. Il a enregistré « Rhythm of Life » (Rythme de vie) et l'a interprété en direct lors d'une exposition sur la santé publique tenue à Lusaka en mai 2009 avec l'appui du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) qui est de beaucoup le premier fournisseur à la Zambie de ressources contre le sida. Lors de cette manifestation, l'ambassadeur des États-Unis en Zambie, M. Donald Booth, a rappelé à la foule combien « la prévention est essentielle à une Zambie en meilleure santé, à une Zambie plus prospère (...) Nous avons déjà fait de grands progrès (...) Mais le vieux dicton selon lequel il vaut mieux prévenir que guérir se vérifie ici au centuple. »
Ce festival gratuit de la musique, des beaux-arts et de la santé a résonné de chansons encourageant les Africains à faire chacun leur part afin d'améliorer le niveau de santé de la population. Ainsi en était-il de « Rhythm of Life » dont voici un extrait :
Écoutez, tout le monde, le sida est évitable,
Soyez fidèle à votre partenaire, soyez responsable.
Oui nous pouvons nous libérer du paludisme,
Oui nous pouvons agir avec intelligence et planifier notre famille,
Oui nous pouvons mettre fin à la mortalité infantile,
Oui nous pouvons assurer des accouchements sans problème,
Et c'est ainsi que vous et moi, nous construirons un monde meilleur !
Comme ce fut le cas de « Change We Can Believe In », « Rhythm of Life » a été distribué à de nombreuses stations de radio de Zambie et est accessible par téléchargement sur ZamTunes.
« C'est devenu comme un hymne national », fait remarquer Mutamula Mwale à propos de « Change We Can Believe In ». « C'est une chanson de rassemblement, et je pense que tous les jeunes réalisent que oui, nous pouvons opérer des changements dans notre pays, dans notre continent, nous pouvons même agir sur le monde entier. »