28 octobre 2009
Elle illustre l’engagement de Washington en faveur de l’Afrique.

Washington - Les États-Unis ont été le premier grand pays non-africain à nommer un ambassadeur pour les représenter à temps complet auprès de l’Union africaine (AU), mettant en évidence l’importance qu’attache le peuple américain à son partenariat avec le peuple africain, a déclaré M. Michael Battle, qui occupe désormais ce poste.
Dans un entretien accordé le 26 octobre à America.gov, M. Battle a souligné que la Mission des États-Unis auprès de l’UA était « importante »pour deux raisons principales. Elle illustre, tout d’abord, le fait que le gouvernement Obama considère l’Union africaine comme étant un élément essentiel de la politique qu’il souhaite adopter à l’égard du continent. Deuxièmement, le président Obama et la secrétaire d’État, Mme Hillary Rodham Clinton, pensent que l’Afrique «a la capacité de s’exprimer d’une seule voix sur les questions qui touchent l’ensemble du continent, comme le fait l’Union européenne sur les dossiers de portée européenne», a expliqué M. Battle.
Une fois que l’Union africaine aura réglé les défis immédiats de paix et de sécurité qui existent en Somalie et au Soudan, elle sera en mesure de se tourner vers d’autres dossiers importants pour le continent, notamment l’intégration économique, la santé et les questions sociales. «L’Union africaine consacre énormément de temps à des initiatives de paix et de sécurité en raison des crises auxquelles fait face le continent. J’attends avec impatience le jour où l’attention ne portera plus sur des situations catastrophiques ou de crise, mais sur le développement durable du continent, sur son rôle et ses relations à long terme avec la communauté internationale », a dit M. Battle.
Il a indiqué que l’Union africaine et la mission qui y représentera les États-Unis œuvreront en premier lieu à la promotion de la paix et de la sécurité régionales de par le continent, notamment dans des zones de crises, comme en Guinée, où des soldats de la Garde présidentielle sont accusés d’avoir ouvert le feu sur des manifestants pro-démocratie, tuant plus de 150 d’entre eux et blessant plus de 1.200 autres. Ils auraient aussi perpétré des viols et des attaques sexuelles d’une grande brutalité contre des manifestantes et de simples observatrices.
[Les États-Unis ont exhorté le capitaine Dadis Camara et la junte au pouvoir en Guinée à reconnaître le fait qu’ils ne peuvent pas rester au pouvoir et qu’ils doivent permettre au peuple guinéen de choisir ses propres dirigeants. Washington a aussi prié la junte de respecter sa promesse de tenir des élections libres, équitables, transparentes et dans les délais opportuns afin d’assurer le retour de la stabilité, du progrès économique et de la gouvernance démocratique.]
M. Battle a indiqué qu’il coordonnait étroitement ses efforts avec l’ambassadeur des États-Unis auprès de la Guinée pour faire en sorte que Washington devienne une voix familière à l’Union africaine. Il a ajouté que les États-Unis se félicitaient des appels «très fermes » que l’UA et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont lancés en faveur de la tenue d’élections libres, équitables et démocratiques en Guinée. À cet égard, rappelons que la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Mme Susan Rice, a fait l’éloge de l’UA et des autres pays africains pour le rôle qu’ils jouent dans les missions de maintien de la paix sur tout le continent.
L’Union africaine est également importante pour les États-Unis, du fait que l’Afrique fait face actuellement à des défis que des pays de par le monde devront eux aussi relever à l’avenir, a dit M. Battle. L’une des questions qui touche toute la planète est celle de la sécurité alimentaire. Celle-ci est plus pertinente pour l’Afrique non seulement parce qu’elle a connu des périodes de disette par le passé, mais aussi parce qu’existent sur le continent de vastes étendues de terres arables qui peuvent et doivent être cultivées.
«Nous devons renforcer le potentiel de l’Union africaine grâce à la technologie agricole pour que les terres puissent être cultivées comme elles le sont dans d’autres régions du monde », a indiqué M. Battle. « Notre but est d’encourager le genre d’agriculture appuyée par les nouvelles technologies qui donnera à l’Afrique non seulement la possibilité de nourrir ses populations, mais aussi d’exporter des produits vivriers dans le reste du monde. » La mission des États-Unis à l’UA « œuvre de concert » avec les pays africains pour les aider à trouver une solution à la sous-alimentation. Parmi les autres dossiers qui préoccupent à la fois l’Afrique et le reste du monde, M. Battle a mentionné l’énergie et le pétrole, les changements climatiques, et la nécessité d’une politique économique viable intégrée sur tout le continent.
« En ce moment, il y a cinq zones économiques en Afrique et dans chacune d’entre elles prévaut une politique différente. L’Union africaine cherche fermement à encourager une politique économique d’ensemble qui puisse être mise en vigueur sur tout le continent pour faciliter le commerce et la circulation transnationale des marchandises. » Cela est très important, a noté M. Battle, « étant donné qu’actuellement, les échanges commerciaux peuvent être assujettis à trois ou quatre différents tarifs de douane. Une approche économique simplifiée et intégrée donnerait de bien meilleurs résultats. »
L’Union africaine et la mission qui représente les États-Unis en son sein cibleront aussi les questions relatives à la santé publique, notamment le sida, le paludisme et d’autres problèmes qui sont souvent la conséquence de la pauvreté et de la sous-alimentation.
M. Battle est le troisième représentant des États-Unis auprès de l’UA. A ce titre, il dirige diverses tâches relatives à un vaste éventail de dossiers, dont le développement, le règlement des conflits, l’appui à la démocratie et à la tenue d’élections, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) et la Mission de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). Avant d’être nommé à ce poste par le président Obama, M. Battle a été président d’un consortium de six séminaires à Atlanta, et ancien vice-président du Comité américain sur l’Afrique, connu également sous le nom d’African Action.
Admirateur de longue date des accomplissements du président Obama et de la secrétaire d’État, Mme Clinton, M. Battle a dit : « Devenir le représentant des États-Unis auprès de l’Union africaine me donne l’occasion de travailler pour et avec ces personnalités qui ont fait preuve d’une excellence absolue dans leurs travaux et d’un engagement absolu en faveur des peuples de l’Afrique. »
(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)