23 novembre 2009
Le Forum sur l'Angola examine l'état de l'agriculture africaine.

Washington - La question de la sécurité alimentaire est devenue un thème central de l'ordre du jour de la communauté internationale en matière de développement à la suite des récentes crises alimentaires et énergétiques provoquées par la montée en flèche des matières premières. Selon un responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la situation actuelle montre bien les conséquences que peut avoir le désintêrêt de l'agriculture sur la stabilité et le développement économique du monde entier.
M. Jeff Hill est chef d'équipe du bureau Afrique à l'USAID ; il s'est penché sur le thème de la sécurité alimentaire dans son discours prononcé le 17 novembre lors du Forum d'une journée intitulé : « L'Angola nouveau : la voie à un partenariat stratégique ». M. Hill était l'un des conférenciers réunis à Washington sous l'égide du Wilson Center for International Scholars (Centre d'études internationales Woodrow Wilson), pour discuter de l'état actuel du secteur agricole en Afrique et plus particulièrement en Angola. Parmi les conférenciers figuraient notamment Mme Julie Howard, économiste agricole et directrice du Partenariat pour réduire la faim et la pauvreté en Afrique, et M. Panzo Domingos, directeur de l'Institut d'agronomie au ministère de l'agriculture angolais.
M. Hill a évoqué l'Initiative de sécurité alimentaire dont étaient convenus les dirigeants du groupe des Huit principaux pays industriels (G8) lors de leur sommet en juillet dernier à l'Aquila (Italie). Cette initiative, d'une valeur de 20 milliards de dollars sur trois ans, vise à mettre l'accent sur l'agriculture et sur la nécessité de faire des investissements à long terme dans ce secteur.
M. Hill a indiqué que les États-Unis fondaient leur stratégie relative à la sécurité alimentaire sur les cinq principes adoptés en commun à L'Aquila dans le but de régler la question de manière globale, en tenant compte du fait que la solution des problèmes de l'agriculture dans le monde passe par la modernisation de ce secteur sans omettre aucun des autres aspects de la sécurité alimentaire.
Les participants à ce sommet avaient publié une déclaration conjointe dans laquelle ils exprimaient leur engagement « de prendre des mesures décisives pour libérer l'humanité de la faim et de la pauvreté en améliorant la sécurité alimentaire, la nutrition et l'agriculture durable », mais aussi de se concerter pour : 1) appuyer les plans conçus par les pays eux-mêmes ; 2) assurer une démarche exhaustive en faveur de la sécurité alimentaire ; 3) coordonner leur assistance de manière stratégique ; 4) soutenir un rôle renforcée des institutions multilatérales ; et 5) maintenir un solide engagement financier, notamment en ce qui concerne les 20 milliards de dollars promis au sommet du G8.
M. Hill a énoncé trois éléments importants de la stratégie des États-Unis relative à la sécurité alimentaire, à savoir : une attention accrue à l'agriculture durable, aux transports, au financement et à toute « la chaîne de valeur ajoutée » de la production agricole à la consommation ; la nécessité de cibler et de reconnaître l'importance de la nutrition et de la prévention de la sous-alimentation ; mais aussi le besoin de reconnaître le rôle important que joue l'aide humanitaire pour parvenir à la sécurité alimentaire en même temps que les moyens d'en tirer parti au maximum. « Adopter une démarche globale (…) signifie reconnaître les différentes dimensions de ce dossier », y compris l'agriculture, la nutrition et l'aide humanitaire, a déclaré M. Hill. Il a aussi fait l'éloge du Programme global pour le développement agricole africain, conçu, dirigé et coordonné par les dirigeants africains. Les États-Unis souhaitent appuyer « ce processus unique », qui représente une stratégie commune pour le continent plutôt que 53 plans différents, dit-il. Une telle façon de procéder permettra de mieux identifier les cibles stratégiques nécessaires pour susciter les progrès dans le secteur agricole, et elle est « clairement en train de prendre de l'élan », a souligné M. Hill.
Par ailleurs, dans ses propos, Mme Howard a mis l'accent sur l'agriculture en Angola. Avant son indépendance en 1975, ce pays était, en grande partie, autosuffisant au niveau agricole, a dit Mme Howard, qui a énoncé quatre points clés pour l'agriculture angolaise.
Premièrement, quant à la question de savoir si les grandes exploitations agricoles devaient être réhabilitées, ou les petites développées en Angola, Mme Howard a déclaré qu'à son avis, il faudrait donner la priorité aux dernières bien que les deux catégories soient importantes. « Ce n'est qu'avec une productivité agricole accrue que la pauvreté sera réduite de manière substantielle », a dit Mme Howard, ajoutant que le développement de collectivités rurales viables, par le biais de petites exploitations agricoles, peut jouer un rôle clé dans la réconciliation politique en Angola qui a été pendant des années en proie à la guerre civile.
Mme Howard a dit que, deuxièmement, l'Angola devait développer l'agriculture bien qu'il possède un secteur pétrolier et gazifière dynamique, notant que cela lui permettrait de protéger l'économie nationale des fluctuations et des distorsions sévères des cours des ressources énergétiques. « Les ressources naturelles sont limitées », a souligné Mme Howard, c'est pourquoi la diversification économique, notamment avec le développement du secteur agricole, est essentielle à une économie saine à long terme.
Troisièmement, Mme Howard a mis l'accent sur la nécessité de faire des investissements stratégiques dans les infrastructures clés du pays, telles que les routes et les ponts, mais aussi de donner une formation et une éducation à une nouvelle génération d'agronomes et de spécialistes du développement qui pourront mettre au point la politique et les mesures nécessaires aux progrès dans le pays sur la base de recherches scientifiques claires et impartiales.
Et en quatrième lieu, Mme Howard a recommandé que les agronomes et les économistes mènent des études sur les rendements prospectifs de chaque récolte - comme par exemple, de café ou de thé - avant la plantation, pour en évaluer la viabilité économique à long terme et décider s'il sera bénéfique au pays de faire des investissements durables dans cette catégorie de récoltes.
Prenant la parole, le responsable du ministère de l'agriculture angolais, M. Panzo Domingos, a rappelé à l'auditoire que son pays, dont les forêts couvrent une superficie de 53 millions d'hectares, possèdent une quantité énorme de ressources naturelles qui peuvent être développées. M. Domingos, qui s'exprimait en portugais, a dit par le truchement d'un interprète, que le développement des ressources agricoles de l'Angola contribuerait à sa prospérité future maintenant qu'il vit dans un climat de paix et de stabilité. M. Domingos a ajouté que son pays avait besoin d'assistance technique, en particulier au niveau de la recherche agricole, des services d'appui aux agriculteurs et de l'expansion de l'infrastructure.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)