Le lien entre les marchés et la démocratie n'a jamais été étroit. Les théoriciens de l'économie débattent de cette relation complexe depuis les années 1700. Les marchés libres peuvent-ils exister en l'absence de démocratie ? Qu'est-ce qui vient d'abord, le marché libre ou la démocratie ? La puissante incitation universelle de la croissance économique peut-elle amener plus de démocratie dans les pays non démocratiques ?
Les douze experts internationaux consultés pour ce numéro explorent divers aspects de cette question et offrent leurs réponses. Toutefois, notre objectif n'est pas de trancher ce débat intellectuel vieux de plusieurs siècles, mais d'aider nos lecteurs à mieux saisir les différentes nuances d'une question qui est sans aucun doute d'une importance majeure pour tous dans le monde actuel.
La liberté et la souveraineté du peuple sont les deux composantes de la démocratie. Le libre marché vient d'abord afin de créer les conditions favorables à la naissance de la démocratie.
Les marchés ouverts sont une condition nécessaire, mais pas suffisante, de la démocratie. Les leçons tirées des récentes expériences semblent montrer que les marchés libres ont précédé la démocratie.
Capitalisme et démocratie n'ont pas fait simultanément leur apparition dans l'histoire, et la question se pose de savoir s'ils pourront continuer de dominer les systèmes d'échanges commerciaux et de gouvernement du monde.
Le boom économique et l'augmentation des revenus en Chine peuvent très bien renforcer le gouvernement communiste qui est doué d'une grande capacité d'adaptation.
Des décennies d'oppression par un gouvernement centralisé ont eu raison de l'économie cubaine. Sans liberté, les Cubains ne seront jamais en mesure d'être compétitifs dans une économie mondialisée.
Le libre marché tend à favoriser l'instauration de la démocratie, alors que l'inverse n'est pas toujours vrai.
Les États du Golfe possèdent des marchés essentiellement libres, mais leurs élections, elles, ne le sont pas. Les dirigeants partagent les bénéfices de l'expansion économique, mais pas le pouvoir politique.
On craignait que l'Europe centrale embrasse la démocratie et rejette l'économie de marché. On constate à présent qu'elle a accepté le libre marché, mais que la démocratie la satisfait de moins en moins.
Les recherches montrent que les réformes politiques et économiques réduisent les conflits ethniques, même dans les pays où un groupe ethnique minoritaire domine l'économie.
À long terme, dans les régimes démocratiques, la liberté d'expression et la liberté de la presse, ajoutées à l'obligation de rendre des comptes, ont des effets positifs sur le développement économique.
Malgré son expansion économique, le niveau d'éducation de sa population et l'ouverture relative de sa société, la Russie est revenue à un gouvernement autoritaire à cause de la corruption.
Vers 1980, les deux tiers des pays du monde vivaient sous un régime autocratique, alors qu'aujourd'hui, plus de 70 % se sont engagés sur la voie de la démocratie et que la majorité des habitants du globe se sont vu reconnaître, d'une façon ou d'une autre, le droit de s'autogouverner.
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